26.2.12

L'art du Van Horne


William Cornelius Van Horne, homme d’affaires montréalais et épicurien a fait sa fortune dans les chemins de fer à la fin du 19 e siècle. Aujourdhui un restaurant porte son nom dans Outremont sur la rue éponyme. Amoureux d’art il a été un des premiers Canadiens à acquérir des toiles des impressionnistes français. Sa fille a légué plusieurs tableaux dont un Cézanne au Musée des beaux arts de Montréal. J’ai visité le Van Horne lors de cette tempête impromptue de fin d’hiver dont on arrive à peine d’émerger. Nous avons mangé au bar. Mon amie dont j’admire la volonté de fer faisait le carême (régime) donc elle a commandé un virgin mojito. Elle s’est même confessée mercredi des cendres à l’Oratoire. Au prêtre qui lisait un magazine derrière le grillage elle a dit : je suis trop gourmande et j’ai un problème d’alcool. Moi aussi. Il lui a donné comme unique punition la récitation de deux Notre Père.

J’ai commandé trois verres de Beaujolais Les Griottes 2010. J’avais tellement hâte de boire du vin que la veille en y rêvant je m’étais versée un petit verre de mescal guasano rojo (il y a un petit vers à agave dans le fond de la bouteille) que mon frère m’avait ramené du Mexique il y a environ 8 ans. J’essaye de faire le ménage de mon cabinet d’alcool et je me suis dit quil faut que je boive tout ce qui me reste avant de faire des razzias de vin à la SAQ. On fait tous le carême qu’on peut.

Au Van Horne j’ai choisi la pieuvre en entrée. Une longue tentacule grillée artistiquement posée sur un lit de couscous israélien. Ensuite le plat de céleri-rave en croûte de sel m’a intriguée. Deux tranches de céleri-rave déglacées au fond de veau et beurre d’anchois étaient enfouies sous une montagne de cresson. Madame Carême elle a fait le meilleur choix : deux pétoncles saisis accompagnés de cubes de boudin noir et de monticules de sauce à la patate douce.

La tarte aux pacanes ne vaut pas une Mrs Smith achetée dans un dépanneur et mangée congelée à 3h du matin. Que dire de plus. Nous sommes restées sur notre faim? C’est peut-être une bonne chose.

Restaurant Van Horne
1268 Van Horne
Outremont

19.2.12

On le voyait chaque matin descendre dans la mine avec ses deux sandwichs et sa canne de bines

Le Gros jambon est une dinette qui porte le nom d'une chanson de Réal Giguère à écouter absolument ici. Le Gros jambon sert des plats issus des rêves gourmands de Homer Simpson. «Poulet frit et gaufres » semble s’annoncer comme une de leur spécialité pour le déjeuner. Délicieux sandwich au pain de viande, cornichons maison et oignons frits sur pain doré. Mini gâteau au fromage et bleuets coiffé d’une meringue sucrée.


Le local n’a rien de grotesque comme le nombre de calories ingurgitées lors d’une seule visite. Il est plutôt charmant avec les lumignons dans la vitrine qui lui donnent un air romantique les soirs où le soleil tombe encore trop tôt. On me dit que c’est une belle place pour le brunch mais je ne brunche jamais. Avec la disparition des vrais de vrai comptoirs à lunch dans le Vieux-Montréal le Gros jambon apporte un certain réconfort ainsi que son lot de dangers.

Gros Jambon
286 Notre-Dame Ouest
Montréal

11.2.12

Antidépresseur

J’ai l’impression que tout le monde est de mauvaise humeur en février. C’est l’extrême rigueure du froid polaire qui sape toute l’énergie. J’ai donc choisi de faire de la sauce piquante en attendant la fondue cambodgienne que je vais manger demain en famille. Il y a aussi le marché d’hiver de Val David qui est suprêmement tentant demain. Le 12 février à l’église du village de 10h à 13h. Pour la sauce piquante j’ai fait rôtir des tomates au four avant de les faire comporter avec une dizaine de piments oiseaux épépinés, autant de gousses d’ail, un peu de sucre, de sel et du vinaigre de riz. J’ai ensuite passé au robot avec une botte de coriandre. À utiliser partout sans aucune autre raison que d’augmenter les endorphines produites par la brulure des piments. Le bonheur.