31.3.13

Victoria Park


L'avenue Victoria offre une très belle coupe transversale de notre ville. Au restaurant Park près du métro Vendôme 6 jeunes filles tout juste sorties de l’adolescence commandaient des cocktails, une bouteille de champagne et des planches de bois longues d’un mètre couvertes de dorade papillon. Le ceviche de pétoncle était vivifiant et le canard décliné sous quatre formes était sublime. Les couleurs, les textures et la variété des poissons sont tous des éléments qui font de Park un endroit inspirant. Le menu dégustation y change chaque jour. La suite de nigiris est presque symphonique tant elle est réfléchie et semble offrir une gradation. La première bouchée est rose et presque sucrée comme un bonbon alors que le dernier morceau est ocre et plus âpre. Après avoir avalé quelques nigiris sur ce tronçon très chichi de la rue dans j’ai décidé de marcher tout son long jusqu’à Jean-Talon. On a l’impression d’y gravir une montagne tant la pente est abrupte et arrivé juste derrière l’Oratoire on a une perspective nouvelle sur la ville. Le pan qui descend dans Snowdon m’est plus familier et maintenant habité par des dizaines d’épiceries pakistanaises et bengalies. En m’arrêtant dans l’une d’elles la propriétaire semblait tellement éberluée de voir un nouveau visage que je suis certaine qu’elle n’a pas dormi de la nuit pensant que je devais travailler pour l’immigration ou l’Office de la langue français ou Santé Canada. J’y ai trouvé ces croquettes de pois chiche aux feuilles de cari et piment tellement délicieuses qu’une fois rendue au fond du sac j’ai regardé la liste des ingrédients pour me rendre compte que j’avais foutu mon vœu de ne pas manger de gluten en l’air. C'est donc aujourd'hui la fin de ce fiasco qu'a été mon carême.

Park
378 Victoria Av.
Westmount
Québec



19.3.13

Oups, I did it again

 
J’ai tant aimé le bar de l’hôtel Herman que dimanche dernier j’étais décidée à m’en construire un pareil chez moi. J’ai marché jusqu’au Home Depot sur la rue Saint-Jacques (à 5k de la maison). Étrangement je ne trouve jamais ce que je cherche quand je vais chez Home Depot. À la place d’un très long bout de thermoplastique blanc lustré et du ruban de métal pour fabriquer un comptoir qui a de l’allure dans ma cuisine je suis ressortie avec un plant de bleuet et des sacs de poubelle transparents.


Tout ça pour dire que l’hôtel Herman est un charme. Gamay étonnamment épicé pour 7.5$ le verre, un bonheur. Tartare de cheval avec jolis caperons et miettes de pain norci. Dément. Omble marinée avec crème fraiche et croutons de pain d’épice. Une œuvre d’art. En passant ils font leur pain ce qui est dingo en-soi. Foi gras sur ce qui ressemble à une grosse tire éponge mais qui est plus du pain perdu. Crème prise de chèvre avec myrtilles macérées et carrés de meringe à l'anis. Crème et baies d’argousier.
 
 Ne me demandez pas avec qui je me tiens le samedi soir mais mon invité s’est fait demander pour la centième fois s’il était Joël Le Bigot en plus mince et n’ayant pas verrouillé la porte de la toilette adéquatement je me suis fait surprendre en train de flusher par une ancienne concurrente de la Course destination monde qui m’a demandée si je me souvenais d’elle pas pour la course mais parce que je l’avais rencontrée dans le cadre de mon travail. I love l’hôtel Herman.
Hôtel Herman
5171 Boulevard Saint-Laurent
Montréal, QC
H2T 1R9



13.3.13

Bris de carême prise 3 - Toro Toro


Ça vraiment l’air foutu pour moi et la diète du carême car me voici dans un bar à pintxos un mardi soir alors qu’il pleut à boire debout. Dans l’ancien Sunlife building en pierres rouges importées d’Écosse vient d’ouvrir en douce une taverne espagnole avec pintxos et tapas. Je dois ajouter que c’est un endroit abordable où on peut aller les yeux fermés. Commandez les 4 pintxos à 3$ chaque, quelque verres de vin et deux tapas chauds pour le bonheur assuré.
Les pintxos sont des bouchées sur pics de bois à déguster avec le vin : le premier une date avec un joyeux morceau de pata negra grillé et une amande entière en son ventre est tendre, une tapenade d’olives relevée de saucisses elles-mêmes coiffées d’un piment mariné est piquante à souhait, les aubergines marinées avec raisins gorgés de xérès étaient excellentes et les crevettes embrochées avec des morceaux de fenouil mariné étaient douces.
Dans les plats chauds choisissez le poulpe soyeux, tendre noyé d’huile d’olive et accompagné de rattes au pimenton ou les palourdes au porc effiloché si délicieuses que mon invité a demandé un doggy bag pour le jus de cuisson abondant qui restait dans la cassolette, l’agneau tendre aux piments rôtis est bon troisième. Au diable la diète sans gluten aussi car ensuite, le fromage Manchego typique de la mancha avec ses arômes de fleurs était servi avec un coulis de tomates caramélisées magnifique sur du pain. En dessert le nougat glacé était magistral rempli de noix et de miel savoureux très naturel et équilibré.
Toro Toro 
260, rue Notre-Dame O
Vieux-Montréal


10.3.13

Bris de carême prise 2- Pastaga


En tout cas si j’avais à ouvrir un restaurant je le ferais dans le petit carwash sur Drolet et Rachel (presque sur le coin nord-est en face de l’église). Je garderais les affiches en néon et la grande porte de garage ouverte en été.
Ou je demanderais aux dames portugaises de la pâtisserie Notre-Dame du Rosaire sur Rachel Est de m’adopter. Leur échope est ouverte jusqu’à 21h afin qu’elles discutent en paix sans leur mari.
Je tenterais également de servir des vins natures comme chez Pastaga. Un petit restaurant adorable au tout début de la petite Italie.
Maquereau sublime sur une embeurrée de pomme de terres, tartare de bison magique, ris de veau délicats et il faut absolument essayer les beignes de la maison avec crème caramel au café. Et il y a des churros assis sur une puck de crème glacée à la vanille  qui nage dans un caramel au fruits de la passion. Mais les beiges sont meilleurs.
Pastaga
6389 Boulevard Saint-Laurent

Montréal, QC, H2S 3C3

9.3.13

Riz interdit

C’est à Bali en Indonésie il y a de cela bien des années maintenant que j’ai mangé du pudding au riz noir dans un restaurant qui avait une terrasse suspendue au-dessus d’un étang de lotus en fleur. Le riz noir est à ne pas confondre avec le riz sauvage qui lui est une graminée. Le riz noir est une forme de riz gluant typique d’Indonésie. Il est également produit en petites quantités en Chine où il porte le nom de « riz interdit » car il était consommé uniquement par l’empereur. Quand on le cuit il s’empourpre. Je l'ai trouvé chez Anatole sur Saint-Laurent près de chez Milano.
Je suis entrain de lire Pow! le roman du prix Nobel Mo Yan. À lire absolument si vous êtes carnivore. Ça se passe dans un village-abattoir et c’est irrévérencieux, gastronomique et drôle.

7.3.13

Briser le carême- Santa-Barbara

Hier je n’ai pas su résister à la « lanterne japonaise » le cocktail du mois de mars au sympathique restaurant Santa-Barbara sur la rue Saint-Zotique. C’est que depuis mercredi des cendres je n’ai pas bu d’alcool dans le but de faire un carême diététique. Depuis 7 jours je pratique également une alimentation sans gluten car j’ai lu que Miley Cirus a dit «  qu’essayer une diète sans gluten pendant une semaine c’est l’adopter pour la vie» Règle que j’ai également brisée hier.
 
Mais Santa-Barbara est sans nul doute le meilleur endroit à visiter pour les diètes religieuses. Les plats sur le menu sont végétariens et exécutés avec brillo. Mon amie ne cessait de s’extasier devant le quinoa à la cuisson parfaite. Il est vrai que lorsqu’on le fait à la maison il est difficile d’arriver à un dosage qui donne un résultat sec mais doux comme un nuage. Le quinoa était servi avec des choux de bruxelle effeuillés et la vedette de la soirée une omble chevalier délicatement rotie. J’avais choisi un genre de humus de betterave en entrée servi avec du pain grillé (gluten alert) suivi d’un soupe de nouilles soba avec des daikons marinés piquants à se damner.

Santa-Barbara
425 rue Saint-Zotique Est 
Montréal