18.12.10

Coup de foudre monumental

J'adore la rhubarbe, donc quand j’ai lu dans La Presse qu’une pâtisserie sur la rue de Lanaudière portait ce nom, j’ai capoté. Il faut aller chez Rhubarbe sans hésiter. Il faut y commander sa bûche de Noël aux poires, noisettes et fève tonka. Il faut voir leur tarte au citron qui ressemble à un petit radeau. Il faut reluquer leur couronne de choux à la crème de marrons et à la purée d’airelles et se farcir de spéculoos. Je suis émue et inspirée à la fois. C’est tellement une belle place que cela donne envie de se lancer en affaires et de passer le reste de ses jours sur la rue de la Lanaudière avec une douille remplie de crème au café à farcir des religieuses.
Rhubarbe offre aussi des petits gâteaux aux carottes jaunes coiffés de fromage à la crème, des mini gâteaux au fromage à l’argousier que l’on appelle également ananas de Sibérie. La chef propriétaire Stéphanie Labelle a travaillé chez Pierre Hermé à Paris, c’est tout dire. Il y a cette délicatesse, cette intelligence et cet esthétisme chez Rhubarbe qui vient de rehausser d’un cran le monde de la pâtisserie à Montréal. Sa tarte au caramel et à la fleur de sel est un dessert sablé-salé-onctueux majestueux qui bat à plate couture toutes les tartes aux sucre bien aimées.
Il faut saluer le talent de cette jeune chef. Il faut lui donner une médaille. Agissez. Visitez Rhubarbe aujourd’hui.

Pâtisserie Rhubarbe
5091 de Lanaudière
Montréal

10.12.10

Haché menu

Le hachoir est le restaurant des employés dissidents de l’empire Louis-François Marcotte, la vedette du Canal Vie dont on voit le minois parfait à toutes les fois qu’on entre dans une SAQ, ouvre un Publisac, entre dans une librairie, un abribus ou un dépanneur. Tant de succès et un visage aussi symétrique appelle des cellules de résistance. Un empire en est un seulement si le peuple se révolte. Dans les coulisses on dit que la sommelière du local Élise Lambert pose des colles à ses suiteurs pendant le service du genre : « Quel est le nom du cépage typique de Corse ? » Le dépassement de soi irrite plus souvent qu’il n’édifie et c’est parfois bien dommage.

Le hachoir fait donc office de restaurant cru où l’on peut manger de voluptueux tartares. Il y a dix ans à Montréal on pouvait avaler du tartare seulement à l’Express, aujourd’hui c’est la razzia. Qui a mangé de la viande crue ne voit plus la nécessité de la cuire. Le tartare de saumon du Hachoir est coiffé d’une crème acidulée qui rappelle le keylime pie ce qui en fait une version plus goulue que minceur et c’est bien comme cela. Le tartare de bœuf est classique. Le tartare de cerf de Boileau est une belle petite chose rouge sur une biscotte. Un peu sucré et haché avec des canneberges ce tartare m’a fait penser que la viande crue est plus savoureuse sous sa forme sauvage. Une belle réussite.

Les hamburgers sont les plus beaux que je n’ai jamais vu de ma vie. Une version « sliders » qui comprend trois mini burgers est le plat le plus populaire au menu et permet de goûter les version nord africaine, le très original spécial Hachoir avec crevette et porc dans une mayo sriracha et un hamburger classique.