29.7.10

Les Micmacs de Gesgapegiag

En Gaspésie, du côté de la Baie des Chaleurs dans les petits villages comme Carleton c’est possible d’acheter des fruits de mer directement chez les pêcheurs. Ils annoncent sur une affiche plantée sur leur pelouse : moules fraîches, pétoncles frais ou homard frais. Ils sont tous spécialisés dans un seul truc. J’ai même vu à un endroit : champignons sauvages frais! Ça prend quand même un peu de courage pour sonner chez le gars, mais ça vaut la peine. Donc on sonne chez le gars des moules et un petit monsieur de 100 ans avec un peu d’écume sur le bord de la lèvre inférieure nous accueille. « C’est combien les moules monsieur ? ». Il répond : « C’est 15 piasses le galon. ». J’étais avec mon frère et on riait car on avait aucune idée ça l’air de quoi un « galon » de moules. Personnellement je visualisais une chaudière en plastique pleine de moules. On le suit dans son hangar. Il y a deux énormes bacs remplis de glace et de filets de moules préemballés. Un galon c’est beaucoup de moules. On le paye, il nous explique comment pêcher les moules : elles s’agrippent aux rochers constamment lavés par la mer, elles aiment aussi les cordes des marins donc des systèmes de cordage sont installés et les moules s’y cramponnent. On était tellement excités qu’on a sonné chez le gars des pétoncles un peu plus loin mais il n’était pas là.
C’est ma belle-sœur native de New-Richmond qui nous a invités à son chalet gaspésien. Son père est vraiment attentionné et m’a donné une super planche à découper en bois qu’il a fabriqué lui-même. Ma belle-sœur a fait cuire les moules, je crois que nous avons eu trois chaudrons pleins. Elles étaient dodues, sucrées, orange vif. Je n’ai jamais mangé des moules aussi fraîches. Il en restait beaucoup et on les as mis dans la glace. Elles ont traversé la Matapédia puis fait le chemin avec nous sur la 132 jusqu’à Montréal dans notre cooler. Je les ai cuisinées hier avec des linguines à la crème, un peu d’ail et du fenouil frais. Elles étaient encore aussi bonnes. Ça rien à voir avec ce que l’on peut acheter en ville.

Dans toute cette partie de la Baie-des-Chaleurs on est en terre Micmac. Au chalet de ma belle-soeur on avait une vue sur la mer et à droite la réserve Gesgapegiag. Le gouvernement a payé les Micmacs pour qu’ils cessent de jeter leurs filets de bord en bord de l’embouchure de la rivière à saumon qui se déverse dans la baie. On dit que chaque personne qui habite la réserve a reçu 15 000$ pour ne pas exercer leur droit de pêche.
Pour le reste j'ai glané quelques souvenirs sur la plage que j'ai mis dans un pot de confiture Bonne Maman. Je ne pouvais faire autrement car j'ai lu un Martha Stewart Living dimanche dernier.
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