20.4.11

J’adore Montréal à cause des serveuses comme Thalia de la rôtisserie Panama sur Jean-Talon

En Grèce sur une plage de roches blanches arrondies et adoucies par les eaux du golfe laconique trônait une église du deuxième siècle qui portait dans son ventre des dizaines de bougies allumées, des icones à la feuille d’or et des bâtons d’encens. Les souvenirs de la Grèce sont magiques et pour revivre les couleurs de ses oliveraies brodées de bosquets de thym sauvage broutés par des chèvres la cloche au cou il faut se rendre sur la rue Jean-Talon à la rôtisserie Panama. Louise Harel y dînait avec son mari hier soir. C’est dans Parc-Extension, un quartier multiethnique où les monsieurs punjabis font pousser du fenugrec, des haricots magiques et des pâtissons dans leur cours et les femmes étendent leurs saris sertis d’échardes de miroirs sur les cordes à linge. Mais il y a aussi quelques églises grecques dans le coin et des tavernes traditionnelles. Quand je suis arrivée à la rôtisserie Panama mes amis m’attendaient avec une entrée froide mixte sur la table.

Les portions sont énormes, il faut donc tout partager. Piments, tzatziki, taramosalata, purée de patates à l’ail, grosses fêves de lima, feuilletés à l’épinard, feuilles de vigne au riz. Le rêve. Arrosé de retsina bien fraîche c’est dépaysant. Ensuite, Thalia notre serveuse, une dame d’âge mûr nous guide avec fermeté, ce que j’adore. Elle ne nous laisse pas faire d’erreurs. On commande les courgettes frites et elle dit que c’est mieux si elle nous fait moitié courgettes, moitié aubergines. Oui madame.

On veut commander le souvlaki elle dit, un demi-poulet c’est mieux. On acquiesce. On s’est retrouvé avec une foule de mezedès sur la table. Des patates à la grecque, noyées dans une huile d’olive à l’origan. Des calamars frits, de la pieuvre grillée, du saganaki (fromage frit à l’ouzo).





Le jeune patron au ventre d’épicurien fait ses rondes aux tables pour s’assurer que tout est beau. La vie est belle parmi les tables à carreau bleues et les drapeaux grecs sur la rue Jean-Talon. C’est un mardi soir de printemps à Montréal et les gens font la fête. Il faut visiter la rôtisserie Panama au moins une fois cet été!

Rôtisserie Panama
789, rue Jean-Talon Ouest
514 276-5223
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15.4.11

Salade aux auriculaires


J’adore les traductions de menu chinois. Vers le français cela donne souvent des perles. Chez Cuisine Xiang à Verdun le numéro 34 sur le menu est une salade aux auriculaires, en anglais wood ear mushroom salad. Pas évident à traduire effectivement. Sinon tout sur ce menu de cuisine szechuan transpire l’authenticité.
Poulet frit sur l’os avec tranches de patates, piments et cumin était piquant à souhait et une salade de nouilles de riz très larges assaisonnée de concombres et de porc était vraiment différente de ce que l’on trouve ailleurs. Sur le menu certainement traduit par la belle sœur du chef on trouve aussi au numéro 94 : gros intestin du cochon avec piment vert. Pas très poétique mais vrai. Salade de varech avec sauce spéciale maison. J’adore Verdun. Cuisine Xiang 4424 Wellington Verdun
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10.4.11

Ils ont adoré mes cures-dents

Parfois je joue au traiteur pour des amis. Je me suis donc rendue dans une galerie de Magog ce week-end et c’était rafraîchissant. Je crois que je n’avais pas vue une montagne depuis six mois. Le mont Orford la nuit était donc épatant à mes yeux, comme un gros hippopotame noir endormi sur le bord de l’autoroute 10.

J’aime beaucoup les Cantons de l’Est même si j’ai toujours passé mes étés dans les Laurentides. Historiquement ces deux régions ne s’aiment pas vraiment mais cela je l’ai su uniquement de la bouche des Estriens. Les gens des Laurentides ne savent pas qu’il y a une compétition en cours. Donc cette dichotomie je l’ai vue exprimée dans la bouche d’une poétesse hier soir: « Ouan, les gens des Laurentides sont bien plus borderline que les gens de l’Estrie. » Je crois qu’elle voulait dire plus trash et je crois qu’elle a raison. À Magog, personne ne fait pousser du pot en quantité industrielle dans sa cour, personne n’entretien de cour à scrap sur leur terrain et tout le monde fait du sport. Et là arrive toujours l’argument massue : Tremblant ressemble à Disneyland.
Anyway, j’ai fait des billes de chèvre aux herbes et des raisins roulés dans le chèvre et recouverts de pistaches concassées, des petits cups de jambon de parme remplis de risotto à la courge et les fameuses crevettes marinées de ma mère. Tout le monde a adoré.

4.4.11

Voyage en Belle Époque

Je suis de retour à Montréal. Mon cœur saigne car il y a tant de choses que je n’ai pas pu vous montrer de mon voyage parisien. Je vous raconte donc un dernier truc.
Je suis amoureuse des bouibouis et des restaurants routiers. Je préfère manger où les bouchers, maraichers et poissonniers de ce monde se sustentent mais voilà qu’au fil d’une ballade du dimanche sur la promenade plantée je me suis retrouvée avec des amis au Train Bleu. Le Train Bleu est un restaurant niché dans la Gare de Lyon. Classé monument historique en 1972 par André Malraux il harangue le voyageur avec sa longue banquette rouge-vin en cuir patiné et son plafond en dômes orné de 41 fresques rococos enfumées par la vapeur des locomotives. C’est un lieu où les voyageurs attendaient le train à l’époque où la tour Eifel était nouvelle et le transport ferré était synonyme de luxe.
Aujourd’hui, le Train Bleu est fréquenté par des familles angoissées malheureuses de devoir se voir en public dans le soleil cru du dimanche et par quelques touristes égarés. Il faut visiter le Train Bleu pour être propulsé à une autre époque et dîner avec le poids de l’histoire juché sur les épaules. Le service se fait au guéridon, le serveur mélange le tartare à 29 euros devant vos yeux alors que tout le monde fait semblant d’être super blasé, il tranche des morceaux du gigot entier à vos côtés pour provoquer des bâillements, il prélève la peau, puis les filets de la dorade sans y laisser une arrête alors que vous roulez les yeux. Le baba au rhum est 15 euros. Le serveur le sectionne en deux morceaux alors que vous accusez aucune émotion pour l’imbiber de rhum à la minute.

Il laisse la bouteille sur la table pour qui aurait le courage de renchérir. C’est tout pour vous dire que j’ai choisi la dorade, l’item le moins cher sur le menu.
Le Train Bleu est à visiter pour son saisissant décor 1900 et l’histoire qui s’en dégage car la cuisine y est un brin surannée quoique spectaculaire.
Le train bleu
Gare de Lyon
Paris