24.12.08

Pour Noël : Apéritif à la sauge et tarte rapide aux cerises Bing

L’an dernier j’ai vu dans le métro de Paris des publicités gouvernementales qui sermonnaient la population « Il est préférable de ne pas boire plus d’un litre de vin par jour ». Cela en dit long sur les quantités consommées. J’ai quand même l’impression de jamais avoir vu un français saoul de ma vie, mis à part les sans-abris (qui souvent portent des cravates). Je les ai vus heureux et exubérants mais jamais saoul. Le vin fait partie du guide alimentaire en France. Le vin informe leur amour de la conversation. Les Français tendent à philosopher et spéculer en buvant du vin. Jean Michelet croyait que la révolution française a été provoquée par une diminution dans la consommation de vin et une augmentation dans la consommation de café et de cigarettes. Le café et les cigarettes stimulent le côté rationnel alors que le vin stimule l’émotion. Le vin est encore utilisé aujourd’hui en France comme médicament. Ils donnent couramment du vin avec du miel aux enfants pour guérir la toux.
J’avais l’intention de faire du vin cuit pour Noël mais je n’ai pas encore eu le temps. J’ai cependant deux solutions rapides pour des cadeaux faits maison un peu originaux. Premièrement un apéritif sicilien à la sauge facile à faire et qui nécessite peu d’ingrédients. Dans une bouteille de vin rosé insérez six feuilles de sauge et le zeste d’un citron, laissez à température ambiante pendant 24 heures avant de filtrer et de réfrigérer quelques heures. Ça donne un apéritif aux arômes plus acidulés que sucrés avec un nez d’herbes très particulier. J’en ai fait trois bouteilles et déjà j’en fais mauvais usage : chaque soir je m’en verse une lampée avant de dormir.
Deuxièmement une tarte coco cerise à injecter l’esprit des fêtes dans les veines de n’importe quel grincheux.

Tarte minute aux cerises de Noël

250 gr de cerises Bing
1 tasse de farine de blé entier
2 tasses de noix de coco séchée non sucrée (divisé)
1 tasses de gruau nature à cuisson rapide
1 tasse de sucre brun (divisé)
¼ de tasse de beurre fondu
Deux blancs d’oeuf

Préchauffez le four à 350 degrés et beurrez un moule à tarte. Dénoyautez 250 gr de cerises bing. Dans un bol mélangez 1 tasse de farine de blé entier, 1 tasse de noix de coco séchée non sucrée, ½ tasse de sucre brun, ¼ de tasse de beurre fondu. Versez le mélange dans le moule pour faire une croute et enfournez 15 minutes.

Pendant ce temps mélangez 1 tasse de gruau à cuisson rapide, 1 tasse de noix de coco séchée non sucrée, ½ tasse de sucre brun et deux blanc d’œuf.

Une fois la croute sortie du four rependez les cerises sur sa surface et ajoutez-y le mélange coco-gruau en laissant percer quelques cerises à la surface pour le décorum de noël. Enfournez 20 minutes.
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20.12.08

Juni

Ce matin au YMCA pendant que je courrais sur le tapis roulant les petites madames chinoises dansaient avec de longues épées en argent. Les gens sur les tapis roulants applaudissaient. Un peu plus tard elles ont sorti de grands éventails de soie et de dentelle et on fait une autre danse en faisant claquer les éventails ou en les lançant dans l’air pour les rattraper (certaines moins habituées les échappaient). J’ai trouvé cela très émouvant et ça m’a fait verser quelques larmes sur le tapis. J’ai eu l’impression que ces gens-là sont tellement plus évolués que nous les occidentaux mal dégrossis.

Jeudi je devais manger chez Buvette chez Simone avec une amie mais il y avait tellement de monde, même au bar (trois personnes de profond) que nous avons dû tourner les talons. Derrière nous il y avait même un acteur connu (Jack Carter pour ne pas le nommer) qui a dû rebrousser chemin avec ses huit amis. Je n’ai jamais vu autant de monde. Nous avons donc rapidement mis le cap vers Juni sur Laurier pour manger des sushis. Le chef du Juni est l’ancien du défunt Soto sur McGill où j’avais mangé un oursin de mer qui avait frappé mon imaginaire en 2001. On a eu de la chance de trouver une place chez Juni après avoir esquivé un chasse-neige sur Laurier et nous avons pu vite enfiler un martini au yuzu, un agrume japonais aux arômes de mandarine sur l’acide.

Pour débuter nous avons partagé un mimosa de fruits de mer, c'est-à-dire une mini salade de pétoncles, mactres d’Amérique, pieuvre et crevettes nageant dans un jus frais de yuzu et de champagne. Ensuite un tartare de thon rouge en verrine magnifié par des œufs de poisson volant rouges comme des rubis.

En sushi nous avons choisi un crabe à carapace molle aux épices cajun, habituellement j’ai peur des trucs hybrides de la sorte mais j’ai adoré. Pour moi c’était une première et le crabe que l’on avale entièrement avec la carapace est une idée de géni rivalisant avec celle du gars qui s’est dit un jour « Tiens. On devrait manger les bêtes à l’intérieur des coquilles d’escargot ». Et il y a eu l’oursin qui n’était pas nu ou servi simplement pelé et gorgé de yuzu, l’oursin était jaune et réduit en purée et il a même fait grimacer mon amie. Ce n’était pas le même oursin que j’avais mangé jadis et je me suis mise à croire que ce que j’avais mangé chez Soto n’était peut-être pas un oursin. Peu importe. Ensuite on a vu le serveur poser une très belle assiette sur une table voisine et on a demandé la même, c’était une des spécialités de la maison, le B-52, c'est-à-dire : thon rouge, rice crispies (oui, riz soufflé), avocat et mayo. Nous avons bu un saké laiteux (alcool de riz grossièrement filtré) servi dans une jolie bouteille rose. Le saké monte vite à la tête malgré ses 12% d'alcool. J'ai vu deux personnes distinctes tomber en bas de leur chaise pendant la soirée. Le chef, lui, était présent du début à la fin derrière le bar, un homme magnifique, discret avec une retenue toute japonnaise.

Juni
156 Laurier Ouest
Montréal
514-276-5864

13.12.08

Boire comme des ivrognes et manger comme des curés

J’ai un peu de grippe saisonnière. Mais c’est quand même le mois de décembre et il faut en profiter pour boire comme des ivrognes et manger comme des curés. Hier je suis allée au Local à deux coins de rue de chez moi avec G.
Je ne sais pas d’où viennait tout ce beau monde mais je n’ai pas l’habitude de les croiser dans mon quartier. Ce sont des gens habillés de fils de soie et de complets italiens. Des femmes sublimes arrivaient de magasiner et cachaient sous leur table deux énormes sacs de course Chanel. Je ne saurais même pas où me procurer du Chanel à Montréal à part chez La Baie. Il y avait aussi plein de monde avec des manteaux Arctic program de Canada Goose. Mon frère m’avait dit d’acheter celui là mais il en restait que des blancs. Il paraît que c'est la mode dans le Pôle Nord. North Face ça fait 450 supposément.
Mis à par la garde-robe enviable des clients du Local, les serveuses sont en jeans et elles sont super fines, décontractées et professionelles. Il faut le dire, la cuisine du Local est mirobolante. Il faut aussi dire que G est un être blasé, exigent et français. Il lève les yeux au ciel fréquemment indigné par les plats que je lui prépare mais Le local a passé le test haut la main. Il a mangé du foi de veau parfaitement rosé et il n’a pas rechigné. C’est presque un miracle. C’était aussi bon que dans sa France chérie. Ça me fait bien rire, personnellement je chigne rarement car j’ai été élevée dans un milieu modeste et je me sens privilégiée d’être en vie. En entrée j’ai choisi la salade de betteraves. Habituellement les betteraves font penser à Srebenica, aux femmes avec des fichus sur la tête et aux tickets de rationnement yougoslaves. Mais au Local la salade de betteraves était fraîche, les betteraves roses se mélangeaient aux lardons, aux haricots fins et au chèvre, le tout lié d’huile de truffe et certi d’un œuf au panko qui allait laisser s’échapper une lave jaune et onctueuse. G a choisi en entrée une terrine de bédaine de porc confite. Ensuite, j’ai choisi un tartare de cerf de boileau coupé au couteau. La viande de cerf crue est habituellement mangée par des amérindiens à même la carcasse dans les forêts de l’Abitibi (le cœur qui bat encore est réservé à celui a abattu la bête) et je l’ai choisi pour me donner des forces pour survivre à l’hiver. Au Local le tartare était assis sur une crème de câpres et de cornichons fins, accompagné d’une quantité de frites digne d’une roulotte à patates mais parfaitement cuites à la graisse d’oie puis submergé d’une salade vivante parfaitement assaisonnée. Le Local est à la mode mais la cuisine est authentique? Oui, et c’est un cas rare.

LE LOCAL
740 william
Montréal
H3C 1P1
T 514 397 7737

9.12.08

-20 degrés Celsius, -30 degrés avec le facteur éolien un jour d’élection ?

L’hiver commence sa mission pour nous abattre et il faut résister. Sortez les potions magiques et les cures de jouvence. Cotisez-vous pour m’acheter des ski de fond si vous ne voulez pas me perdre. Dans toutes les épiceries que je visite ces jours-ci il y a de grands bacs remplis de pommes-grenades pour nous aider à survivre. La grenade est un fruit mystérieux, sensuel, riche en antioxydants. C’est un fruit magnifique qui donne l’impression de manger le cœur de celui qu’on aime. Une grenade momifiée a même été trouvée dans la tombe de Djehuty le suiteur de la reine Hatshepsut (18e dynastie Égypte ancienne). Les juifs disent que le fruit interdit mangé par Eve dans le jardin de l’éden n’était pas une pomme mais une grenade. On en trouve également dans l’Himalaya. J’aimerais bien voir un verger de grenadiers. On dit qu’il y en pousse à l’état sauvage en Arménie sur la côte de la mer noire. Anyway, la grenade est utilisée au Mexique et j’ai fait des Chiles en nogada (piments farcis sauce aux noix) ce week-end. C’était super. Il faut dire que je déteste les piments farcis habituellement mais ici avec des piments poblano la potion était magique. Dépaysement assuré.
Chiles en nogada

4 piments verts rôtis pelés et vidés (préférablement poblano)
250 gr de porc haché
1 pomme en dés
1 pêche en quartiers (oui, une pêche, voulez-vous que ce soit authentique ou pas?)
une poignée de raisins secs et de noix de pin
1 oignon en dés
4 tomates en quartiers
2 gousses d’ail émincées
200 ml de crème
100gr de noix de Grenoble
1 grenade épépinée
coriandre fraîche
cannelle

Faites revenir la viande à feu vif avec l’oignon, les tomates, une pincé de canelle et l’ail. Faites revenir 5 minutes et ajoutez la pomme, la pêche, les raisins et les noix de pin pour ensuite cuire 30 minutes. Farcissez les poivrons. Passez la crème et les noix de Grenoble au blender et faites chauffer à feu doux. Servez les piments farcis recouverts de sauce à la noix, de graines de grenade et de pluches de coriandre.

6.12.08

Saint-Pétersbourg PQ

Je crois qu’ils étaient un peu étonnés de nous voir arriver. Une charmante épicerie-café russe sur Sherbrooke ouest. L’entrée est sertie d’une surabondance de bonbons de l’ex URSS, mini poupées matriochkas en chocolat, barres de nougat avec général de l’armée rouge sur l’emballage, biscuits en forme de kremlin. Ensuite il y a le comptoir charcuterie, les pains noirs, les baies de sureau congelées. Dans le café adjacent nous nous sommes assis à une table devant la télé fixée à une chaine moscovite populaire et nous avons commandé à la jeune serveuse timide et magnifique de beauté sous son fichu. Borscht russe, c'est-à-dire soupe de chou fumante avec une légère teinte rosée laissée par la betterave dans laquelle on laisse tomber une cuillère de crème sure maison fraîche et lourde. Cette crème calorique est leur condiment officiel et accompagne presque tous les plats. Crèpe dorée et moelleuse farcie au veau dont le menu offre également des variations sucrées pour le dessert. Perogies à la patate (raviolis russes) cuits dans un bouillon et agrémentés de salade de carottes piquante. La commande de mon frère, un sandwich au pain noir a créé un léger moment de panique burlesque. Le propriétaire lui-même avec sa clip de cellulaire à l’oreille, son manteau en agneau retourné et ses bagues en or est venu lui dire qu’il leur restait que du « Moscow ham » pour les sandwichs. Mon frère a acquiescé. Nous sommes repartis avec des produits d’épicerie divers : un salami gitan fraîchement tranché par la jeune vierge, un carton de yaourt kéfir au cassis (photo), des biscuits en forme de poupées russes, un petit pot de cette crème sure onctueuse et la salade de carottes râpées exquise qui a provoqué en moi le même engouement que les carottes marinées vietnamiennes.

Épicerie Saint-Petersburg
5584A rue Sherbrooke Ouest


3.12.08

The damage done


Je suis allée voir Neil Young au Centre Bell avec mes frères et leurs blondes lundi. C’était le spectacle d’une vie.
Juste avant on a mangé des fish and chips au Ye Old Orchard sur de la Montagne. J’aime beaucoup l’ambiance et la nourriture d’hommes des pubs irlandais (ragout à la bière noire, cari sri lankais, boss burger). On y boit des Kilkenny crémeuses, caramélisées et nourrissantes. J’essaye de rééquilibrer mon alimentation depuis. Bouillons clairs et purée de citrouille chinoise. Mais Neil Young me manque.

2.12.08

Lucha libre

Mon frère va passer le premier de l’an au Mexique. Chanceux. J’espère qu’il va me ramener un masque de luchadores. On devrait partir une fédération de lutte mexicaine dans les sous-sol d’église à Montréal, ça fonctionnerait à planche. Ça pourrait être un passe temps amusant qui impliquerait un nouveau costume tous les jours.

Mis à part cela, je suis fortement influencée par la découverte d’un nouvel ingrédient mexicain disponible dans la section tacos-nachos-buritos de mon épicerie Métro. La conserve de piments chipotle (jalapeno fumé, 10 000 unités de scoville) en sauce adobo. C’est parfait pour faire un bouillon piquant piquant et savoureux sans utiliser trop de sel ou du bouillon préparé.

Soupe aux fèves de lima piquante pour luchadores

Faire bouillir six tasses d’eau avec une bulbe complet d’ail étêté pendant 15 minutes. Y vider une conserve de fèves de lima préalablement rincée. Faire revenir dans un poêlon avec un peu d’huile d’olive un oignon en rondelles, trois piments chipotle en sauce adobo et deux cuillères de sauce de la conserve. Retirez la tête d’ail du bouillon. Verser les oignons et les piments dans le bouillon. Cuire 15 minutes, retirer du feu et ajouter le jus d’une lime.