20.12.08

Juni

Ce matin au YMCA pendant que je courrais sur le tapis roulant les petites madames chinoises dansaient avec de longues épées en argent. Les gens sur les tapis roulants applaudissaient. Un peu plus tard elles ont sorti de grands éventails de soie et de dentelle et on fait une autre danse en faisant claquer les éventails ou en les lançant dans l’air pour les rattraper (certaines moins habituées les échappaient). J’ai trouvé cela très émouvant et ça m’a fait verser quelques larmes sur le tapis. J’ai eu l’impression que ces gens-là sont tellement plus évolués que nous les occidentaux mal dégrossis.

Jeudi je devais manger chez Buvette chez Simone avec une amie mais il y avait tellement de monde, même au bar (trois personnes de profond) que nous avons dû tourner les talons. Derrière nous il y avait même un acteur connu (Jack Carter pour ne pas le nommer) qui a dû rebrousser chemin avec ses huit amis. Je n’ai jamais vu autant de monde. Nous avons donc rapidement mis le cap vers Juni sur Laurier pour manger des sushis. Le chef du Juni est l’ancien du défunt Soto sur McGill où j’avais mangé un oursin de mer qui avait frappé mon imaginaire en 2001. On a eu de la chance de trouver une place chez Juni après avoir esquivé un chasse-neige sur Laurier et nous avons pu vite enfiler un martini au yuzu, un agrume japonais aux arômes de mandarine sur l’acide.

Pour débuter nous avons partagé un mimosa de fruits de mer, c'est-à-dire une mini salade de pétoncles, mactres d’Amérique, pieuvre et crevettes nageant dans un jus frais de yuzu et de champagne. Ensuite un tartare de thon rouge en verrine magnifié par des œufs de poisson volant rouges comme des rubis.

En sushi nous avons choisi un crabe à carapace molle aux épices cajun, habituellement j’ai peur des trucs hybrides de la sorte mais j’ai adoré. Pour moi c’était une première et le crabe que l’on avale entièrement avec la carapace est une idée de géni rivalisant avec celle du gars qui s’est dit un jour « Tiens. On devrait manger les bêtes à l’intérieur des coquilles d’escargot ». Et il y a eu l’oursin qui n’était pas nu ou servi simplement pelé et gorgé de yuzu, l’oursin était jaune et réduit en purée et il a même fait grimacer mon amie. Ce n’était pas le même oursin que j’avais mangé jadis et je me suis mise à croire que ce que j’avais mangé chez Soto n’était peut-être pas un oursin. Peu importe. Ensuite on a vu le serveur poser une très belle assiette sur une table voisine et on a demandé la même, c’était une des spécialités de la maison, le B-52, c'est-à-dire : thon rouge, rice crispies (oui, riz soufflé), avocat et mayo. Nous avons bu un saké laiteux (alcool de riz grossièrement filtré) servi dans une jolie bouteille rose. Le saké monte vite à la tête malgré ses 12% d'alcool. J'ai vu deux personnes distinctes tomber en bas de leur chaise pendant la soirée. Le chef, lui, était présent du début à la fin derrière le bar, un homme magnifique, discret avec une retenue toute japonnaise.

Juni
156 Laurier Ouest
Montréal
514-276-5864

1 commentaire:

frida a dit…

Ce fut épatant (quoique pour moi, le Tri Express reste au Top!), mais ce fut surtout une belle soirée car j'étais avec ma chère amie qui ouioui, m'a offert en cadeau de Noel un vin aromatisé maison dans une caisse de clémentine, je l'adore!
Joyeuses fêtes!
xxx