21.1.11

Bouillon détox de janvier ou j’aime regarder Patrice Demers faire ramollir des feuilles de gélatine dans un verre d’eau.

C’est le temps de la détox de janvier et j’ai une seule idée en tête : visiter le nouveau restaurant de Patrice Demers dans le Vieux: Les 400 coups. Je suis tombée par hasard hier soir sur un épisode des Touilleurs à Artv où l’apollon des pastilles de chocolat 70% était invité. Il est tellement cute qu’on a envie de lui pincer les joues. J’aime Patrice car il ne fait pas comme les autres chefs qui eux simplifient la cuisine pour se mettre à notre niveau. Patrice Demers, lui, nous instruit, nous fait également découvrir de nouveaux produits inattendus: comme les graines de basilic etc. Le seul problème c’est que les producteurs se sont dit : c’est trop intello, on va devoir adoucir cela en invitant 15 personnalités publiques qui vont gouter les desserts de Patrice en disant des âneries. J’exagère, ils ne disent pas des âneries : il y avait le fabuleux Jasey-Jay Anderson le skieur olympique qui possède une bleuetière et un monsieur tout mignon qui cultive une centaine de variétés d’agrumes à Laval. Mais à chaque fois j’avais envie de dire : tassez-vous, laissez nous voir le beau Patrice faire ramollir une feuille de gélatine dans un verre d’eau. Maudit que ça doit être le fun de connaître Patrice Demers.
Donc, quand même, entre temps, je me suis fait un bouillon aux herbes inspiré de celui de Philippe Mollé dans Le Devoir d’il y a deux week-end. Détox oblige. Ce bouillon avait une chose de particulier : il incorporait du thé vert. J’ai trouvé l’idée géniale en plus d’inclure du thé vert j’ai mis tout ce qui me restait dans le frigo : un vieux bout de gingembre, des carottes rouges, des herbes fraiches semi-séchées qui survivent sur le bord de ma fenêtre et de l’anis étoilé. C’était vigoureux. Mais la transition entre tout et rien est intense. Sur le même principe j’ai fait cuire de l’échine de porc dans du lait avec trois gousses d’ail, des branches de romarin et du thym pendant trois heures dans une cocotte au four et le résultat était divin. Le porc s’effiloche dans une confiture de lait parfumée aux herbes. Ça sent bon partout dans la maison. Mais ce n’est pas détox du tout. Sacrebleu.

16.1.11

Drame au restaurant Vauvert de l’hôtel Saint-Paul

J’avais très hâte de voir mon amie Alexandra exilée temporairement dans la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique. Elle y est depuis le mois d’août et elle est de retour à Montréal pour quelques jours. J’ai réservé au Vauvert, le restaurant de l’hôtel Saint-Paul car l’occasion semblait assez spéciale pour ça. Le décor du Vauvert est laqué de noir, d’un style gothique raffiné vertigineux très chic. Tout semble y être illusion. Voilà alors qu’on reçoit nos entrées (elle avait choisi le tartare de bœuf piquant et moi le crab cake ) elle me dit qu’elle déménage à Kamloops pour toujours et qu’elle a mis sa maison de Rosemont-Petite-Patrie en vente. Jamais je n’aurais cru chialer au restaurant de l’hôtel Saint-Paul mais le choc a été tel que des larmes ont coulé sur ma poudre minérale iridescente Mac. J’ai été obligée de me taponner la face avec ma serviette de table. En plus nous étions en plein centre de la magnifique salle des miroirs au décor inspiré des légendes de la chasse galerie. Quelle bombe. Cela m’a pris quelques secondes pour me ressaisir. Du coup son mascara à elle aussi a coulé un peu. Les gens autour devaient penser qu’on cassait. C’était pas mal dramatique.
Sous le ciel illuminé d’un million de petites étoiles accrochées au plafond du Vauvert et ses murs bordés de flammes j’ai repris mon souffle et je me suis dit que c’est peut-être pas si pire. J’aurai la chance d’aller la visiter dans un des microclimats les plus particuliers de notre pays. Soupir. Je tente de m’en convaincre du moins.
Le crab cake était très bon, rehaussé d’une mayonnaise à la lime et d’une salade finement assaisonnée. Une chose rare rare rare. La morue était légèrement grasse, gorgée d’oméga 3 , accompagné de mon fenouil chéri citronné c’était un plat parfait vu les circonstances sombres. Un des meilleurs plats de poisson que j’ai mangé depuis Portus Calle. Alexandra a choisi un risotto aux fruits de mers aux saveurs complexes, bien joué. Nous avons bu pour l’occasion, car c’est-ce que la carte proposait, un vin Mission Hill de l’Okanagan. Quelle coïncidence. Soupir double.

3.1.11

Un rêve de noël réalisé

La féérie des fêtes était à son maximum cette année. Enfin nous avons réalisé notre rêve en famille. Nous avons fait cuire un cochon de lait au lieu d’une dinde à Noël. Il était vraiment cute avec ses petites pattes, son petit groin, sa petite queue. Ma mère l’a baptisée Marguerite.
Trouver la bête n’a pas été si difficile même si nous avons fait une virée infructueuse à Sabrevois. C’est finalement la boucherie de Tours au marché Atwater qui nous a trouvé le cochon de lait en moins de deux. Ça fait du bien de briser les traditions une fois de temps en temps.
Marguerite était très petite donc il a fallu que deux heures au four après avoir été lavée à l'eau salée et remplie de farce. Mon frère a préparé une sauce à la « goutte de sang » c'est-à-dire aux cerises. Je lui ai fait un collier avec des canneberges et une couronne avec du romarin. La prochaine fois on achète un cochon de lait vivant et on lui donne une petite écuelle de cognac et des noisettes pendant un mois.

Mais notre épopée est rien si on la compare aux amis de mon frère de la ligue de football juive de Montréal. Il ont farci leur cochon d'une dinde qui elle même était farcie d'un poulet farci d'un canard farci d'un poulet de cornouailles farci d'une caille et d'une farce aux croissants. Voir ici leur combat épique.