18.12.10

Coup de foudre monumental

J'adore la rhubarbe, donc quand j’ai lu dans La Presse qu’une pâtisserie sur la rue de Lanaudière portait ce nom, j’ai capoté. Il faut aller chez Rhubarbe sans hésiter. Il faut y commander sa bûche de Noël aux poires, noisettes et fève tonka. Il faut voir leur tarte au citron qui ressemble à un petit radeau. Il faut reluquer leur couronne de choux à la crème de marrons et à la purée d’airelles et se farcir de spéculoos. Je suis émue et inspirée à la fois. C’est tellement une belle place que cela donne envie de se lancer en affaires et de passer le reste de ses jours sur la rue de la Lanaudière avec une douille remplie de crème au café à farcir des religieuses.
Rhubarbe offre aussi des petits gâteaux aux carottes jaunes coiffés de fromage à la crème, des mini gâteaux au fromage à l’argousier que l’on appelle également ananas de Sibérie. La chef propriétaire Stéphanie Labelle a travaillé chez Pierre Hermé à Paris, c’est tout dire. Il y a cette délicatesse, cette intelligence et cet esthétisme chez Rhubarbe qui vient de rehausser d’un cran le monde de la pâtisserie à Montréal. Sa tarte au caramel et à la fleur de sel est un dessert sablé-salé-onctueux majestueux qui bat à plate couture toutes les tartes aux sucre bien aimées.
Il faut saluer le talent de cette jeune chef. Il faut lui donner une médaille. Agissez. Visitez Rhubarbe aujourd’hui.

Pâtisserie Rhubarbe
5091 de Lanaudière
Montréal

10.12.10

Haché menu

Le hachoir est le restaurant des employés dissidents de l’empire Louis-François Marcotte, la vedette du Canal Vie dont on voit le minois parfait à toutes les fois qu’on entre dans une SAQ, ouvre un Publisac, entre dans une librairie, un abribus ou un dépanneur. Tant de succès et un visage aussi symétrique appelle des cellules de résistance. Un empire en est un seulement si le peuple se révolte. Dans les coulisses on dit que la sommelière du local Élise Lambert pose des colles à ses suiteurs pendant le service du genre : « Quel est le nom du cépage typique de Corse ? » Le dépassement de soi irrite plus souvent qu’il n’édifie et c’est parfois bien dommage.

Le hachoir fait donc office de restaurant cru où l’on peut manger de voluptueux tartares. Il y a dix ans à Montréal on pouvait avaler du tartare seulement à l’Express, aujourd’hui c’est la razzia. Qui a mangé de la viande crue ne voit plus la nécessité de la cuire. Le tartare de saumon du Hachoir est coiffé d’une crème acidulée qui rappelle le keylime pie ce qui en fait une version plus goulue que minceur et c’est bien comme cela. Le tartare de bœuf est classique. Le tartare de cerf de Boileau est une belle petite chose rouge sur une biscotte. Un peu sucré et haché avec des canneberges ce tartare m’a fait penser que la viande crue est plus savoureuse sous sa forme sauvage. Une belle réussite.

Les hamburgers sont les plus beaux que je n’ai jamais vu de ma vie. Une version « sliders » qui comprend trois mini burgers est le plat le plus populaire au menu et permet de goûter les version nord africaine, le très original spécial Hachoir avec crevette et porc dans une mayo sriracha et un hamburger classique.

27.11.10

Première neige

J'ai pensé : C’est le dernier week-end pour faire un petite randonnée avant que l’hiver nous happe. Donc vendredi soir on s’arrête au motel Au rond-point à Orford dans le but de parcourir le lendemain le sentier des crêtes avant sa fermeture. Comme apéritif vendredi avant la tombée du jour on a escaladé le pic du corbeau juste à coté du motel. Une chose de faite. Ensuite on a mangé de la pizza au bacon à la pizzeria Orford à Magog. La rumeur dit que l’écrivain Michèle Plomer a habité pendant un an au dessus de cette institution magogoise où certaines serveuses sont employées depuis 30 ans. J’ai bu du cidre du domaine Pinnacle. J’avais très hâte au matin. Au réveil, surprise! une tempête s’abattait sur la région. G ronchonnait qu’il ne voulait pas affronter le mont Orford dans ces conditions : purée de pois, verglas, neige et ce malgré la nouvelle toque aviateur que je lui avait procuré la veille au Rossy de Magog pour 7.98$. Cet homme ne porte jamais de tuque ou de mitaines par pure vanité. On s’est donc rabattu sur le marais de la rivière aux cerises où on a fait une petite ballade. Dans la neige on a vu les pistes d’un lynx et de chevreuils et dans un arbre un pic bois bedonnant, prêt pour l’hiver.
À notre retour sur la 10 j’ai compté au moins 6 sorties de route et le brouillard et le verglas sont descendus sur nous et tout le monde s’est mis à avancer à10km l’heure avec les flasher allumés. Arrivé en ville il faisait un beau soleil.
C’est un peu triste de penser que les escapades du weekend prennent fin. Il y a deux ou trois semaines dans le tournant d’une route qui arrive à Franklin je me suis arrêtée pour acheter un sac brun d’épicerie rempli de pommes pour 5$ chez un vieil homme qui vendait quelques trucs sur le bord de la route et j’ai également été enchantée par ce pot de miel noir avec l’inscription « fleurs de sarrasin » écrit à la main sur un bout se scotch tape en guise d’étiquette. Ce miel fort, ou miel de blé est emblématique du terroir breton. Je le garde sur ma table dans l’attente du retour du temps plus clément.

20.11.10

Schwarzwälder Kirschtorte

L’hôtel de ville de Mont-Royal était le lieu d’un marché de Noël allemand la semaine dernière. Des dames tricotaient des bérets rouges, des bas jaunes, des vestes à motifs équestres et les vendaient pour un rien. Incroyable mais vrai j’ai pu y dénicher la dernière pointe d’un gâteau forêt noire maison fait à partir d’une recette familiale avec des cerises marinées au kirsch. Le rêve.
Il y avait aussi la meilleure choucroute au monde, ambrée et profonde servie avec des saucisses allemandes. C’est comme si c’était noël tous les jours finalement.

7.11.10

Bazar du club Edelweiss des femmes suisses à Dorval

Un énorme avion Air Transat amorçait sa descente au dessus de nos têtes quand nous sommes arrivés au bazar suisse de Dorval. Des dames d’un certain âge sortaient du local de l’association avec des paniers qui débordaient de Zopft, un pain brioché que les zurichois aiment tremper dans leur café au déjeuner le dimanche. Le bazar suisse était très convivial, les gens étaient attablés en groupes de 12 et mangeaient de la choucroute maison. Je n’ai pas su résister au Dreikönigskuchen, un gâteau habituellement servi le jour de l’épiphanie. Celui que j’ai préféré était en forme de cœur et rempli de massepain. Des dames habillées en costume traditionnel (tablier blanc sur robe marine et bretelles rouges) vendaient de la gelée de sureau, de pommettes sauvages ou de groseilles. Il y avait aussi des Apfelküchlein, des beignets aux pommes chauds, dorés et sucrés.

Les madames de Westmount vendent leur vaisselle

L’église St. Andrews and St. Paul qui partage un flanc avec le Musée des Beaux arts est le lieu d’un bazar annuel où l’on trouve les trésors de grenier des dames qui habitent Westmount. J’ai pu y trouver deux coupes de champagne pour 2.50$ afin de boire ma Clairette-de-Die. La légende raconte que la première coupe à champagne a été moulée sur le sein de Marie-Antoinette, mais c’est seulement un ragot inventé pour nourrir son image décadente. J’ai pu également dénicher une belle assiette en porcelaine de Limoges (3.50$) et j’ai failli flancher pour deux tasses anglaises pour le thé. Mais elles étaient 7.50$ pour la paire. Quand j’ai tourné les talons la dame a haussé le ton et dit : « Mais elles viennent de chez Birks madame. » Cela m’a fait sourire.

Bazar danois de l’église luthérienne Saint-Ansgar à NDG

Les danoises sont corpulentes et blondes. Elles semblent prêtes à partir en mer avec leurs conserves de hareng. Au bazar danois de NDG tout un buffet était installé le long de la salle avec des « sandwich ouverts ». Ce sont des tartines de fromage coiffées de poisson fumé et d’aneth, c’est très coloré. Les rondelles de concombres, les saumons rosés, les oignons rouges formaient une énorme mosaïque sur des carrés de pain noir. Les dames mangeaient du gâteau aux graines de pavot. J’ai trouvé deux assiettes bucoliques « Made in Copenhagen » une paire provenant d’une collection pour la fête des mères. J’ai choisi 1971 (un bébé cheval qui tète une jument) et 1972 (une maman en costume traditionnel). Une dame vendait de la relish aux zucchini et des poissons marinés dans des pots Mason. Brrr. Une autre, de longues danoises aux amandes qui devaient faire au moins un mètre de long. Je viens d'en manger un morceau ce matin pour le petit-déjeuner. Incroyable. C'est comme avoir une grand-mère qui vient de vous cuisiner une brioche remplie de pommes et d'amandes. Fulgurant.

1.11.10

Anglomanie

J’ai été élevée sur les bâtonnets de poisson congelés Highliner. Je crois avoir mangé de ces faux fish and chips un midi sur deux lorsque j’étais à l’école primaire. Voilà que vient d’ouvrir une échoppe de fish and chips à deux pas de chez moi sur la rue McGill. Mais je suis triste car elle remplace le flamboyant bouiboui Hot dog McGill et son enseigne qui était un chef d’œuvre d’art de style pataterie peinte à la main et tout. J’espère qu’ils ont pas vidangé cette enseigne car c’était du pop art. Hot Dog McGill était une légende dans le coin, une entreprise familiale. C’est étrange de voir mon quartier se transformer. Le cœur fendu j’ai quand même essayé les poissons frits du nouveau resto Brit and chips car c’est irrésistible un soir d’automne quand il fait noir trop tôt et il pleut des cordes. J’ai quand même passé devant au moins cent fois avant de fléchir. Les serveurs portent du tweed, des nœuds papillons et des casquettes de camelots anglais. Chez Brit and chips il est possible de choisir du merlu dans une panure d’Orange Crush, du saumon dans une panure herbacée à la Guinness, de l’aiglefin dans une panure de sirop d’érable et le poisson officiel, la morue frite dans de la bière. Le plus répandu à Londres. La morue était d’une blancheur mirobolante et d’une délicatesse inespérée. La panure était croustillante et les frites n’ont pas d’égal ici à Montréal. Elles donnent l’impression d’être coupées à la main dans des vraies patates. Le tout est servi dans un papier journal. Un plat à 11.00$ se partage facilement à deux.

Il y a toujours un degré d’excitation quand on décide de s’octroyer autant de friture. L’euphorie provoquée est vite noyée par la tristesse dans laquelle s’engonce l’esprit après avoir absorbé autant de gras. Baisse de pression, rétention d’eau, désespoir. Le corps se venge toujours de s’être fait malmener. Mais pourquoi en redemande-t-il toujours? Les autres items sur le menu sont si invitants : crevettes popcorn tandoori, accras de morue, fish cakes au curry. Soupir.

Brit and Chips
433 Rue McGill
Montréal

18.10.10

Le douanier de Noyan

Au début de l’été j’ai fait un test : un mois sans aller au supermarché. Et je dois dire que sauf deux exceptions je n’y suis pas retournée depuis. J’ai fait toutes mes courses directement chez les producteurs. En ce moment j’ai une pintade, des hamburgers de cerf et des jarrets de chevreau dans mon congélateur. J’ai une citrouille blanche sur la table de cuisine et une énorme courge spaghetti pleine de verrues sur le bord de ma fenêtre.

J’ai visité beaucoup trop de fromageries pendant cette épopée. Hier, je suis passée par Clarenceville, un de mes petits villages perdus préférés au Québec. Il y a d’anciennes demeures anglaises en brique, un bar de danseuses, deux églises protestantes et un antiquaire. Le lac Champlain est à proximité et surtout la fromagerie Fritz Kaiser sur le rang de la 4e Concession tout près à Noyan. C’est un fermier près de Franklin qui m’a parlé de la place mais la première fois que je suis passée par Noyan je n’ai pas trouvé la fromagerie perdue dans les terres agricoles qui adossent la douane. Tu es en plein nomansland et hop! soudain vingt voitures stationnées chez Fritz Kaiser. Il faut même prendre un numéro pour être servi au plus beau comptoir à fromage que j’ai visité cette année. Mais d’où viennent tous ces gens? On s’est cogné le nez sur la frontière deux fois devant rebrousser chemin et de trouver l’endroit. À l’intérieur je me pinçais. Le Noyan vieilli est tellement beau à voir avec sa croute rouge maculée de penicillium. La tome du haut-richelieu est douce et pâle, sa croute est arrondie comme le dos d’un chameau. La roubine de Noyan est un fromage de type reblochon tendre. Le douanier est un fromage de type morbier traversé d’une veine bleue. Sublime.
À Sabrevois la ferme Reid propose des légumes mais surtout des tartes maisons dont celle aux bleuets qui était chaude quand je suis passée par-là. Ils ont aussi des gâteaux aux zuccini et d’autres à la citrouille. Derrière l’étal plusieurs variétés de poules gambadent dans l’enclos dont deux poules très exotiques avec le bec en fer à cheval.
Nous avons fait un crochet vers Rougemont pour visiter la cidrerie Michel Jodoin qui existe depuis 1901. L’endroit est à couper le souffle. La cidrerie est à flanc d’une montagne embrasée d’érables jaunes. Ils y fabriquent un cidre rosé à partir de pommes Geneva, seule pomme à chair rouge au Canada. Ils possèdent un alambic donc ils fabriquent de l’ambre de pomme, une eau de vie de pommes dorlotée par le maître de chais pendant au moins 18 mois.

Ferme Reid
485 route 133
Sabrevois, P.Q

Fritz Kaiser
459 4 Concession
Noyan, QC J0J 1B0

Cidrerie Michel Jodoin
1130 Petite Caroline
Rougemont (Québec)
Canada J0L 1M0

4.10.10

La piste cyclable du P'tit Train du Nord

Je suis montée en vélo avec mon frère à notre cabane en bois rond dans les Laurentides. Ça faisait longtemps qu’on en parlait lui et moi. En 1876 le P’tit train du nord embarquait les dames en robes cousues main et leurs maris en chemises empesées d’empois à Saint-Jérôme pour les déposer à Mont-Laurier le temps d’une fin de semaine. Il était si populaire que l’hiver des trains de neige étaient ajoutés aux trains de marchandises pour accommoder les touristes. Mais à la fin des années 1940 avec l’apparition de l’automobile et de la maléfique route 15 le train a perdu du galon et la ligne a été abandonnée en 1981. Ce qui reste du chemin de fer oublié du CP a été aménagé en piste cyclable qui est devenue le plus long parc linéaire au Canada. Le kilomètre zéro se trouve à Saint-Jérôme mais nous avons débuté notre périple sur la route verte à travers les érables iridescents aux feuilles rouge-sang de l’ancien fief GM, Sainte-Thérèse, pour ensuite traverser les champs de blé d’inde secs de Mirabel avec leurs granges penchées.
Nous avons fait 65km le premier jour jusqu’à Sainte-Marguerite. Dans mon sac à dos je décongelais une bavette de bison de la Terre des bisons de Rawdon et des saucisses du Comptoir du cerf de Sainte-Élisabeth. À Saint-Jérôme je me suis procurée une petite tresse d’ail au marché de la gare de la ferme Lady D'ail comme souvenir de notre voyage. J’ai donc piqué des petites gousses dans la viande avant de cuire la bavette sur un feu de braises qu’avait allumé mon frère. Je m'étais procurée cette bavette début septembre directement à la ferme et elle était tellement belle que j’en avais mangé la moitié en tartare avec G le soir même et j’avais congelé le reste.
Au retour on était un peu moins vertueux car la piste longe entre autres le marché aux puces de Prévost, royaume absolu du kitsch que je visiterai certainement de nouveau sous peu. On n’a pas pu résister aux chips maison et au pain aux pommes mais il y a par temps plus clément de la « limonade pressée devant vous » et des « beignes frits dans l’huile de riz » si ça existe.
Mon frère s’est acheté un hoodie Wu-Tang qu’il a férocement négocié. On a pédalé 80 km avant de s’endormir littéralement sur nos vélos et de rentrer à la maison comme par miracle. La prochaine fois j’achète un cuissard rembourré et un siège de vélo en forme de sofa. Préférablement en velours rose.

12.9.10

Reflet créole

Le dernier resto haïtien que j’ai visité faisait aussi salon de coiffure dans une pièce adjacente. Mon frère m’a dit avoir mangé du griot cet été dans un comptoir pour emporter qui était également une auto-école. J’ai répondu : c’est là que je veux prendre mes cours de conduite! En attendant je suis passée devant le Reflet Créole à Montréal Nord et je n’ai pas pu résister. L’endroit était plein à craquer, il y avait ne longue file pour le menu à emporter. Un seul plat (10$) peut facilement être partagé à deux. Griot, banane pesée, riz rouge aux haricots, salade et sauce piquante. Le griot est un plat magnifique mais très calorique : de petits morceaux de porc frits, tendres et caramélisés sont marinés dans du jus d’oranges amères, du thym et des piments scotch bonnet. Il est également possible de commander de la chevrette mijotée. Je vous convie donc à découvrir le resto haïtien de votre quartier. Entrez et demandez du griot. Une découverte heureuse assurée.

Reflet Créole
8549 Boul Pie Ix,
Montreal, QC H1Z 3T9

18.8.10

Un week-end à la ferme

Il n’y a rien de plus le fun que de visiter des fermes l’été. Le mouton est le papa de l’agneau qui est le petit de la brebis. La chèvre est la maman de la chevrette et l’épouse du bouc. Le bouc semble toujours un peu grognon.
On apprend plein de choses à la campagne. G. recule de vingt pas quand les chevrettes lui mordent les doigts et se repose à l’ombre pendant que je mets mes doigts dans toutes les bouches. Anyways après c’est presque impossible de remettre les pieds chez Super C. Il faut le voir pour le croire.
À la Chèvrerie Barrousse à Saint-Cuthbert on fabrique des fromages fins de chèvre. C’est le genre de fromage frais qui est presque pas disponible en ville car il est trop fragile. Genre de chèvre en pyramide que l’on achète en France dans les fromageries de Beaune, frais, aromatisé à la fleur d’ail ou légèrement cendré. L’ange fourchu est enivrant et le Petit pâturin est sublime. Ça goûte la terre, le gazon, les vraies affaires. Cette fromagerie est un réel coup de cœur.
Un peu plus loin dans le village il y a la fromagerie Il était une bergère. Ils font des fromages de brebis et vendent de la viande d’agneau : jarret, paleron, épaule. J’avais envie de me tricoter des bas avec leur laine et de me faire des savons avec leur lait.

Chèvrerie Barrousse
3182, Rg. St-André,
St-Cuthbert (Québec)
J0K 2C0

Fromagerie Il était une bergère
2280 rue Principale
St-Cuthbert (Québec)

5.8.10

Fromagerie Le troupeau bénit à Brownsburg

Avez-vous envie de manger de la moussaka confectionnée par une jeune sœur cloitrée grecque orthodoxe? J’ai fait une découverte agrotouristique dans la région d’Argenteuil le week-end dernier. Au bout d’une route de gravelle de 6 km près de Half-Moon lake à l’ouest des Laurentides on trouve le Monastère de la Vierge Marie Consolatrice.
Les jeunes sœurs grecques se font apicultrices, fromagères et s’occupent de leur bergerie. Elles peignent également des icones religieuses et font des chandelles avec la cire de leurs abeilles. Il est possible d’y pique niquer mais pour les femmes il est interdit de porter un pantalon ou d’avoir une jupe au dessus du genou. Bien entendu j’étais habillée de façon indécente mais les sœurs étaient bien accommodantes et souriantes. J’ai pu m’y procurer une moussaka à l’agneau tellement hallucinante que nous l'avons mangée avant de pouvoir la photographier. La moussaka est un genre de pâté chinois grec avec des aubergines gratinées au lait de chèvre et de la viande d'agneau. Leur humus aux piments rouges est également excellent. Elles préparent aussi du feta de chèvre et de la tartinade de soya faite par les sœurs dont certaines s’intéressent au végétarisme. Cette dernière est blanche comme neige et vraiment gourmande quand servie avec un peu de miel.
Je ne sais pas si on peut s’en procurer en ville mais c’est vraiment un très bon produit végétarien dérivé du tofu. Le gouda au chèvre (ci-dessus) est pas mal non plus. Il est également possible de se procurer des légumes de leur potager comme de l'ail jeune, des tomates, des concombres.
Le monastère est sur le chemin de la Carrière, la dernière rue du village de Brownsburg-Chatham, il faut suivre le chemin de gravelle et tourner au camp biblique (étrangement peuplé uniquement d’enfants du sous-continent indien en ce dernier week-end de juillet).

Fromagerie Le troupeau bénit
827 Chemin de la Carrière
Brownsburg-Chatham
Québec, J8G 1k7

29.7.10

Les Micmacs de Gesgapegiag

En Gaspésie, du côté de la Baie des Chaleurs dans les petits villages comme Carleton c’est possible d’acheter des fruits de mer directement chez les pêcheurs. Ils annoncent sur une affiche plantée sur leur pelouse : moules fraîches, pétoncles frais ou homard frais. Ils sont tous spécialisés dans un seul truc. J’ai même vu à un endroit : champignons sauvages frais! Ça prend quand même un peu de courage pour sonner chez le gars, mais ça vaut la peine. Donc on sonne chez le gars des moules et un petit monsieur de 100 ans avec un peu d’écume sur le bord de la lèvre inférieure nous accueille. « C’est combien les moules monsieur ? ». Il répond : « C’est 15 piasses le galon. ». J’étais avec mon frère et on riait car on avait aucune idée ça l’air de quoi un « galon » de moules. Personnellement je visualisais une chaudière en plastique pleine de moules. On le suit dans son hangar. Il y a deux énormes bacs remplis de glace et de filets de moules préemballés. Un galon c’est beaucoup de moules. On le paye, il nous explique comment pêcher les moules : elles s’agrippent aux rochers constamment lavés par la mer, elles aiment aussi les cordes des marins donc des systèmes de cordage sont installés et les moules s’y cramponnent. On était tellement excités qu’on a sonné chez le gars des pétoncles un peu plus loin mais il n’était pas là.
C’est ma belle-sœur native de New-Richmond qui nous a invités à son chalet gaspésien. Son père est vraiment attentionné et m’a donné une super planche à découper en bois qu’il a fabriqué lui-même. Ma belle-sœur a fait cuire les moules, je crois que nous avons eu trois chaudrons pleins. Elles étaient dodues, sucrées, orange vif. Je n’ai jamais mangé des moules aussi fraîches. Il en restait beaucoup et on les as mis dans la glace. Elles ont traversé la Matapédia puis fait le chemin avec nous sur la 132 jusqu’à Montréal dans notre cooler. Je les ai cuisinées hier avec des linguines à la crème, un peu d’ail et du fenouil frais. Elles étaient encore aussi bonnes. Ça rien à voir avec ce que l’on peut acheter en ville.

Dans toute cette partie de la Baie-des-Chaleurs on est en terre Micmac. Au chalet de ma belle-soeur on avait une vue sur la mer et à droite la réserve Gesgapegiag. Le gouvernement a payé les Micmacs pour qu’ils cessent de jeter leurs filets de bord en bord de l’embouchure de la rivière à saumon qui se déverse dans la baie. On dit que chaque personne qui habite la réserve a reçu 15 000$ pour ne pas exercer leur droit de pêche.
Pour le reste j'ai glané quelques souvenirs sur la plage que j'ai mis dans un pot de confiture Bonne Maman. Je ne pouvais faire autrement car j'ai lu un Martha Stewart Living dimanche dernier.
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7.7.10

De Piopolis à Beebe plain

J’ai passé quelques jours dans les Townships pour inaugurer la période estivale. J’ai fait un petit road trip sur la route des sommets qui longe la frontière américaine. Les villages perchés dans les Appalaches sont magnifiques et plusieurs n’ont même pas encore de réception d’ondes cellulaires. Piopolis est un village plein de charme fondé en 1871 par 14 jeunes zouaves pontificaux à qui on avait légué des terres pour services rendus à Pie IX, Notre-Dame-des–bois est un des villages les plus élevé du Québec et Beebe plain a une frontière américaine en plein cœur. Ces villages font partie de la région du granit.

Le reste du temps, j’ai bu du vin de la région de Brome-Missisquoi et j’ai aimé. Je dois dire que j’étais la personne la plus septique autour de la table. La première fois que j’ai bu du vin du Québec c’était au comptoir dégustation de la SAQ Classique de Bedford en 2006. Je ne me souviens plus du cépage mais ça goutait le kir aux framboises, c’était tellement extrêmement mauvais que j’ai pouffé de rire devant le commis. Je l’ai regardé dans les yeux avant de jeter mon petit cup en plastique dans sa poubelle et j’ai dit : « Tu me niaise ? C’est pas du vin, c’est du Cool Aid aux fraises». Je ne voulais pas être méchante mais voilà c’était vraiment sucré et fuchsia. Je ne connais rien aux vins mais c’était too much pour moi.
Donc me voilà à Way’s Mill un autre village spectaculaire avec deux petites églises anglicanes en bois qui se font face. Je suis devant un verre du Domaine des Côtes d’Ardoise, un vignoble de Dunham. C’est le plus ancien vignoble québécois, il opérait même illégalement à ses débuts. J’aime cette prémisse. Le vin est blanc, un Seyval Carte d’Or 2008 avec un joli papillon sur l’étiquette. Le seyval est un cépage que l’on cultive surtout en Angleterre et dans l’état de New York car il résiste au froid. J’ai bu et j’ai applaudi. J’ai été très très étonnée, ce vin est bon et en plus il est vendu en SAQ 14.00$. Nous avons mangé avec ça de la truite fumée, des champignons farcis au chèvre, des olives fourrées aux amandes et des hot-dogs.

Ce que je cherchais avant tout en me procurant ce vin était de boire un vin sans sulfites. Je me suis dit moins ça voyage moins il doit y avoir des méchants sulfites qui donnent mal à la tête quand tu en bois deux bouteilles par personne. C’était bien vrai, le vin était excellent, frais, minéral, herbacé et l’impact des sulfites quasi inexistant. Je suis convertie. Si on est capable de faire pousser des pastèques pendant nos 4 semaines d’été, pourquoi pas du raisin?
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25.6.10

L'oratoire et les travailleurs mexicains

J’ai fait le tour complet de l’île de Laval, il y a une route des fleurs et j’ai vu des champs où travaillaient des mexicains comme à Salinas en Californie. Ils vivent dans des roulottes décaties et cueillent des fraises, des concombres, des asperges. Je venais d’engloutir une pissaladière aux olives tomates et anchois dans une pâtisserie provençale qui s’appelle Marius et Fanny (239 boul. Samson Duvernay) et je me suis sentie un peu coupable.


Pour le reste la semaine dernière je me suis souvenue que j’aime beaucoup mon frère. J’ai la tête dure et c’est le seul qui réussit à me faire changer d’idée. Mon idée c’était que pour un mardi soir je n’avais pas du tout envie de faire l’ascension de la Côte-des-neiges à vélo en pleine heure de pointe et une fois rendue à l’oratoire Saint-Joseph monter les marches deux fois. Je sais que nous avons beaucoup de crimes à expier, mais j’avais pas du tout le goût. J’avais peur. Mais il est pas mal directif mon frère. Anyways, on l’a fait et je me suis pas morte. Mes jambes ont tremblé toute la soirée et il m’a acheté un Gatorade rouge comme récompense. J’étais certaine que j’aurais juste eu droit à de l’eau. Il a compté les marches en redescendant, il y en avait juste 275. La vue était très belle, il y avait pas mal de smog. Je suis rentrée et j’ai préparé des aubergines gratinées.
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14.6.10

Le chemin des patriotes

Au marché public de La Prairie j’ai acheté mon petit jardin intérieur pour l’été : basilic grec (petites feuilles miniatures tendres et parfumées qui se mangent toutes seules), coriandre vietnamienne et thym citronné. Le marché de La Prairie m’emballe énormément : il y avait de longue échalotes rouges et des asperges du Québec. J’ai même craqué pour des cup-cakes maison rose nanane, pleins de sprinkles et de glucose. Nous avons donc continué notre ballade vers Chambly pour ensuite longer le Richelieu par le chemin des patriotes. J’aime bien cette route, les maisons en pierre qui la borde, les champs remplis d’histoire et l’aura paisible qui émane de la rivière. G aime conduire et nous nous sommes aperçus soudainement que nous étions déjà à Saint-Ours et nous avons pris le traversier pour revenir par l’autre côté. Sur le bateau un homme en porche tenait un petit chien frisé brun chocolat dans ses mains en conduisant. Tout cela m’a fait réfléchir à une bizarrerie : je n’ai pas de permis de conduire. Pourquoi? Je ne sais même pas répondre à cette question. Habituellement je me dis que je n’ai jamais eu le temps de faire les cours. Et je m’imagine mal que je vais prendre du temps sur le précieux été qui s’offre à nous pour le faire.

7.6.10

Rhubarbe et pizza arménienne

Le boisseau de rhubarbe était en spécial 2.99$ chez Métro aujourd’hui. La caissière ne trouvait pas le code et m’a demandé le prix, j’ai dit 1.99$. Elle m’a regardée un peu effarée et a pitonné 1.99$ pour ensuite me demander ce que c’était exactement. J’ai eu une petite sueur froide et répondu : « De la rhubarbe ». Elle l’a prononcé comme si c’était un mot swahili et m’a demandé si c’était un légume. Bonne question quand même. J’ai répondu c’est un légume qu’on consomme en fruit. Confusion totale. L’emballeur également était médusé. « En tout cas c’est la première fois que je vois quelqu'un acheter de la rhubarbe » A-t-il renchéri un pue dégouté. Je ne sais pas pourquoi cela m’arrive qu’à moi. J’avoue que la caissière était vraiment mignonne avec ses spartiates Forever 21 en cuir doré et ses boucles d’oreilles en perles navajo, la rhubarbe ne fait pas partie de sa vie alors que pour moi c’est presque un symbole. J’adore son goût amer et sa couleur indéfinissable parfois verte, souvent corail, parfois rouge sangria mais surtout la rhubarbe est la première chose qui sort ses tiges du jardin. Je devrais plutôt dire qui sort ses très grandes feuilles toxiques enroulées sur elles même pour révéler les rhizomes rose sorbet. La rhubarbe marque une nouvelle saison et nous demande de prédire combien de printemps il reste devant nous. Ça fait deux printemps que je me dis que je vais faire le gâteau renversé à la rhubarbe de ma mère mais je ne trouve pas le temps.J’ai donc fait de la compote avec la rhubarbe que j’ai tartinée sur des toasts au bleu.
En boni voici une photo de la pizza arménienne de chez Arouch sur Côte-des-neiges dont a parlé Marie-Claude Lortie dans La Presse. Je préfère celle au fromage avec des olives et des tomates.

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26.5.10

Arboretum

La ville est belle sous la chaleur, les arbres semblent sortis d’un jeu de Nintendo tellement ils sont verts fluorescents. La canicule nous donne le droit de soupirer, de dire qu’il fait trop beau pour travailler et de passer l’après-midi sur le toit à regarder les bateaux passer. La chaleur est un coupe-faim? Jamais. Elle est exigeante et nous demande d’être imaginatifs car les fruits et légumes sont encore rare à ce temps-ci de l’année. J’ai donc fait trois petites salades : une iceberg à la crème, très femme au foyer des années 1950 comme concept. Une autre de tomates concassées avec du thym et de l’huile d’olive et une salade de pois des neiges, sésame, shiitake et tofu grillé. La photo de l'arbre a été prise à l'Arboretum Morgan un centre de recherche de l'université McGill où l'on trouve toutes les essences aborigènes du Canada.
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