26.6.08

Carré portugais

J’ai pique-niqué avec Loukah et Alexandra au parc du Portugal. En fait c’était un siège dans l’espoir de voir Leonard Cohen sortir de son duplex car il est en ville pour trois soirs de spectacles dans le cadre du Festival de jazz. Mais on ne l’a pas vu. J’étais allée à la rôtisserie Romados sur Rachel chercher un quart de poulet grillé enduit de sauce piquante avec salade, riz, trois tonnes de frites assaisonnées au poivre et citron et un dessert (flan) le tout pour 7$. Quand on parle de rôtisserie portugaise, cela soulève des passions, tout le monde a sa rôtisserie préférée, la mienne c’est Romados. Il y a toujours la queue et des mamas portugaises qui elles sont absoutes de faire la file viennent chercher des poulets entiers et des frites énormes dans des sacs en papier bruns. Le comptoir de pâtisseries est luxuriant : clafoutis, gros beignes dodus à la crème anglaise (j'en ai pris deux) , gâteaux au fromage, et la dame qui s’occupe des poulets est toujours rieuse. Il y a même un comptoir pour manger sur place. Le matin, ils font des croissants aux amandes gluants, frais et beurrés. Souvent il n’en reste plus passé 10h.
Je dois confesser que par la suite nous avons fait une brève marche avant de nous arrêter prendre un café dans un endroit féérique. Un ancien magasin général qui avait été abandonné pendant 40 ans revampé et rebaptisé Fushia (épicerie fleur) sur la rue Coloniale. Je ne comprends pas pourquoi cet endroit n’a pas encore fait la une de tous les journaux de la ville. Nous avons pris un thé glacé à la lavande et une mousse au chocolat et basilic servie dans une petite tasse de thé garnie d’une mini pensée qui s’est retrouvée sur le museau de Loukah. Le thé était servi dans un pot de confiture recyclé en verre et le menu proposait un penne aux épinards et feta. Des biscuits à la confiture d’orange et coriandre ou à la framboise et à la rose étaient également inscrits à l’ardoise. Fushia est un endroit simple et décontracté qui propose un menu unique pour 10$. C’est presque un miracle. N’en parlez pas trop, il faut garder cet endroit secret, il y a juste trois tables. Voir d’autres photos ici.

Rotisserie Romados
115, rue Rachel Est


Fushia
4050 Coloniale
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25.6.08

Fleur comestible

Hier la forêt d’érables à sucre du Parc nature du Cap Saint-Jacques pullulait de fleurs à trèfle et je me suis rappelé que ma mère m’avait montré comment en manger les petits pétales mauves dans nos longues excursions de démonstration de survie en forêt quand j’avais 10 ans. J’y ai goûté de nouveau hier et les pétales de cette fleur comestible sont délicatement sucrés.

Un sentier peu fréquenté longe le lac à Senneville et au centre du parc il y a une ferme biologique où l’on peut se procurer des herbes et des fleurs au magasin général. Une seule chose m’a affolé : un étrange manège-carrousel avec de vrais poneys attachés par des chaines. Surréaliste.

Sinon, la piste du lièvre sur la pointe ouest offre un bon nombre d’alcôves tranquilles sur le lac des Deux-Montagnes, les gens y font des BBQ en famille. J’avais amené une salade de jeune roquette, radis, endives, pommes, kiwi avec une vinaigrette balsamique, huile d’olive et graines de moutarde. Le clou du spectacle était mes croutons au pain d’épice. Un pain d’épice du commerce coupé en dés et rôti au four 5 minutes. J’ai ajouté une fleur de trèfle à ma salade.
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24.6.08

Wild Turkey


Mes frères, Molly et moi sommes allés à Ausable Chasm dans les Adirondacks ce week-end. C’est seulement à 1h30 de Montréal. La traduction que donne Google d’un chasm est un abîme. Celui-ci est traversé d’une rivière et nous l’avons descendu entre les étroites parois de roche de grès en radeau pendant un orage électrique. C’était magnifique, mais un guide a dû venir nous sauver à cause des éclairs. Nous avons fait du camping, Marc s’est tissé d’amitié avec notre voisin, un assassin de 28 ans en congé de l’armée américaine mangeur d’omelettes espagnoles qui avait un bébé de six mois et une arme semi-automatique dans sa roulotte, et pour des raisons difficiles à expliquer Mat a été rebaptisé Dale. Nous avons mangé des hot-dogs et des hamburgers sur le hibatchi à Molly qui avait fait avant de partir des biscuits moelleux aux pépites de beurre d’arachide et rice crispies.
À l’épicerie de Plattsburgh, il y avait un rayon complet de Cool Whip à 99 cents, la fausse crème fouettée faite à partir de d’huile de canola. Dimanche matin, nous avons déjeuné dans un restaurant en bordure de route, tous les clients se sont retournés vers nous quand nous sommes entrés. Les déjeuners étaient 2.50$

19.6.08

J'ai trouvé ma quiche de l'été

J’ai fait une autre quiche magnifique avec des ingrédients qui ne cohabitent pas ensemble habituellement.

Quiche coco
Mélanger dans un bol six blancs de poireaux coupés sur la longueur préalablement blanchis pendant 4 minutes, une tasse de mozzarella râpé, 4 œufs et une boîte de lait de coco. Verser dans un fond de tarte (j'avais mis du papier sulfurisé dans le fond de ma tarte mais je crois que ce serait plus doré sans le papier parchemin) et enfourner 30 minutes à 350 degrés. C’est un mélange franchement étonnant. Ne passez pas à côté.

16.6.08

7 homards pour 25$


Week-end magnifique à Ulverton à la lisière des Cantons-de l’Est. Des petits villages anglais endormis dans les champs picotent la région vallonnée. Aucun touriste en vue dans cette vallée oubliée et authentique que des hommes en salopettes, jerrican à la main à la station service cise dans une ancienne grange penchée. Il y a cinq églises (trois protestantes, une évangélique et une catholique) sur la rue principale à Danville. Le samedi matin au village de Melbourne un marché champêtre réuni les petits producteurs. Il y avait les premières fraises de la saison, de jeunes feuilles de laitue et des côtelettes d’agneau biologique. Des gaufres maison sucrées ou salées y son cuites sur place et la boulangerie offre des tortillons à la cannelle et des miches provençales. Pour perdre quelques calories nous avons escaladé les sentiers rocheux du mont Ham où assoiffée et transpirante, j’ai bu à même un ruisseau glacé.

Dimanche nous avons visité le festival des fromages de Warwick, capitale des fromages fins du Québec. J’ai pu y traire une vache pour la première fois de ma vie et gouter au Cendré de lune : un triple crème excellent en croute de cendre végétale.

En plus, avant de partir pour le week-end, G avait profité de l’offre spéciale d'un jour annoncée dans La Presse par la poissonnerie Gidney: il a attendu une heure en ligne pour se procurer 7 homards pour 25$. Ils étaient tendres et délicieux sans beurre à l’ail, simplement bouilli dans un peu de sel comme le font les pêcheurs des Iles de la Madeleine. Je pense que j’ai pris cinq livres. D’autres photos ici.

13.6.08

Graziella


J’ai mangé chez Graziella sur McGill hier soir. Tout le monde en a tellement parlé en bien, elle va certainement faire fortune. Il y avait même Francis Reddy en chemise hawaïenne qui mangeait là hier soir. J’étais avec Alexandra qui est italienne, elle a choisi le « quasi carpaccio » servi avec une mayonnaise moutardée et des endives braisées en entrée. Le carpaccio était rouge sang, salé et tendre. J’étais jalouse de son entrée, j’avais choisi le magret de canard et étrangement cette viande prisée me laisse souvent indifférente, elle était servie avec une mustarda de fruta. Il y a une recette pour la mustarda de fruta dans la revue Gourmet de juin et je vais tenter d’en faire ce week-end. C’est une sorte de compote de fruits secs (pêches, abricots, raisins, mangues) mélangés à de la moutarde en poudre. C’est parfait pour accompagner les viandes au BBQ.

Ensuite, j’ai mangé un osso buco coiffé d’une discrète gremolatta citronnée assis sur un simple risotto onctueux au parmesan. Alexandra avait choisi les raviolis au faisan qui nageait dans quelques millimètres de bouillon. Elle m’a raconté comment sa mère prépare les raviolis et les scelle simplement à la fourchette. Magnifique.

Le clou du spectacle a réellement été la panacotta et son sirop d’anis, de cannelle et de framboise. C’était magnifique, épicé comme un vin cuit adoucit par la blancheur de la crème mariée à la mascarpone. Un oracle. J’avais choisi le canoli. Il était à la fois chocolaté et décoré de pistaches et de fruits secs.

Graziella
116 rue McGill, Montréal

12.6.08

Je ne suis pas une fille de quiche

Je n’aime pas particulièrement les tartes non plus. Mais voilà, je suis convertie avec cette tatin de fenouil qu’il faut absolument essayer. C’est facile et ça sort franchement de l’ordinaire. Il faut dire que mon four a pris feu lorsque je l’ai fait hier, mais c’est simplement parce que je ne l’avais pas récuré depuis des lustres, que ma grille était penchée et que le moule que j’avais choisi était trop petit et que tout a débordé. G est habitué à mes alertes « Au feu !» et chaque fois, il arrive dans la cuisine exaspéré, tue les flammes avec un linge à vaisselle qu’il agite vigoureusement et retourne à ses affaires sans rien dire. Il a eu peur qu’une seule fois. L’an passé, j’avais mis de l’huile d’olive sur le feu dans un fait-tout pour dorer des oignons pour une crème de brocoli et j’ai été distraite par un truc à la télé dans l’autre pièce, c’était l’élection de Stéphane Dion à la chefferie du parti Libéral je crois. Et bang, de retour dans la cuisine, le chaudron était en flammes. les flammes touchaient presque le plafond. Brrr.

Donc voilà, la tarte tatin de fenouil est magnifique, il ne faut pas avoir peur, il faut sortir à l’instant se procurer un bulbe de fenouil, une orange, de la pâte à tarte et du miel. Tatin signifie, que la tarte est inversée, la garniture est en bas, ce qui lui permet de caraméliser et la pâte est sur le dessus.

Tatin de fenouil
Graisser un moule à tarte. Préchauffer le four à 400 degrés. Prélever le zeste de l’orange et blanchissez-le pendant 3 minutes. Extraire le jus de l’orange et filtrez. Dans une petite casserole portez à ébullition le jus d’orange, le zeste et une cuillère à table de miel. Verser dans le moule à tarte et ajouter de petits cubes de beurre. Émincez finement le bulbe de fenouil à l’aide d’une mandoline et mélangez-le à votre sirop d’orange et miel. Recouvrez le tout de pâte en la repliant sur les bords et enfournez pour 40 minutes. Laissez tiédir et renversez délicatement votre moule sur une assiette.

8.6.08

Canicule


Samedi je suis allée pique-niquer à Sainte-Mélanie au parc des chutes Monte-à-peine. C’était magnifique. Un sentier de 5km longe des rivières, ruisseaux, trois chutes et un petit canyon. Il y a toujours quelque chose qui gronde au loin même quand on est au sommet des montagnes. Il est possible de manger tranquillement sur les roches plates directement devant les chutes. Il y a aussi un très grand pré dans le creux d’un vallon où on a l’impression d’être seul au monde. Mais il faisait très chaud (34 degrés) et certaines pentes étaient abruptes, en haut des montagnes le vent était frais et un épais tapis de pollen blanc recouvrait le sol. Pour une promenade à 1h30 de Montréal, c’est parfait. J’espère y retourner souvent cet été.

J’ai ramené de jeunes pousses d’épinettes pour préparer en salade comme le faisaient les amérindiens pour prévenir le scorbut. Étonnamment certaines variétés sont délicieuses, légèrement sucrées. Il faut prélever les parties tendres et douces au bout des branches au printemps seulement. Je suis passé par l’église où mes grands-parents sont enterrés et j’ai visité le supermarché Métro du village, qui logeait avant dans un ancien silo couché. Mais tout a été revampé, pour un endroit en plein centre des terres agricoles de la culture du tabac, l’épicerie proposait pas mal de trucs exotiques come un melon de la variété Santa Claus que j’avais rarement vu ailleurs avant. Le goût est le même qu’un melon miel, mais un peu plus salé comme un concombre.

5.6.08

Kohlrabi

Le kohlrabi est un légume hybride inventé par les allemands qui ressemble légèrement à de petits spoutniks verts. Ce navet-chou à tiges, une fois râpé et mélangé à de jeunes pousses de pois vert, du sésame noir et une touche de mirin et de soya on se trouve devant une salade d’inspiration japonaise rafraichissante.

4.6.08

Tianjin preserved vegetable

Depuis toujours à l'épicerie chinoise je vois ces petits pots en grès, ne sachant pas ce qu'ils contiennent vraiment. Le pot est très joli et scellé seulement d’un petit bout de carton et encapsulé sous un bouchon de plastique. Les chinois ont des standards pour la conserve différents des nôtres. J’imagine les pots de Tianjin preserved vegetable empilés dans des caisses en bois sur d’énormes barges dans le port de Shenzhen prêts pour le grand voyage vers l’Amérique. À l’intérieur des pots on trouve de fines lamelles de chou conservé dans du sel comme on le fait avec les câpres en Espagne et en Italie. Le Tianjin preserved vegetable est un ingrédient chinois à utiliser comme condiment. En ajouter quelques filaments au wok en sautant des pois des neiges quelques minutes avec un peu de piment et voilà.

3.6.08

San Ignacio priez pour moi

Hier, j’avais rendez-vous sur le plateau et je suis redescendue chez moi à pied par Saint-Laurent. Je préfère Saint-Laurent à Saint-Denis, ça c’est certain. Mais la Main était en travaux depuis au moins deux ans et hier j’ai pu la retrouver enfin telle qu’elle se doit d’être. Je me suis donc payé un écart de comportement et je suis entrée pour la première fois dans LA LIBRAIRIE ESPAGNOLE endroit qui m’intrigue depuis des lustres. En-soi cet endroit fait également office d’épicerie avec des produits d’Espagne et d’Amérique latine dont ces magnifiques pots en terre cuite pour la sangria ou l’huile d’olive (14.95$), ses poêles à paella et ses ramequins à tapas de toutes les dimensions. Il y a également une bonne sélection de pimenton, le paprika fumé qui est délicieux sur les œufs brouillés, des chorizo, des fleurs d’hibiscus séchées et des confitures de coing, de citrouille etc. Un vieillard faisait son épicerie avec conviction, semblant avoir pété les plombs comme cela m’arrive souvent lorsque je découvre un nouvel endroit, amenant des dizaines de produits au comptoir, s’informant sur les meilleurs livres à se procurer, comme s’il venait de découvrir des vestiges de l’ancien pays. J’ai moi-même tenté de modérer mes achats et j’ai failli craquer pour cette pâtisserie maison d’origine argentine sous une cloche de verre qui trônait près de la caisse, elle me hante depuis, je crois qu’elle m’attend toujours. Mais j’ai résisté seulement car j’étais déjà coupable d’avoir dans les mains un pot de dulce de leche de fabrication artisanale de la marque San Ignacio. C’est que depuis que j’ai fait du dulce maison le mois dernier, presque chaque soir j’y pense avant de m’endormir. Il va sans dire que j’en ai mangé à la cuillère arrivant chez moi. Sur l’étiquette il est inscrit : Importé d’Argentine par Libreria Espagnola 3811 St-Laurent, Montréal, Québec, H2W 1X9. À 3.50$ le pot, c’est presque mortel.

J’avoue que je vais devoir accélérer dans les légumes car ces dernières semaines ont été peuplées d’écarts. Ce soir j’ai mangé cette salade de radis chinois, tomates cœur de bœuf, concombres et cerises de terre. Un genre de pot-pourri désespéré de tout ce qu’il restait dans le fond du frigo.

1.6.08

Escargotière

Je suis allée à la chasse aux escargots avec G dans le Parc Nature de l’île de la visitation à Ahuntsic. Un des endroits les plus éblouissants de l'île de Montréal où les ruines d’un moulin à farine, à papier et à clous circa 1726 ont été réaménagés. La maison du meunier est transformée en restaurant avec la plus belle terrasse en ville, surplombant un rapide vigoureux. Il pleuvait donc les escargots étaient partout dans les arbres, sur le sentier, sous les feuilles. Il y en avait des milliers. J’avais l’impression d’être sur le LSD. Leurs carapaces parfois rose, parfois jaune, parfois zébrée détonnaient dans la verdure. La végétation est également étonnante : rhubarbe sauvage, muriers côtoient herbe à puces et fraisiers. Le sentier de 6km longe la rivière des prairies jusque dans Montréal Nord où des pêcheurs lancent leur ligne devant un barrage hydroélectrique. G était armé d’un mini plat Tupperware et nous y avons enfermé 6 escargots dans le but de les cuisiner comme en Bourgogne, mais de retour à la maison nous avons perdu courage et G est parti les lâcher dans la nature à l’instant.