8.12.09

Flammekeushe

J’ai fait un saut au Marché de Noël Alsacien de Lachute la semaine dernière. C’est pas à la porte les amis, on a roulé à partir de Montréal en écoutant Demon Host de Timber Timbre en boucle. On est passé à côté de l’aéroport fantôme de Mirabel, il y avait du matériel agricole qui roulait lentement sur la route et les champs de blé d’inde mirabellois coupés raz pour l’hiver défilaient. C’est comme un aperçu des plaines de la Saskatchewan en miniature, du plat et des terres expropriées, vides comme si on était sur Mars. Parce que la terre est plate, j’ai vu un très beau coucher de soleil à Sainte-Scholastique vers 16h13. Plus beau qu’à la plage du Carbet en Martinique ou à Narita au 9e étage du Hyatt Regency en banlieue de Tokyo. Le soleil était un disque énorme descendant sur les granges crochies. Son feu rosissant reflétait dans les fenêtres des fermettes et des roulottes. Je me suis dit que Mirabel n’avait rien à envier au monde devant tant de beauté inespérée.

Au marché Alsacien j’ai pu goûter au fameux flammekeushe, une tarte flambée à la crème fraîche, aux oignons et aux lardons. Les bords sont brûlés car la tarte est cuite dans les embruns et elle était faite traditionnellement une fois par semaine par les fermiers pour tester la température du four à bois avant de cuire le pain. C’était spectaculaire, ça l’air de rien décrit comme cela mais le mélange était éblouissant. Rien à voir avec une pizza. Il y avait aussi du vin chaud, des feux de camps, des patineurs et deux minous à adopter qui s’entrelaçaient dans une cage pour se protéger du froid. Pour le reste je n’ai pas encore compris pourquoi il y tant d’Alsaciens à Lachute mais il y a des rues avec des noms allemands et des églises à l’architecture calviniste. J’adore découvrir des petits villages hors piste dans mon propre pays. Chaque jour ces endroits m’apprennent qu’il y a encore tant de choses que j’ai envie de voir.
Posted by Picasa

3.8.09

Balkan style

J’ai passé mon dimanche en Bosnie-Herzégovine. Ça semble beaucoup plus effrayant que ce ne l’est en réalité. Il reste quelques vestiges de la guerre des Balkans comme quelques immeubles avec des obus encore visibles mais pour le reste c’est très touristique. La ville de Mostar est une ville enchantée où coule la rivière Neretva d’un vert lichen qui nourrie une vallée de pêchers, de vignes et de pruniers. Mostar signifie « vieux pont » et ce dernier forme un arc presque pointu qui démontre l’incertitude des ingénieurs de l’époque à construire une enjambée aussi moderne. Mais ce qu’il a d’impressionnant dans cette ville ce sont les minarets de ses trois mosquées qui donnent à l’ensemble une allure des milles et unes nuits avec la folie des bosniaques qui se promènent à tombeau ouvert la musique tecno-turque dans le tapis. Une fontaine médiévale coule sur la place du marché et les habitants viennent s’y abreuver et y laver leurs fruits. Les échoppes pour touristes offrent des médailles de guerre, de l’artillerie, des casques de soldats de l’ex-Yougoslavie. En une journée entière j’ai traversé 6 frontières pour me rendre à Mostar de Dubrovnik en Croatie. Elles sont presque comme des parures, souvent les douaniers vous font simplement signe de passer sans vérifier votre documentation.

23.7.09

Le péloponnèse

Je ne croyais pas arriver en Grèce en pleine saison de la pastèque. Sur les routes du Péloponnèse, les filles des fermiers ne vendent pas des fraises mais des melons d’eau à l’ombre des églises. Les gitans, eux, se baignent dans l’eau de cristal de la mer Egée à la sortie de chaque village et les pêcheurs font sécher les pieuvres sur des cordes à linge. En deux jours j’ai volé une roche d’un amphithéâtre grec de 2000 ans, j’ai fait cuire de la pieuvre sur des branches d’olivier et de romarin dans l’oliveraie où j’ai loué une maison dans la campagne profonde et où mes voisins traient à la main dans un sceau de métal leurs 10 chèvres chaque jour vers 19h.
Les propriétaires athéniens ne m’avaient pas donné d’adresse ou de nom de rue mais des indications et une photos de la porte principale de la maison et ils m’avaient écrit par courriel «la clé est sous la roche à gauche de l’arc en pierre». Nous avons eu aucun mal à trouver et nous avons découvert chez eux le minuscule village de Kornakia qui s’éveille seulement vers 17h tant la chaleur est forte le jour. Avant il n’y a que le bruit des criquets dans les oliviers. J’ai acheté un chapeau de pêcheur en paille pour me protéger du soleil mais un des voisins qui vient arroser tous les soirs le limetier et les énormes buissons de romarin qui bordent le chemin m’a dit que ce n’était pas bien pour une femme de porter un tel chapeau. En échange je lui ai donné des tentacules de pieuvre grillées et il a tapé son cœur de son poing trois fois pour me remercier. Le lendemain sa femme a laissé 4 œufs fraîchement pondus sur le bord de ma fenêtre en guise de remerciement.
Le vin local porte le nom de retsina et est parfumé à la résine de pin, il coute 0.99 cents le litre au supermarché et est encapsulé sous un bouchon de bière. Sur le bord des routes on vend pour presqe rien du méchoui de porc et d'agneau cuit dans de grand toneaux de métal.
Posted by Picasa

30.6.09

J’adore la bioluminescence

J’arrive de quelques jours au pays de l’ardoise dans les Appalaches. J’ai loué la maison d’un chroniqueur vin et j’ai passé des soirs à lire sa bibliothèque exclusivement reliée au vin. La nuit sa maison était entourée de milliers pour ne pas dire de millions de lucioles qui scintillaient dans le noir. On se serait dit dans un pays magique. Fidèle à lui-même G fasciné par le phénomène en a capturé une dans un pot Masson et l’a ramené en ville. Elle est toujours vivante et oui, la nuit elle scintille dans le noir seule dans son petit pot en vitre.
Nous étions près du village de Racine qui inaugure cet été le premier marché locavore au Québec. Pour l’instant le village compte un dépanneur, une friperie et une esthéticienne. Et c’est tout près de Valcourt où les Sea-doo de Bombardier son fabriqués. Valcourt compte une pâtisserie qui fabrique de la tarte tropézienne depuis 20 ans et un Intermarché qui offrait pour le week-end de la Saint-Jean du méchoui d’agneau et de porc. Il faut souligner qu’à part la crème glacée à l’érable Chagnon et la tarte aux fraises d’une gentille dame du marché champêtre de Melbourne nous avons mangé que du méchoui. J’ai peut-être fait une salade d’oignons doux un peu marocaine trouvée dans Elle à table : émincez deux oignons, coupez douze dattes en morceaux, mélangez avec du jus de citron et d’huile d’olive pour ensuite saupoudrer de cannelle. Couvrir et réfrigérer une heure avant de servir avec du pita grillé.
Mais maintenant je me sens le besoin de me confesser. Dans le congélateur du chroniqueur il y avait des plats congelés et je n’ai pas pu m’empêcher d’en dégeler un : une soupe ratatouille multicolore et parfumée. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve toujours que la nourriture faite par d’autres est plus attrayante. Aussi, un soir j’ai vu un chat sauvage traverser le champs et j’étais si empressée de l’annoncer à tous que j’ai cassé un de ses verres de dégustation. J’espère qu’il ne m’en voudra pas trop.

Sinon, j’ai fait quelques marches en montagne et j’ai ramené des kilos de pierres d’ardoise un peu pourpre trouvées au pied de falaises avec l’idée d’en faire des planches à découper. L’ardoise est une matière noble qui provient des boues fines accumulées au fond des océans anciens et qui est de plus en plus utilisé chez les jeunes architectes branchés pour faire des comptoirs de cuisine, des tuiles pour la salle de bain ou pour remplacer le marbre et le granit.

28.6.09

Un brunch au dépanneur

Pick Up est un dépanneur reconverti en comptoir pour emporter dans un quartier semi-manufacturier suspendu dans le temps. On a l’impression d’être à Montréal dans les années 1970 dans ce quadrilatère un peu à l’écart du monde sur la rue Waverly brisée en cinq morceaux qui ne se raccordent pas. Dimanche midi il y avait un photographe freelance qui offrait ses services aux clients du Pick Up, 5 piasses pour les photographier en plein brunch.
Le menu est court mais ciblé: le sandwich au porc BBQ effiloché est la vedette du menu avec son pain au carvi il se décline avec des airs vaguement plus chics que ceux des truck-stops américains sans perdre d’authenticité. Sinon, pour les plus petits appétits le sandwich au halloumi grillé avec salsa à la menthe est servi sur un pain multi-grain et se veut un imitateur haut-de-gamme du grilled cheese. Il faut découvrir le Pick-up car c’est l’essence même du bouiboui mignon et attachant à moins de 20$ pour deux, bas de nylon Queen size et Drano en sus.

Dépanneur Le pick-up
7032 Waverly
Montréal
Posted by Picasa

15.6.09

Nonya


En Indonésie, sur une île reconnue pour ses plages de sable volcanique j’ai rencontré un sculpteur qui m’a fait écouter du Gun’s and Roses dans sa hutte, c’était la saison des pluies et les gens du village utilisaient des feuilles de bananier comme parapluie, fumaient des cigarettes au clou de girofle et cultivaient des rizières vert fluo. Je me souviens que les chambres que l’on louait ma copine et moi coutaient parfois 5$ la nuit parfois moins et cela incluait le petit-déjeuner composé de confiture d’ananas et de crêpes fines au sucre de canne et à la noix de coco. C’était il y a 15 ans déjà.
Nonya est le seul restaurant indonésien de Montréal et c’est un endroit spectaculaire car il ouvre une page aromatique peu connue de nos papilles nord américaines : tamarin, feuille de padan, citronnelle. Il ne faut pas passer à côté de son Rijstaffel, un menu dégustation à 40$ coloré. Les propriétaires sont de l’île de java, ils sont jeunes et dynamiques.
Litchi martini, breuvage traditionnel au corossol, soupe aromatique à la courge avec crevette et un petit œuf de caille, riz servi dans une feuille de bananier, sate à l’agneau, bœuf rendang étonnant, crème brûlée à la feuille de padan qui lui donne une teinte verte et reposante. Le miracle de cette cuisine est l’attention portée aux sauces qui sont pilées dans des mortiers avec amour et procurent les bouquets de saveur inattendues.
Posted by Picasa

6.6.09

Mon rêve réalisé

Avant je devais faire 6 heures de voiture, traverser la frontière et dévaler la route 1 en bordure de l’Atlantique dans le Maine pour enfin manger un lobster roll (hot-dog de homard) dans un shack de bardeaux de cèdre éventé. Même si nous vivons dans un pays de homards le lobster roll était quasi impossible à trouver à Montréal avant hier. Ce matin, en revenant de 12km de course je croyais halluciner : au pied du quai des éclusiers au coin de ma rue il y avait une petite roulotte moderne avec un beau feu de bois à l’intérieur. Sur l’auvent il était inscrit : Muvbox, homard des îles. J’ai failli verser quelques larmes. Mais j’ai continué ma course en attendant l'heure du midi.
La nourriture de rue est la plus fascinante à explorer quand on voyage et au Québec elle est très rare, voilà pourquoi Muvbox est un endroit nécessaire. Le lobster roll est 8.95$ et il est délicieux, frais et composé de gros morceaux de homard rougissant sur un pain toasté comme sur la grillette de ma mère. Je me souviens d’en avoir mangé à 15$ de bien moins bons en Gaspésie. Ici la mayo est de qualité et les assaisonnements sont parfaits. Muvbox sert aussi de la chaudrée de palourde en tasse ou en bol pour l’effet Nouvelle-Angleterre total incluant les biscuits Westminster. G a choisi la pizza aux saucisses de canard du lac Brôme, la croute était mince et délicate et le canard semblait presque confit, une réussite également étonnante.
Muvbox est situé sur la promenade du Vieux-Port, si vous entrez par le quai Saint-Pierre, tournez à gauche et c’est à quelques mètres de là.

28.4.09

Antipasto

J’ai dormi avec la fenêtre ouverte hier soir, j’ai un coup de soleil sur les paupières et je suis sortie dehors sans mettre de bas. Le printemps est arrivé et mon nouveau truc préféré pour la nouvelle saison est l’antipasti. J’ai préparé ma première assiette vendredi dernier, elle était remplie de figues, de toasts de pain pita, de spek (prochuitto fumé) et d’humus. J’ai voulu saupoudrer l’humus de piment d’Espelette de contrebande que m’a donné mon frère, mais tout un tas est tombé du pot et a incommodé bien des mangeurs. J’ai accompagné le tout d’un vin blanc sec recommandé par le chroniqueur du journal The Gazette Bill Zacharkiw mon nouveau gourou. C’est un Sylvaner Crystal d’Alsace Dopff & Irion (14.90$ numéro SAQ 43422). Il en dit qu’il a des arôme de fleurs blanches ainsi que des notes de pêches et une minéralité qui fonctionne bien avec des huitres crues. Mon antipasti s’éloignait des accompagnements recommandés mais voilà, je n’ai pas l’habitude de boire du vin sec et cela était un bien beau changement pour la belle saison.
Samedi soir j’ai fait une assiette d’haricots fins dans une vinaigrette d’huile de sésame, de gingembre râpé, de sauce soya et de graines de sésame grillées. Il y avait également du humus, du spek et une botte de coriandre à envelopper dans les craquelins de pita. Le vin? Encore une suggestion de mon gourou, un riesling 2007 Bonheur Convivial Rieflé (17.70$ 10915327) Selon lui ça goûte l’Allemagne, les roches mouillées et les fruits jaunes avec une finale étonnante de pastèque.
Posted by Picasa

19.4.09

Qu’est ce qu’on mange?

J’arrive d’un aller-retour à Québec et je n’ai pas pu m’empêcher de faire un saut chez Jean Alfred Moisan épicier depuis 1871 sur la rue Saint-Jean. Mes quartiers préférés de Québec sont le quartier populaire de Saint-Roch dans la basse-ville au pied de l’Escalier du Glacis et la rue Saint –Jean côté moins touristique. Alfred Moisan épicier y a pignon sur rue depuis 1871 et est revitalisé en épicerie fine offrant un éventail de produits locaux dans un décor d’époque. Il va sans dire que j’ai fait une razzia. Saucisses de sanglier aux bleuets, saucisson de Chaudière-Appalaches joliment appelé « six pousses », pâté d’agneau au cari maison, salade de germinations, confiture d’oignons et canneberges, pain berbère, cidre aromatisé à la prune. Deux sortes de saumon fumé : celui de monsieur Émile des Iles de la Madeleine (à gauche sur la photo) et un deuxième de Gaspésie (à droite). Et à la caisse comment résister à une petite boite d’anis de l’Abbaye de Flavibourg et un calisson de Montélimar ? J’avais l’impression d’être dans une maison faite en chocolat. Ça sent le thé, il y a des carambars partout, de l’huile d’olive La belle excuse et 4 variétés de plum pudding.
Outre cela j’ai rencontré une dame de 76 ans, une force de la nature, elle est libraire et refuse de prendre sa retraite. Chaque soir elle ferme les portes de sa librairie et dit à son fils héritier qu’elle ne reviendra plus jamais mais chaque matin elle est là. Elle a une hantise foudroyante des week-end et ne tolère pas que son mari lui pose la question « Qu’est-ce qu’on mange? » Elle préfère retourner au travail où « Qu’est-ce que l’on mange? » n’est pas l’unique préoccupation. Une grande dame franchement inspirante qui raconte qu’à l’époque de la crise d’octobre elle devait se débarrasser de certains livres comme Nègres blancs d’Amérique à cause des visites répétées des policiers.
J.A.Moisan Épicier
699 rue Saint-Jean, Québec, Québec.

12.4.09

Itacate pour emporter

Tout ce que l’on mange raconte une histoire. Nouveau venu sur Beaubien Est, Itacate signifie pour emporter. Les travailleurs agricoles mexicains devaient se déplacer à plus d’une heure en cheval pour désherber les champs de maïs et bien-entendu ils ne pouvaient pas revenir à la maison le midi pour manger donc ils amenaient leur lunch plié dans une feuille de bananier. Itacate est une maison familiale : le fils est chef, le père maitre d’hôtel, la fille serveuse. La cuisine mexicaine n’est pas pour les gens qui surveillent leur ligne avec toute cette farine de maïs. Nous avons commencé par des gorditas de chicharron. Mini tortilla gonflés remplis de saucisse de porc, de cactus mariné, de coriandre et de fromage servis avec une salsa de tomatillo fraîche. Le tomatillo est une petite tomate verte sous une pelure de papier de la même famille que la cerise de terre et qui donne instantanément le goût du Mexique à toutes les sauces. Il y avait une guacamole très limée et chlorophyllée.
Le truc à commander absolument est la soupe crema de frijol (première photo). Crème de haricots noirs légèrement empourprés avec de fines lamelles de tortillas de maïs et du fromage émietté. Ensuite, enchilada de poulet avec mole. Le mole est la sauce traditionnelle mexicaine au chocolat, ce n’est pas pour tout le monde mais sachez qu’ici il est fait maison. Un fajita de bœuf rempli de piments rouges et verts est servi sur des tortillas de maïs avec de la crème sûre. Une variété de tacos sont également disponibles (tacos el pastor, tacos cochinita).

ITACATE
59 Beaubien Est
Montréal

6.4.09

Prêt à manger

Je cours dehors et j’écoute Stronger de Kanye West ces temps-ci. Je ne sais même pas quel est le sujet de la chanson : les faux sacs à main Christian Dior? En principe je déteste Kanye West, je ne comprends rien à ses lunettes avec des rayures en plastique. Mais voilà, c’est le printemps, il n’y a plus de règles. On peut bien faire ce que l’on veut. Pas besoin de se justifier.

Depuis maintenant trois semaines je suis abonnée à un étrange service de repas : pendant la nuit entre minuit et cinq heures du matin ya un mec qui vient porter une glacière avec mes repas pour la journée devant ma porte. Je ne sais pas encore quoi en penser mais je suis certaine que mes voisins rient de moi. Peut-être qu’ils pensent que c’est la banque alimentaire qui vient me porter des denrées non périssables…
Le traiteur est 21st Century food services. Le site web est en franglish. Les plats sont santé, bien confectionnés avec des aliments frais et des sauces spectaculaires. J’ai vraiment l’impression d’être Lindsay Lohan et d’avoir un chef privé que je ne vois jamais. Je suis souvent très agréablement surprise car j’ai même découvert des trucs que je ne connaissais pas comme le Kugel au miel et à la carotte (ci-haut), une sorte de quiche juive. J’ai gouté un très bon risotto au citron et légumes du printemps, des penne aux betteraves faites de blé entier avec une sauce au chèvre et mon plat préféré jusqu’à présent : le ceviche de tilapia mexicain. L’avantage de tout cela c’est principalement le contrôle des portions j’imagine. Mais voilà ce week-end j’ai encore pété les plombs. J’ai fait un gâteau sépharade aux dattes et à la cardamome et un pudding au chocolat mexicain (avec de la cannelle et du piment) car G disait souffrir de « carences alimentaires ».

Ce soir je mange des légumes thaïlandais dans une sauce au lait de coco, pas mal pour un lundi. Chaque repas santé est 9$ avant taxes. Demain, du bœuf grillé avec des nouilles soba. Mercredi un filet de tilapia au fenouil.
Posted by Picasa

29.3.09

Manger dans un casque de soldat

À 18 ans, pendant deux semaines j’ai eu un petit ami pakistanais et il m’avait fait la promesse de m’amener un jour à Lahore chez ses parent. Il était très grand avec une mâchoire carrée comme les acteurs de Bollywood et oui, il portait de ces affreuses chemises synthétiques à motifs criards. On appelle facilement ces survêtements des « chemises pakistanaises » et l’on en trouve facilement à Montréal sur la rue Jean-Talon Ouest. Cette portion de parc Extension peut être qualifiée de Little India maintenant mais il y a aussi quelques restaurant pakistanais. Dont le nouveau Moti Mehal qui lui est moitié-moitié.
Une des spécialités de Moti Mehal est le balti. Un curry du Pakistan kashmiri (une région à l’ombre de l’Himalaya) cuit dans un wok à base plate serti de deux poignées. L’ustensile de cuisine donne le nom au plat et on dit que l’origine de son utilisation va comme suit. Les soldats originaires de la ville de Mirpur utilisaient leur casque pour faire cuire leur repas sur le feu une fois la nuit tombée et le balti est né. C’est un curry minute plus aromatique et parfumé que ce que l’on connait. Le balti au poulet de Moti Melhal est citronné avec des pointes piquantes venant de minces allumettes de gingembre frais. Ça goûte le printemps et cela n’a rien à voir avec le poulet au beurre que l’on a habituellement comme réflexe de commander. À noter que le pain nan est très frais.
L’agneau aux épinards est également un bon choix chez Moti Mehal. Les épinards ferreux sont réduits en pâte. Le résultat est de la couleur inusitée d’une swompe, les morceaux d’agneau tendre s’y cachent et exultent tout leur collagène. C’est un plat qui donne des forces de Hulk. Sur le menu il est noté que toutes les viandes sont cuisinées « sans os ». J’aime manger mon balti en lisant le Urdu Times. Ce qui procure une expérience culturelle complète. C’est le premier et le plus important quotidien en Urdu d’Amérique du Nord. Il est principalement composé d’annonces d’avocats qui peuvent vous aider soit à immigrer au Canada, soit à contester vos contraventions.

Moti Mehal
1024 Jean-Talon Ouest
514 315-8801
Posted by Picasa

19.3.09

Cuisine impériale de Hué

L’année dernière a été marquée par la fabrication de notre jambon de Bayonne, cette année je vais mettre l’accent sur la découverte de restaurants à bas prix. La prémisse sera : Comment manger à Montréal pour moins de 20$ ? Déjà j’ai les yeux pleins d’eau. Les boui-bouis ethniques de la ville nous permettent de découvrir des cuisines épatantes dans des décors défraîchis.
Nhu Y sur Jean-Talon Ouest est un bon exemple. La plupart des restaurants vietnamiens de la ville rivalisent en soupe tonkinoise mais chez Nhu Y on sert la cuisine impériale de la ville de Hué. On y trouve la lotte à l’aneth, le saumon au caramel et ces brillantes crevettes frites sur nids de patates douces en forme de cœur. J’ai hâte d’y retourner pour gouter la soupe épicée au bœuf de style Hué ou la soupe de Cochinchine. Tous les plats sont servis avec une assiette de pluches d’herbes fraiches. On se croirait descendant la rivière des Parfums. J’avais des branches de coriandre, des feuilles de menthe et du basilic pourpre. Il y avait également des feuilles de shiso, une herbe fortement utilisée dans la cuisine de Hué, l’ancienne ville de la dynastie Nguyen où l’on dit trouver les plus belles filles du pays car elles ont toutes un peu de sang bleu.

Nhu Y
134 Jean-Talon Ouest
Montréal
514-948-8884
Posted by Picasa

14.3.09

Fraises d'hiver

Cette année j’étais convaincue que j’allais faire des sports d’hiver. Je me suis acheté des raquettes chez Canadian Tire le 30 novembre, mon frère et sa blonde m’ont donné des patins en cadeau. J’étais prête. Mais j’essuie un défaite écrasante contre l’hiver. J’ai fait de la raquette une seule fois et du patin une seule fois. Difficile à expliquer mais ma nuitée de patin m’a valu deux cicatrices permanentes d’une dizaine de cm chaque à la mi-mollet, vivement le temps des jupes. Donc samedi et dimanche dernier (ainsi qu’aujourd’hui) je suis allée courir sur le bord du canal Lachine dans la neige-sloche-lacs d’eau : 12km. Il en résulte que je suis presque incapable de me lever de ma chaise en ce moment. Je dois être possédée pour avoir fait le trajet en entier, à certains endroits je calais à mi-jambe.
Donc, incapable de cohérence comme d’habitude j’ai cuisiné plein de trucs par la suite dont ces patates suédoises qui font changement : mettre chaque patate dans une cuiller en bois et l’inciser plusieurs fois pour ne pas couper entièrement et créer un éventail. Enfourner avec du sel et de l’huile d’olive.
Ensuite il est arrivé un truc étrange avec le calice en verre rubis (vase liturgique) procuré cet hiver à l’église hongroise de Montréal pour 50 cents, un pot de Hangen-Daz à la vanille, quelques amis que je ne nommerai pas et de l’alcool de fraises des bois cueillies à la main par des petites italiennes. Voilà, ce que nous avons fait: nous nous sommes enivrés avec du dessert. L’alcool en question contient de vraies fraises et se nomme Fragoli. Versé sur de la glace à la vanille c’est formidable et ça rivalise avec n'importe quel dessert compliqué. Il y a eu un phénomène d’entrainement, on versait de grands lacs dans nos coupes, vite il ne restait plus de glace et on s’engueulait au sujet de la série BD American splendor écrit par Harvey Pekar . Soudainement quelqu'un s'est écrié : Ya 24% d’alcool là-dedans. Malheureusement j’avais également préparé des jellos de chardonnay aux framboises (ci-haut). Nul va sans dire qu’il n’y a pas eu de consensus. Le film est-il meilleur que la BD? La question est encore dans l'air.

7.3.09

Les amateurs de piments sont des tigres de papier

La nuit dernière j’ai rêvé que j’étais mariée avec l’écrivain F. Scott Fitzgerald mort en 1940. C’est étrange car ce n’est pas un écrivain que j’affectionne particulièrement. C’est peut-être un rêve provoqué par l’ingestion d’une trop grande quantité de poivre du Sichuan. Hier j’ai eu la grande chance de découvrir un fabuleux resto dans un demi-sous-sol où mangent les étudiants chinois de Concordia : Maison Szechuan. Ceux qui n’aiment pas les piments forts abstenez vous. En plus, le poivre du Sichuan provoque un léger engourdissement de la langue et picote quand il glisse dans le gozier. Les trois premières fois que j’en ai mangé il était intégré à une enveloppe de soupe coréenne et je croyais être allergique à un des ingrédient dans le mélange, que j’allais y passer que mon larynx allait se refermer. Le poivre du Sichuan a des vertus anesthésiantes causées par la présence de 3% d’hydroxy-alpah-sanshool. Ce n’est pas un ingrédient pour les téméraires. Il faut noter que la Chine n’est pas pour les peureux, le grand poète Mao a provoqué la mort par la famine de 30 millions de Chinois.

Le plat magique chez La maison Szechuan est le poulet et fleur de tofu. Une base de tofu soyeux noyé dans un bouillon profond, riche, rouge carmin savant mariage de poulet émincé et échalotes vertes où flottent une dizaine de piments et des branches de poivre du Sichuan. Le tofu vient légèrement éteindre le feu provoqué par le reste mais l’ensemble a un goût vaguement citronné. J’ai également adoré une salade dont j’oublie le nom qui était composée de champignons noirs qui ressemblent à des oreilles d’éléphants frisées et que l’on nomme « black fungus » en anglais. Une salade très noire, pas très photogénique mais qui provoque des larmes à l’ingestion. La vinaigrette pimentée était une émulsion de sauce soya, d’ail et de coriandre fraîche. Le gendre de truc qui semble bien simple mais qui est impossible à reproduire à la maison. La maison Szechuan sert également des oreilles de porc en fines tranches. Pour amateurs de sensations fortes.

La maison Szechuan
2350 rue Guy
514-933-5041

2.3.09

Cuisine moléculaire

J’ai tenté ma première recette du livre de Grant Achatz, le chef d’Alinea à Chicago. C’est la plus simple mais il me manquait cependant un antigridle ou surface nitrogénée congelante pour la compléter parfaitement. Le recettes du livres portent des noms décomposés : Cristaux de saumon du pacifique sur crème sure, pelure de poivre rose et oiselle. C’était bon mais l’oseille n’étant pas en saison elle avait un goût de laitue plus qu’autre chose. La crème sure a été mélangée avec 0.3 oz de sirop de sucre, du sel et réfrigérée dans une bouteille à pression. Ne me demandez pas comme j’ai fait pour peler les poivres roses. Le résultat est une entrée qui a surtout comme effet principal d’alimenter la conversation.
En même temps on apprenait via The Independent qu’un des meilleurs restaurants du monde, le Fat Duck de Londres, leader dans la cuisine moléculaire vient de fermer temporairement à cause d’inquiétudes liées à une quarantaine d’intoxications alimentaires la semaine dernière. Yikes.

17.2.09

Mangez de la nourriture. Pas trop. Surtout des plantes.

La cuisine moléculaire n’existe pas vraiment à Montréal. Nous n’avons pas de restaurant qui offre de cette cuisine spectacle comme le El Bulli de Ferran Adria en Espagne, le Fat Duck en Angleterre ou Alinea à Chicago. Je suis un peu suspicieuse de la cuisine moléculaire Micheal Pollan tente de nous apprendre à manger plus sainement depuis quelques années en nous disant de manger de « vrais aliments », mais pour faire de la cuisine moléculaire nous devons utiliser de la lécithine de soya ou du ultra-tex3 ou encore du methocel F50.C’est comme si nous injections notre nourriture de ces ingrédients peu souhaitables que l’on retrouve dans les aliments pré-emballés. Mis à part cela, j’ai passé le week-end dernier à lire le livre Alinea du chef Grant Achatz du restaurant éponyme à Chicago. Il y a peut-être deux recettes que je tenterais chez moi (entre autres le cuir de fruit de la passion), le reste semble difficile sans des instruments de laboratoire et des ingrédients chimiques. Le bacon sur la berceuse métalique est de lui. Tout de même certaines recettes sont décrites avec les termes suivants « comme se faire injecter du persil dans le cortex cérébral » Mium.

Pour le reste, tout mangeur qui se respecte devrait lire les livres de Micheal Pollan. Ce qu’il raconte dans In defense of food est tellement simple et vrai qu’on l’oublie et on doit le lire et le relire sans arrêt. J’ai donc mangé de la vraie nourriture ce week-end : une courge au four avec de la canelle vietnamienne et des graines de corriandre.

Du couscous israélien trouvé au Marché des douceurs à Atwater (les grains sont légèrement surdimentionnés et font une salade parfaite).
Et le pain aux abricots noirs du Cartet sur McGill. Wait a minute, aucuns de ces éléments sauf la courge sont des plantes. Soupir. Je dois retourner lire Micheal Pollan. J'aimerais être Micheal Pollan, lui et ses amis de Berkeley doivent vraiment avoir du fun avec le French Laundry comme mangeoire du dimanche et le vent du Pacifique qui sale l'air qu'ils respirent. Y peuvent bien écrire des bons livres.
Posted by Picasa