27.9.12

Capsicum chinense ou piment lanterne jaune

Chaque année au moment des récoltes je développe une nouvelle obsession. Cette année ce sont les piments habaneros du Québec. J’ai eu la chance de me procurer un gros panier pour 5$ au marché Jean-Talon la semaine dernière and I went wild. Attention le habanero est un piment de niveau « expert ». J’ai déjà essayé de mettre un verre de contact le soir après avoir coupé des habaneros et j’ai failli perdre un œil. Donc mon rêve était de faire ma propre sauce piquante car je suis vraiment S&M à ce niveau-là je mange même mon pop corn avec du Sriracha.
Dieu merci j'ai découvert Caribbean pot le site d'un cuisinier de Trinidad et Tobago vivant à Toronto en cherchant des recettes de sauce piquante pour mes habaneros. J'ai eu un coup de coeur foudroyant pour ses recettes et je me suis attelée à faire du  kuchela. Une marinade à l'huile faite avec des mangues vertes. Délirant. Piquant. Nouveau. Dangereux. Sa recette est ici.

Sinon j’ai improvisé une recette de sauce piquante cambodgienne vue chez ma belle-sœur : 15 habaneros, 4 gousses d’ail, le jus de trois limes, une carotte en dés et un oignon en rondelles sautés quelques instants. Whizzzz dans le robot culinaire et vous avez une sauce si redoutable qu’elle est phosphorescente.




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4.9.12

La petite boulangerie d'Elgin

J’espère croire que tout le monde veut une vie différente. Unique. Non standardisée. J’admire ceux qui osent s’aventurer au-delà des pistes de la vie ordinaire. À Elgin une dame a ouvert une petite boulangerie dans sa maison de ferme au bout d’un bras de terre sur le chemin de la 3e concession qui longe la frontière. Sa boulangerie est totalement hors circuit mais elle y cuisine des tartes, des scones, de carrés aux dattes et des pizzas à s’en crever les yeux. Le tout dans un décor de porcelaine anglaise clouée au mur, de porche entouré de moustiquaire et d’oies qui piaillent dans le jardin de légumes. J’admire cette dame. J’aime particulièrement la sérénité qui exulte de sa maison, les petites tables de marbre napées de dentelle et le silence qui lui permettent de faire le pain. On dit que le pain est une vocation et non un métier. Cette dame est un exemple admirable de vie axée sur le bonheur (malgré ses hauts et ses bas) que procure la boulange. Elle est ouverte que le vendredi et le samedi. Elle fait un carré aux dattes qui malheureusement ferait pâlir tous les artisans du Plateau et le jour où je suis passé une tarte aux pêches en saison qui pourrait facilement tuer votre mère.

Pour le reste j’ai reçu un très beau paquet d’Elam Books des relieurs parisiens qui font qu’à leur tête en confectionnant des cahiers en papier japonais avec reliure en peau d’anguille dans le 14e arrondissement. La rentabilité n’est peut-être pas la première chose qui leur vient en tête mais ce sont des gens foncièrement heureux de faire ce qu’ils font. C’est la première chose qui transparait de leurs cahiers hors-normes et cela fait maintenant partie d’une nouvelle économie planétaire qui fait en sorte que de petits artisans ingénieux vivent bien de leur labeur quotidien.
Ces belles leurs bleues dont j’ignore le nom sont cueillies par un homme qui offre des dahlias, des lilas, des roses sauvages coupées dans un pot Mason pour quelques dollars seulement au rez-de-chaussée du Marché Atwater. Il y a peut-être rien de plus romantique que cela comme métier. Marchand de fleurs sauvages.

La petite boulangerie d'Elgin
1160 3rd Concession,
Elgin, Quebec J0S2E0

Elam
5 rue Cels
Paris, France