13.12.08

Boire comme des ivrognes et manger comme des curés

J’ai un peu de grippe saisonnière. Mais c’est quand même le mois de décembre et il faut en profiter pour boire comme des ivrognes et manger comme des curés. Hier je suis allée au Local à deux coins de rue de chez moi avec G.
Je ne sais pas d’où viennait tout ce beau monde mais je n’ai pas l’habitude de les croiser dans mon quartier. Ce sont des gens habillés de fils de soie et de complets italiens. Des femmes sublimes arrivaient de magasiner et cachaient sous leur table deux énormes sacs de course Chanel. Je ne saurais même pas où me procurer du Chanel à Montréal à part chez La Baie. Il y avait aussi plein de monde avec des manteaux Arctic program de Canada Goose. Mon frère m’avait dit d’acheter celui là mais il en restait que des blancs. Il paraît que c'est la mode dans le Pôle Nord. North Face ça fait 450 supposément.
Mis à par la garde-robe enviable des clients du Local, les serveuses sont en jeans et elles sont super fines, décontractées et professionelles. Il faut le dire, la cuisine du Local est mirobolante. Il faut aussi dire que G est un être blasé, exigent et français. Il lève les yeux au ciel fréquemment indigné par les plats que je lui prépare mais Le local a passé le test haut la main. Il a mangé du foi de veau parfaitement rosé et il n’a pas rechigné. C’est presque un miracle. C’était aussi bon que dans sa France chérie. Ça me fait bien rire, personnellement je chigne rarement car j’ai été élevée dans un milieu modeste et je me sens privilégiée d’être en vie. En entrée j’ai choisi la salade de betteraves. Habituellement les betteraves font penser à Srebenica, aux femmes avec des fichus sur la tête et aux tickets de rationnement yougoslaves. Mais au Local la salade de betteraves était fraîche, les betteraves roses se mélangeaient aux lardons, aux haricots fins et au chèvre, le tout lié d’huile de truffe et certi d’un œuf au panko qui allait laisser s’échapper une lave jaune et onctueuse. G a choisi en entrée une terrine de bédaine de porc confite. Ensuite, j’ai choisi un tartare de cerf de boileau coupé au couteau. La viande de cerf crue est habituellement mangée par des amérindiens à même la carcasse dans les forêts de l’Abitibi (le cœur qui bat encore est réservé à celui a abattu la bête) et je l’ai choisi pour me donner des forces pour survivre à l’hiver. Au Local le tartare était assis sur une crème de câpres et de cornichons fins, accompagné d’une quantité de frites digne d’une roulotte à patates mais parfaitement cuites à la graisse d’oie puis submergé d’une salade vivante parfaitement assaisonnée. Le Local est à la mode mais la cuisine est authentique? Oui, et c’est un cas rare.

LE LOCAL
740 william
Montréal
H3C 1P1
T 514 397 7737

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