28.4.09

Antipasto

J’ai dormi avec la fenêtre ouverte hier soir, j’ai un coup de soleil sur les paupières et je suis sortie dehors sans mettre de bas. Le printemps est arrivé et mon nouveau truc préféré pour la nouvelle saison est l’antipasti. J’ai préparé ma première assiette vendredi dernier, elle était remplie de figues, de toasts de pain pita, de spek (prochuitto fumé) et d’humus. J’ai voulu saupoudrer l’humus de piment d’Espelette de contrebande que m’a donné mon frère, mais tout un tas est tombé du pot et a incommodé bien des mangeurs. J’ai accompagné le tout d’un vin blanc sec recommandé par le chroniqueur du journal The Gazette Bill Zacharkiw mon nouveau gourou. C’est un Sylvaner Crystal d’Alsace Dopff & Irion (14.90$ numéro SAQ 43422). Il en dit qu’il a des arôme de fleurs blanches ainsi que des notes de pêches et une minéralité qui fonctionne bien avec des huitres crues. Mon antipasti s’éloignait des accompagnements recommandés mais voilà, je n’ai pas l’habitude de boire du vin sec et cela était un bien beau changement pour la belle saison.
Samedi soir j’ai fait une assiette d’haricots fins dans une vinaigrette d’huile de sésame, de gingembre râpé, de sauce soya et de graines de sésame grillées. Il y avait également du humus, du spek et une botte de coriandre à envelopper dans les craquelins de pita. Le vin? Encore une suggestion de mon gourou, un riesling 2007 Bonheur Convivial Rieflé (17.70$ 10915327) Selon lui ça goûte l’Allemagne, les roches mouillées et les fruits jaunes avec une finale étonnante de pastèque.
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19.4.09

Qu’est ce qu’on mange?

J’arrive d’un aller-retour à Québec et je n’ai pas pu m’empêcher de faire un saut chez Jean Alfred Moisan épicier depuis 1871 sur la rue Saint-Jean. Mes quartiers préférés de Québec sont le quartier populaire de Saint-Roch dans la basse-ville au pied de l’Escalier du Glacis et la rue Saint –Jean côté moins touristique. Alfred Moisan épicier y a pignon sur rue depuis 1871 et est revitalisé en épicerie fine offrant un éventail de produits locaux dans un décor d’époque. Il va sans dire que j’ai fait une razzia. Saucisses de sanglier aux bleuets, saucisson de Chaudière-Appalaches joliment appelé « six pousses », pâté d’agneau au cari maison, salade de germinations, confiture d’oignons et canneberges, pain berbère, cidre aromatisé à la prune. Deux sortes de saumon fumé : celui de monsieur Émile des Iles de la Madeleine (à gauche sur la photo) et un deuxième de Gaspésie (à droite). Et à la caisse comment résister à une petite boite d’anis de l’Abbaye de Flavibourg et un calisson de Montélimar ? J’avais l’impression d’être dans une maison faite en chocolat. Ça sent le thé, il y a des carambars partout, de l’huile d’olive La belle excuse et 4 variétés de plum pudding.
Outre cela j’ai rencontré une dame de 76 ans, une force de la nature, elle est libraire et refuse de prendre sa retraite. Chaque soir elle ferme les portes de sa librairie et dit à son fils héritier qu’elle ne reviendra plus jamais mais chaque matin elle est là. Elle a une hantise foudroyante des week-end et ne tolère pas que son mari lui pose la question « Qu’est-ce qu’on mange? » Elle préfère retourner au travail où « Qu’est-ce que l’on mange? » n’est pas l’unique préoccupation. Une grande dame franchement inspirante qui raconte qu’à l’époque de la crise d’octobre elle devait se débarrasser de certains livres comme Nègres blancs d’Amérique à cause des visites répétées des policiers.
J.A.Moisan Épicier
699 rue Saint-Jean, Québec, Québec.

12.4.09

Itacate pour emporter

Tout ce que l’on mange raconte une histoire. Nouveau venu sur Beaubien Est, Itacate signifie pour emporter. Les travailleurs agricoles mexicains devaient se déplacer à plus d’une heure en cheval pour désherber les champs de maïs et bien-entendu ils ne pouvaient pas revenir à la maison le midi pour manger donc ils amenaient leur lunch plié dans une feuille de bananier. Itacate est une maison familiale : le fils est chef, le père maitre d’hôtel, la fille serveuse. La cuisine mexicaine n’est pas pour les gens qui surveillent leur ligne avec toute cette farine de maïs. Nous avons commencé par des gorditas de chicharron. Mini tortilla gonflés remplis de saucisse de porc, de cactus mariné, de coriandre et de fromage servis avec une salsa de tomatillo fraîche. Le tomatillo est une petite tomate verte sous une pelure de papier de la même famille que la cerise de terre et qui donne instantanément le goût du Mexique à toutes les sauces. Il y avait une guacamole très limée et chlorophyllée.
Le truc à commander absolument est la soupe crema de frijol (première photo). Crème de haricots noirs légèrement empourprés avec de fines lamelles de tortillas de maïs et du fromage émietté. Ensuite, enchilada de poulet avec mole. Le mole est la sauce traditionnelle mexicaine au chocolat, ce n’est pas pour tout le monde mais sachez qu’ici il est fait maison. Un fajita de bœuf rempli de piments rouges et verts est servi sur des tortillas de maïs avec de la crème sûre. Une variété de tacos sont également disponibles (tacos el pastor, tacos cochinita).

ITACATE
59 Beaubien Est
Montréal

6.4.09

Prêt à manger

Je cours dehors et j’écoute Stronger de Kanye West ces temps-ci. Je ne sais même pas quel est le sujet de la chanson : les faux sacs à main Christian Dior? En principe je déteste Kanye West, je ne comprends rien à ses lunettes avec des rayures en plastique. Mais voilà, c’est le printemps, il n’y a plus de règles. On peut bien faire ce que l’on veut. Pas besoin de se justifier.

Depuis maintenant trois semaines je suis abonnée à un étrange service de repas : pendant la nuit entre minuit et cinq heures du matin ya un mec qui vient porter une glacière avec mes repas pour la journée devant ma porte. Je ne sais pas encore quoi en penser mais je suis certaine que mes voisins rient de moi. Peut-être qu’ils pensent que c’est la banque alimentaire qui vient me porter des denrées non périssables…
Le traiteur est 21st Century food services. Le site web est en franglish. Les plats sont santé, bien confectionnés avec des aliments frais et des sauces spectaculaires. J’ai vraiment l’impression d’être Lindsay Lohan et d’avoir un chef privé que je ne vois jamais. Je suis souvent très agréablement surprise car j’ai même découvert des trucs que je ne connaissais pas comme le Kugel au miel et à la carotte (ci-haut), une sorte de quiche juive. J’ai gouté un très bon risotto au citron et légumes du printemps, des penne aux betteraves faites de blé entier avec une sauce au chèvre et mon plat préféré jusqu’à présent : le ceviche de tilapia mexicain. L’avantage de tout cela c’est principalement le contrôle des portions j’imagine. Mais voilà ce week-end j’ai encore pété les plombs. J’ai fait un gâteau sépharade aux dattes et à la cardamome et un pudding au chocolat mexicain (avec de la cannelle et du piment) car G disait souffrir de « carences alimentaires ».

Ce soir je mange des légumes thaïlandais dans une sauce au lait de coco, pas mal pour un lundi. Chaque repas santé est 9$ avant taxes. Demain, du bœuf grillé avec des nouilles soba. Mercredi un filet de tilapia au fenouil.
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