25.10.08

Consider the lobster

Je n’aime pas les gens qui portent des bandeaux ou des lunettes rondes, ou les écrivains qui abusent de notes en bas de page, mais j’aime David Foster Wallace même s'il est coupable de ces trois fautes. Cela m’a pris plus d’un mois pour lire son opus Infinite Jest qui fait plus de mille pages. C’est une lecture exigeante qui vous laisse transformé. On se pose d'autant plus de questions depuis que l’auteur s’est enlevé la vie le mois dernier. Il était dans la quarantaine et vivait en Californie où tout le monde est heureux. Il avait aussi écrit une série d’articles pour la revue Gourmet, dont un compte rendu du Festival du homard du Maine (voir ici j'ai repiqué la photo chez eux). En s’adressant à ses étudiants pour la collation des grades il avait dit des choses très belles et très vraies (la traduction est de moi mais elle ne rend pas justice au texte original) :

La vie ne nous découragera jamais d’opérer sur le pilote automatique, car le soit disant vrai-monde composé essentiellement d’hommes, d’argent et de pouvoir siffle gaiement sur le chemin vers la peur, la colère, la frustration, le désir et le culte de soi. Notre culture a utilisé ces éléments pour nous procurer une richesse exponentielle, un confort démesuré et nous donner de la liberté à la pelle. La liberté d’être rois dans nos petits royaumes à étages qui ont rien de plus que la dimension de nos cranes. Mais il y a plusieurs variétés de liberté et celle qui est la plus précieuse vous n’en entendrez pas parler très souvent dans le vaste monde du désir, de l’accomplissement et de l’étalage. La variété la plus importante de liberté implique d’être attentif, constant et discipliné dans notre amour pour autrui en se sacrifiant chaque jour pour les autres d’une multitude de façons qui sont parfois petites et souvent loin d’être sexy. La liberté véritable se tient là. Être éduqué, c'est ça et comprendre le monde aussi. L’alternative est l’inconscience, le pilote automatique, la course à la victoire, le sentiment d’avoir eu et perdu une chose infinie.

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