26.11.08

C’est le temps des poireaux et je suis due pour une cure d’une semaine ou croustade aux fruits des champs

Hier en sortant du travail dans la pluie-neige j’ai acheté un sac de fruits des champs congelés, il contenait 4 tasses de mures noires, de framboises, de fraises et de bleuets. Les fruits venaient du Chili, j’étais un peu déçue de lire cela sur l’emballage en passant à la caisse, j’ai toujours des visions de paysans la peau tannée par le soleil qui cueillent les fruits avant de les envoyer dans des usines de transformations étranges pour la congélation pour ensuite imaginer le transport en train et camion vers mon IGA. J’ai réalité sur le tard que les légumes congelés Arctic Garden que j’ai consommé pendant tout l’hiver dernier provenaient de Chine et avaient donc voyagé en container en partance du port de Shenzhen. Tout cela est bien dommage et me donne envie d’aller visiter ces potagers industriels pour voir comment ça se passe pour eux là-bas.
Aussitôt arrivée chez moi, j’ai versé les 4 tasses de fruits des champs dans l’assiette à tarte « lait carnation » que j’ai volé à ma mère il y a deux ans et je les ai mélangés avec un peu de sucre et de la fécule de maïs. Dans un bol j’ai mélangé une tasse de gruau, ½ tasse de farine, ½ tasse de cassonade, ½ tasse d’amandes effilées, ½ de beurre fondu et un peu de cannelle. J’ai recouvert les fruits de cet appareil de gruau et enfourné 25 minutes à 400 degrés. Le résultat était plus que concluant : une croustade napée d’une sauce noire, riche et fruitée. Juste pour la fameuse couleur ça vaut la peine de l’essayer. Donc voilà après des mois d’ascétisme, je mange du dessert matin midi et soir. Je n’ai jamais vraiment aimé les desserts de ma vie. J’imagine que c’est une conséquence directe d’avoir arrêté de fumer (depuis un an en décembre), boire (depuis quelques mois mais je planifie recommencer à noël) et manger du sel (2 ans en janvier). Pendant que la croustade aux mûres cuisait j’ai fait des biscuits moelleux aux abricots, pistaches et graines de lin. ici

22.11.08

Tokyo-Helsinki-Budapest

Ce matin j’ai visité le bazar finlandais à l’église évangélique luthérienne sur Dr Penfield et le bazar japonais dans l’Église Mountainside à Westmount. Les deux évènements étaient fades, reflétant peu les éléments de leur culture respective. Alors que je m’attendais à voir des barriques de hareng fermenté qu’on me tartinerait sur du pain noir, des livres publiés à Helsinki et des lainages traditionnels, j’ai vu des faux Vuitton et des poinsettia. J’ai tout de même déniché du gâteau aux cerises maison avec crémage décoratif fabriqué par les femmes de l’association finlandaise. Du côté japonais : faux sushis végétariens avec légumes bouillis, quelques ornements en origami mais rien de plus.
Dimanche dernier cependant j’ai été apprivoisée par la communauté hongroise. Les hongrois sont des vendeurs nés. Dans le sous-sol de l’église Hungarian United (la photo), j’ai mangé un bol de goulash (soupe de bœuf avec pâtes courtes) et partagé une assiette de saucisse-debreceni-choucroute-patate-et-deux-pickles avec G, après il y avait des crêpes à la confiture de cerises ou des beignes maison mais nous avons capitulé. Le tout servi dans un cabaret en plastique vert. Quand votre commande est prête , ils appellent votre numéro au micro. C’est tellement magnifique de gouter à des spécialités maison. C’est comme avoir un nouveau chum exotique et être invité à souper chez sa mère un dimanche. Disons que je ne mange pas hongrois tous les jours. Une dame vendait des cigares aux choux mais quand nous sommes passés elle avait déjà tout écoulé. Je me suis donc procuré un gâteau aux fruits tellement lourd d’alcool que la vendeuse a blagué avec un accent du Danube : " Don't drive after eat cake." Vu que nous étions près de l’heure de fermeture, tout le monde essayait de se débarrasser de leurs produits, j’ai acheté une vieille théière art déco pour 2$ et trois pots de confiture dont une gelée au chardonay tout à fait étonnante.

21.11.08

Toad in the hole

Ma mère appelait cela des nids d’oiseau. Un œuf frit ou brouillé simplement cuit dans le trou d’une tranche de pain. Le trou est taillé avec un verre. Ça impressionne les enfants j’imagine et c’est très populaire en Grande Bretagne où on appelle ce genre de toasts « toad in the hole » ou « eggs in the basket » et a été remis à la mode par Natalie Portman dans le film V for Vendetta.

16.11.08

Au royaume de Norvège

Je me suis réveillée hier et des feuilles de papier calcinées tombaient du ciel pour former une mince couche de débris sur les voitures. La réalité dépasse toujours la fiction. Au début, j’ai cru, ça y est, l’apocalypse. Mais LCN m’a vite rassurée en indiquant qu’un entrepôt de recyclage avait pris feu à quelques km de chez moi. Par delà le bien et le mal, j’ai eu la chance de visiter un Bazar norvégien dans le sous-sol de l’église norvégienne de Lachine. J’ai adoré, j’ai même acheté des mitaines viking tricotées à la main que je porterai tout l’hiver bien sûr. Il y avait aussi des sommes importantes de victuailles. Les gens s’arrachaient les fromages jalsberg, j’en ai déniché un ultimement bizarroïde, un fromage de chèvre de couleur café-au lait qui porte le nom de Ekte Geitost!
J’ai beaucoup appréciée la vibration norvégienne, très différente de notre enflure latine, une attitude modeste et nerveuse, presque timide. On imagine des soirée passées près du feu en mangeant des tartes à l’airelle avec des chandails de laine à motifs flocon. Cette retenue toute norvégienne est émouvante et nouvelle. Au centre du bazar il y avait de grandes tables communales où l’on pouvait déguster des plats simples préparés sur place et échanger avec les gens de la communauté. J’ai choisi la tartine de saumon fumé rehaussée d’un œuf brouillé. Sinon il y avait des tartines de hareng et des gâteaux à la pâte d’amandes. C’était adorable.

En Europe la tradition des marchés de noël fait date. Ici les diverses communautés continuent leurs bazars jusqu’au début décembre. Aujourd’hui (dimanche le 16 novembre de 11h à 17h ) il y a le Bazar arménien à Saint-Laurent (Amenian General Benevolent Union au 805 Manoogian).

11.11.08

Salade de tofu soyeux

J’habite tout près du quartier chinois et je vais y faire des courses une fois par semaine. Je suis tombée dans le tofu que tout récemment et je connais beaucoup de gens qui ne m’adresseront plus la parole après cette confession. J’aime le tofu. C’est un peu proscrit dans les cercles dans lesquels j’évolue. Mais voilà, j’aime le tofu ferme de la marque avec les deux petits pandas sur l’emballage, je le fais sauter dans un peu d’huile de sésame avec du gingembre frais, de l’ail et des échalotes vertes. C’est simple et c’est bon. Ce week-end j’ai découvert le tofu soyeux à manger en salade. J’ai placé un cube de tofu silken dans une mare de sauce ponzu (sauce soya japonaise au citron) et j’y ai ajouté une salade de concombre aux algues. C’était épatant.

10.11.08

Les bazars de Noël ou Kielbasy polski

Les deux gardiens de nuit à mon bureau sont nés dans la ville d’Auschwitz en Pologne bien après la guerre. Je les connais peu, il y en a un qui est toujours entrain de lire l’Ancien Testament à la lueur d’une lampe un peu ancienne. J’ai fait un tour au bazar polonais de l’église Saint-Antonin à NDG dimanche et c’était très amusant. J’adore les sous-sol d’église, celui-ci était plein à craquer de marchands qui me parlaient polonais comme si j’étais née à Auschwitz moi aussi.
Il y avait des livres partout, des saucisses suspendues au plafond, des brioches aux fruits confits, des pains en forme de feuilles, des babka deux couleurs, des dames pomponnées qui vendaient des perogis, des gâteaux maison, des nappes brodées au petit point et d’énormes bagues de zircon teinté en forme de poire, scarabée, coccinelle. Les diverses communautés d’Europe de l’est orchestrent des bazars de noël un peu partout à Montréal d’ici la fin novembre qui procurent des immersions privilégiées dans des cultures culinaires souvent rustiques mais toujours nouvelles. Je suis rentrée chez moi avec un gâteau en forme de couronne lourd de figues avec lequel je pourrais survivre 40 jours dans un abris nucléaire avec 40 personnes sans crever de faim et 250g de longe de porc fumée pour faire des sandwichs. Le jambon polonais est un de mes favoris. G vient de se peser avec le gâteau dans les mains et il faisait 177.3 livres avec le gâteau et 173.3 sans.

8.11.08

Tri Du gourou ou hallucination gustative Part 1

Poissons globes empaillés suspendus du plafond, tabernacle baroque bleu orné de feuilles d’or et néon rose cohabitent étonnamment au Tri Express un sushi bar sur Laurier Est dans le plateau profond près de Papineau. La plupart des sushis servis en ville de nos jours dans les comptoirs pour emporter sont indignes, faits à la chaine et goûtent le frigidaire. La sur-réfrigération tue les ingrédients. Chez Tri Express tout est fait à la minute avec amour et j’ai envie de manger uniquement la cuisine du chef Tri Du depuis que j’y ai gouté. Quand j’ai appelé pour réserver la gentille dame m’a dit : « Vous avez une heure et demi pour manger. Payez cash seulement. » J’adore les contraintes.
Pour commencer il ne faut pas manquer la salade maison tressée de lamelles de papaye verte, d’enoki et d’algues dans une vinaigrette sésame-gingembre. Ensuite, il faut se concentrer sur les spécialités du chef comme le Craquant une salade de homard, mêlé de flocons de panko croustillant et d’œuf de poisson rouges fins et iridescents. L’utilisation créative du tempura pour donner un peu de craquant à ses petites bouchées et sa sauce magique sont ici ses signatures. Ça donne des ailes. Le Favori de Tri est un maki enveloppé dans une feuille de riz et bourré de cette concoction spéciale où la mayonnaise joue un rôle. Le gingembre mariné maison est blanc au lieu de rose fluo, une chose plutôt rare. Le thé au riz grillé fait fonctionner les neurones et procure peut-être même des qualités de super-héro. J’ai regretté ne pas avoir goûté le carpaccio de pétoncles aux agrumes ou la sushi pizza au homard commandé par notre voisine de table à l’émoi de tous autour.
C’est seulement après que j’ai réalisé que Tri Du, l’homme tatoué est l’ancien chef du Petit Treehouse qui siégeait sur la partie obscène et m’as-tu-vu du boulevard Saint-Laurent qui avait causé beaucoup de cris et de pleurs à sa fermeture inattendue. Tri devenu propriétaire sur Laurier offre une expérience personnelle. C’est un moment d’allégresse garantit.

Tri Express
1650 Laurier Est
514-528-5641

6.11.08

Marchons au devant de nous même

Ce matin, je ne sais pas ce qui est arrivé, je me suis levée un peu avant 6h et au lieu d’aller courir, j’ai fait un gâteau aux poires. Maintenant que l’Amérique est libérée, tout est possible et j’en profite. J’ai mangé un morceau de gâteau aux poires à 7h du matin pendant qu’une brume opaque empesait le Vieux-Port. L’air froid de la nuit était écrasé par l’été des indiens et une fois dehors j’avais l’impression de marcher devant moi-même. Mes cils étaient ornés de mini gouttelettes d’eau tant l’air était humide. On a rarement eu un été des indiens aussi réussit je crois. La béatitude ambiante est tangible, tout le monde marche droit et sourit. Le gâteau aux poires était miraculeux, il a l’air de rien comme ça mais il était rien de moins qu’ étonnant car fait à base de poudre d’amandes au lieu de farine.

Gâteau-tarte aux poires et aux amandes

½ tasse de beurre ramolli
2 œufs
½ de tasse de sucre
le zeste de deux citrons
1 tasse de poudre d’amandes
¼ de tasse de farine de blé entier
¼ de c. à thé de poudre à pâte
2 poires d’Anjou pelées et coupées en tranches
¼ de tasse de cassonade
crème pour servir

Préchauffez le four à 350 degrés et combinez le beurre et le sucre dans un bol à mélanger. Ajoutez les œufs, poudre d’amandes, farine poudre à pâte et zeste de citron. Beurrez un fond de tarte et versez y le mélange. Dans un petit bol mélangez les poires et la cassonade. Pressez les poires dans le mélange et enfournez 35 à 40 minutes.

4.11.08

L'heure normale de l'Est


Wouf! Pas facile le changement d’heure! J’ai plus l’impression qu’on a changé de siècle et qu’on est à l’époque des ténèbres, une chance qu’il y a les oméga 3 et l’huile de poisson pour passer à travers. On dirait que vu qu’il fait noir à 16h maintenant on a le droit de manger du gâteau, des pâtes, des plats mijotés, des patates pillées, du pain avec du beurre. Pour survivre à la semaine historique qui se déplie devant nos yeux dès ce soir, je me suis fait un petit mélange de noix que je me sers en collation en portions d’ ¼ de tasse pré-mesuré dans un mini Tupperware pour m’assurer que je n’en mange pas 4 tasses d’un coup sans m’en rendre compte. J’ai mélangé des ingrédients qui contribuent au bonheur : (en commençant par le bas) graines de lin, pollen d’abeille, abricots secs, pistaches grillées, gingembre cristallisé (bof, la prochaine fois je vais laisser faire le gingembre le goût est trop prononcé et camoufle un peu le reste je remplacerais par noix de coco grillée), graines de citrouille grillées, mangue séchée, amandes effilées. Hier soir j’ai triché et j’ai versé un peu de ce mélange dans un yaourt blanc avec un peu de miel.

J’ai acheté un beau petit torchon mauve pour la vaiselle chez Arthur Quentin ce week-end alors que je visitais pour la deuxième fois ma poêle en cuivre à 200$ accrochée juste au dessus de la caisse. Le caissier m’a dit que c’était un investissement à long terme. Ma mère me tricote un chandail de laine pour Noël cette année donc je ne consommerai pas mon amour avec la poêle avant un petit bout.