29.4.08

Manjar de coco

J’ai toujours peur de manquer de lait de coco. Je ne sais pas pourquoi, mais j’en achète toujours beaucoup plus que j’en utilise. Aussi, un jour une de mes bonnes amies m’a offert une boîte de lait de coco pour noël alors qu’elle était cassée. Elle avait emballé la boite avec du papier doré de rênes-aux-nez-rouges. J’aime beaucoup mettre une ou deux cuillères de lait de coco dans ma fausse soupe tonkinoise pour qu’elle devienne un peu thaï. Mais cette semaine j’ai découvert dans la revue Gourmet du mois de mai le manjar de coco, une gelée de lait de coco renversante, d’une blancheur arctique et d’une douceur caribéenne. C’est un dessert que l’on trouve au Brésil et sous d’autres formes un peu partout en Amérique latine.

La cuillère en argent appartenait à la grand-mère de G. Sa sœur lui a fait parvenir par la poste de France. Elle est un peu ternie et s'il ne l'astique pas bientôt nous sommes en danger d'attraper le tétanos.


Manjar de coco
Adapté de la revue Gourmet
2 enveloppes de gélatine
½ d’eau froide
2 tasses de lait entier
11/2 tasses de sucre
1 boîte de lait de coco

Mélanger la gélatine et l’eau et laisser reposer 2 minutes. Faire bouillir le lait et le sucre. Retirer du feu. Ajouter le mélange de gélatine et le lait de coco. Verser le mélange dans des ramequins individuels et réfrigérer pendant 4 heures.

C’est si simple et tellement extraordinaire.

28.4.08

À la recherche du temps perdu

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris mais quand je suis rentrée du boulot j’ai fait des madeleines. J’imagine que c’est la pluie et l’éclosion tardive des lilas qui m’ont portée à un tel écart de comportement. Deux douzaines de madeleines et je n’en ai pas mangé une. Un exercice pour tester ma volonté. Mais je serai en danger demain matin au petit déjeuner de crouler sous la pression des jolis petits gâteaux bien entassés dans leur plat Tupperware. Quoique les madeleines sont meilleures chaudes. Je suis obsédée par ce petit gâteau au citron en forme de coquillage car il est si facile à faire. Il faut posséder un moule à madeleine pour avoir une vie complète. Le mien est même accroché au mur dans ma cuisine tant je le trouve magnifique. Je trouve également que mon écumoire chinoise à 5 $ est magnifique. Je vous le montrerai un jour.

Recette de madeleines

1 et 3/4 bâton de beurre fondu et refroidi
2 citrons zestés
3/4 quart de tasse de sucre
1 tasse et deux tiers de farine
1 c. à table de poudre à pâte
3 œufs
1 /4 de tasse de lait
1 c à table de miel

Graisser les moules avec un peu de beurre à l’aide d’un pinceau. Bien mélanger le sucre, la farine, la poudre à pâte, le zeste de citron dans un bol. Y ajouter le beurre, les œufs, le lait et le miel. Laisser reposer le mélange 5 minutes. Remplir les moules d’une cuillère de pâte. Mettre au four 10 minutes. Démouler sur une grille à pâtisserie.

27.4.08

Pique-nique iranien

G et moi avons roulé jusqu'à l’île Sainte-Hélène pour un pique-nique composé de victuailles tirées des milles et unes nuits achetées au supermarché Akhavan, une épicerie iranienne sur la rue Sherbrooke dans l’Ouest. Il est possible d’y acheter des théières à l’effigie du Shah, des casettes des chanteuses de l'heure à Téhéran et des ustensiles pour le café à la cardamome.

Devant la biosphère, des enfants sautaient au bout d’un quai directement dans le fleuve à grands cris pour agrémenter notre brunch du dimanche. Nous avons déballé notre panier sous un saule près du pavillon du Canada. Humus Zaatar rouge, immense pain plat qui aurait pu faire office de nappe, olives au citron, confiture de pétales de roses (j’adore), prunes bokhara, eau distillée à la feuille d’olivier aux propriétés médicinales et concombres perses. J’avais aussi dans mon cabas un peu de salade de papaye. J’ai fait couler un peu de confiture de rose sur du yaourt épais, un véritable délice pour les maniaques de la rose dont je suis.
Supermarché Akhavan 6170 Sherbrooke Ouest, Montréal.

26.4.08

Ulan Bator

Avec Molly, Mathieu et Marc nous sommes allés au Petit Agneau (fondue mongole) au coin de La Gauchetière et Clark dans le quartier chinois. On avait l’impression d’être en vacances à Ulan Bator : le décor est au néon vert fluo, des cornes de yaks surmontent le buffet, et un couple de jeunes électro-punks étaient assis derrière nous : lui avec les cheveux montés au spray net et elle en robe moulante léopard à bretelles spaghetti chaussée de talons aiguilles en cuir blanc. Petit agneau est une chaine sympathique qui a plus de 200 succursales en Chine, chaque table est munie d’une plaque de cuisson à induction, les deux chefs en ma compagnie semblaient faire tout un plat au sujet des plaques qui sont d’avant-garde à en croire leurs oh! et leurs ah! Le logo de la chaîne est un petit agneau frisé vraiment mignon qui est imprimé partout même sur les assiettes et nous n’avons pas pu nous empêcher de subtiliser trois assiettes à dessert discrètement glisées dans la poche de mon imperméable.

Le principe du restaurant est la fondue, vous avez donc le choix entre le bouillon piquant ou le bouillon « nourrissant », nous avons pris l’option moitié-moitié. Le serveur arrive donc avec un énorme plat rempli des deux bouillons qu’il installe sur la fameuse plaque, une assiette d’agneau et une assiette de bœuf. Dans le buffet, on peut choisir des crevettes, des calamars, des morceaux de tofu frit, des nouilles soba, de la seiche pannée, des hampes de cresson, des œufs de caille, du melon d’hiver, des racines de taro, des boulettes de poisson, du Paris pâté, de la citrouille et 10001 autres choses à faire cuire dans le bouillon piquant. On peut même y casser un œuf frais. À la fin du repas j’ai pris une photo de Marc sous les cornes de yak, et nous sommes rentrés chacun chez soi, remplis.

25.4.08

L'accrochage

Le jambon va très bien. Il a été suspendu enveloppé dans une taie d’oreiller 100% coton égyptien dans la chambre froide sur un manche à balais. Après la « querelle du romarin », Mathieu a décidé de se faire un petit magret de canard qu’il a accroché près du jambon enveloppé dans du coton fromage. Vous pouvez voir le magret sur la photo à côté du jambon devant l’huile à friture sous la bouteille de rhum vide. La rumeur dit qu’il a mis de l’épice à steak sur son magret. Mathieu est un fanatique délirant d’épice à steak, je devais lui en envoyer par la poste quand il vivait à Londres. Donc, le jambon est accroché jusqu’au mois de juillet. Parmi les cannes de soupe Habitant et le blé d’inde en crème, il atteindra la perfection.

Aussi, j'ai ouvert un compte Flickr pour engranger toutes nos photos idiotes.

24.4.08

Flan goût fraise

Hier, je ne suis pas allée courir et je me suis sentie coupable toute la soirée. Il y avait un semblant d’orage qui menaçait d’éclater et j’ai trouvé que c’était l’excuse parfaite pour rester à la maison. En plus, j’ai déniché dans mon armoire une petite boite de Jello indien de la marque Nouara qui y était cachée depuis une excursion dans le Petit Bengladesh (nom affectueux que je donne au quartier Parc Extension) avec Mathieu et Bugsy un samedi midi. Bugsy, remarquant l’affiche accrochée au mur, avait réalisé que le délicieux bouiboui était un « apportez votre vin » et avait bondi de table pour aller au dépanneur le plus près. Il était revenu avec une bouteille empoussiérée millésimée 1999. Le serveur avait lancé l’ouvre bouteille sur notre table.

Ce jour-là nous avions dit que nous passerions le prochain noël habillés de saris et coiffés de turbans tellement nous avions apprécié le repas. En sortant, Mathieu avait acheté une grosse poche de riz basmati avec un joli dauphin bleu dessus et moi mon « flan au gout de fraise » que j’ai enfin sorti de l’armoire hier soir. Comme vous pouvez le voir sur la photo les seules instructions en français sont « pour 1 demi-litre de lait » tout le reste est en ourdou. J’y suis allée à l’œil, j’ai versé la poudre rose dans une casserole en cuivre et j’y ai ajouté un demi-litre de lait. Le résultat était parfait après 1h dans le frigo j’avais des flans roses. C’est même bon, moins chimique que je ne l’avais anticipé. G en a mangé trois.

Comme repas, j’ai essayé de me faire un sauté de melon amer, le légume mystérieux avec des crevasses sur la peau. Je l’a fait dégorger pour qu’il perde un peu de son amertume, je l’ai coupé en petits morceaux et fait revenir dans un wok avec de l’ail. C’était très âpre comme goût. J’ai ajouté un peu d’huile de sésame mais la saveur de noisette n’a fait que masquer les arômes astringents. Conclusion : je crois que je n’aime pas le melon amer.

J’étais donc un peu défaite. Au lieu de terminer la lecture du renversant roman The Road de Cormac McCarthy, j’ai écouté la téléréalité au sujet de la famille de nains qui cultivent la pêche sur leur verger de 34 acres en Oregon.

Ce matin je me suis réveillé à 6h00 et j’ai couru jusqu’au marché Atwater. Aller. Retour.


23.4.08

Serais-je entrain de redevenir chinoise?

Parfois, le midi je vais chercher un sandwich vietnamien au poulet grillé sur Saint-Laurent. Hoàng Oanh est une petite buvette "pour emporter" qui offre des banh mi, du café glacé et des desserts au riz gluant. Chaque sandwich est 2.50$ et la patronne offre en plus une carte fidélité estampée à chaque visite. Au bout de 10 sandwichs, le 11e est gratuit. Une baguette est donc remplie de poulet grillé, de carottes et de radis blancs marinés, de coriandre fraîche et de mayonnaise japonaise un peu étrange. Mais c’est très très bon. Le résultat est frais et étonnamment différent des sandwich auquels nous sommes habitués. Le midi, il faut faire la queue, tant il y a du monde.

La baguette a été introduite au Vietnam par les Français lors de l’époque coloniale et est restée dans les mœurs. Il n’est pas inhabituel de voir à Ho-Chi-Minh ville sur un coin de rue improbable, dans les vapeurs de monoxyde de carbone provenant des milliers de scooters, des échoppes de fortune tenues par de jolies filles en robe de soie qui vendent des baguettes. Une denrée plutôt rare dans le reste de l’Asie où le pain est remplacé par le riz et le lait par le soya.

Les desserts chez Hoàng son multiples et principalement composés de tapioca, riz et lait de coco. Ils offrent aussi le fameux bubble tea si populaire ces jours-ci.

22.4.08

Une salade qui fait maigrir

La salade que j’ai fait au moins 50 fois l’an dernier et qui était indétrônable avant hier est une salade de fenouil émincé. Tout le monde qui me connaît en a mangé l’été dernier. J’ai nourri mon frère Marc pendant six mois le midi avec cette salade et il a perdu 30 livres en six mois, j’en ai préparé à Alexandra I quand elle venait d’accoucher, je crois que je l’ai même écrite dans un courriel à Caroline en mai dernier, G lui n’en peut plus. Elle reste pour moi une découverte et un miracle car c’est une salade sans huile d’olive, du moins telle que je la fais car cette salade est très populaire en Italie et elle m’a été introduite par Stefano Faita un jour que je feuilletai le Journal de Montréal. Une vraie révélation.

Elle nécessite que quelques ingrédients.

Recette
Salade de bulbe de fenouil

1bulbe de fenouil
1 orange
1 citron
1 carotte
1concombre anglais
½ pot de câpres

Trancher un bulbe d’anis à la mandoline en fines tranches. Même chose pour le concombre. Pelez une orange à vif pour en prélever des suprêmes tout en conservant le jus. Zestez le citron. Coupez les carottes en tous petits bâtons. Mélangez tous ces ingrédients avec le demi-pot de câpres et vous avez une salade originale, fraîche, faible en gras et en sodium.

21.4.08

La papaye verte n’a pas d’odeur


L’été passé j’avais un fétiche pour la salade de bulbe d’anis et je croyais que rien n'allait la détrôner même si je commençais à m’en lasser. Enfin, je lui ai trouvé une rivale. La salade de papaye verte (tam mak hung au Laos et Som tum en Thaïlande) a toujours été une de mes salades préférées même si je n'en ai mangé que 5-6 fois dans ma vie. J’ai toujours cru qu’elle était difficile à préparer. Au Laos, on ne m’en servait presque jamais quand il y en avait sur la table : « c’est trop piquant pour toi » me disait-on. On censurait bon nombre de plats pour mon palais occidental. Je protestais.

L’autre problème c’est que je croyais qu’une papaye verte était une papaye qui n’était pas encore mûre et toutes les papayes que j’achetais étaient orange à l’intérieur avec des graines noires et luisantes. Jamais blanche. Je ne savais pas encore que la papaye verte est d’une variété et ne mûrit jamais. Je n’ai jamais pensé en faire moi-même jusqu’à samedi dernier où j’ai pu identifier le légume à l’aide des affiches en français chez Kim Phat. Aujourd’hui, j’ai pensé à cette salade toute la journée.

La salade de papaye verte se prépare dans un mortier et nécessite une bonne râpe.

Recette de salade de papaye verte

La moitié d’une papaye verte
2 carottes
Le jus de 2 limes
1 cuillère à table de sucre
2 gousses d’ail
3 tiges de coriandre fraiche
2 piments oiseau verts
Sel

Éplucher la papaye et retirez les graines. Râper la papaye et les carottes et réserver. Dans le mortier écraser l’ail et les piments, ajouter le jus des limes et le sucre. Écraser dans ce mélange des petites quantités de papaye et de carottes râpées jusqu’à ce que tout y soit passé. Assaisonner de sel et de coriandre fraiche.


20.4.08

Sur la route

A Bedford dans les Cantons de l’Est aujourd’hui il faisait 27 degrés Celsius. Dans le parking du dépanneur de Rivière-aux-brochets, des filles étaient assises sur un capot de voiture buvant une bière au goulot et portant des shorts.

En plein cœur du vignoble québécois, la région bénéficie d’un microclimat à cause de sa proximité avec le lac Champlain. Au creux des vallons et des cuves pelées, la chaleur reste captive et nourrit la vigne.

Nous nous sommes arrêtés à la Rumeur affamée pour acheter des macarons. Ils sont à la fois blancs et dorés, lourds et légers mais doucement sucrés et beurrés, denses de noix de coco. Finalement, il y a deux tables près d’une porte battante avec moustiquaire dans cette pâtisserie aux allures de magasin général et nous avons décidé de manger un brin. J’ai pris le sandwich aux rillettes de canard du lac Brôme et cheddar de l’île aux grues et G a mangé une tranchette de terrine de wapiti aux canneberges avec du chèvre des neiges.

Boulevard Taschereau



Vendredi j’ai soupé chez Holder sur McGill. Mais c’était un rendez-vous de travail et je n’ai pas osé prendre de photos du coloré carpaccio de betteraves jaunes au saumon et du tartare de boeuf avec une montagne de frites que j’ai avalé. Dommage. Samedi j’ai découvert une petite enclave asiatique à Brossard, un petit centre commercial où il y a un supermarché Kim Phat, des restos coréen, vietnamien et chinois, une banque HSBC, une manucure qui pose des ongles vert fluo et une disco qui porte le nom de Plastik.

Ce qui est ultra génial chez cette succursale de Kim Phat c’est que tous les noms de légumes, fruits et herbes sont écrits en français sur les affiches; ce qui n'est pas le cas dans le quartier chinois. J’ai donc pu apprendre que les étranges concombres verts pâles striés de cannelures sont des melons amers (photo), toute ma vie je me suis demandée ce qu’ils étaient. J’ai pu aussi me procurer avec assurance une papaye verte et de la ciboulette fleur. Il y a également de grands bassins remplis d’escargots vivants, des huîtres énormes, des durians congelés, des rangées de boites de lait de coco de toutes les variétés imaginables. Il y a un coin pâtisserie avec de petits pains briochés fourrés à la costard ou des torsades aux raisins et à la noix de coco. Ces brioches sont si irrésistiblement fraîches que G en a mangé une au volant sur le chemin du retour.


Il y a également une épicerie Valmont sur le boulevard Taschereau où ils vendent du lait et de la crème dans des bouteilles en vitre comme dans l’ancien temps. Je ne l’ai pas encore goûté mais G en a bu trois verres et ne cesse d’en faire l’apologie. Cette épicerie prends des airs européens avec de très beaux étalages de pain, un comptoir à fromages et un boucher qui offre toutes sortes de viandes marinées. Tout est très très frais, j’ai même acheté trois fruits de la passion avec leur jus jaune picoté de graines noires, un fruit que l’on retrouve rarement dans les épiceries ou habituellement à moitié mort dans les étalages.

16.4.08

La fièvre du Hockey

Avant d’aller courir ou aller au gym le soir, il faut manger léger. Ce soir je me suis fait une salade avec seulement 1 grosse mangue, un mini-concombre libanais, quelques tomates cerises, des pluches de coriandre et une échalote verte. Le tout arrosé d’un peu de jus de lime et une goute de sauce piquante pour donner du contraste et voilà une salade sans matières grasses. Habituellement j’utilise du Tabasco, mais aujourd’hui, j’ai essayé cette sauce piquante marocaine. J’adore la forme de la bouteille mais elle est un peu épaisse et il faut la mélanger avec du jus de citron pour en faire un assaisonnement. Elle a un goût légèrement fumé. Je crois que pour cette salade, le Tabasco est meilleur. Demain soir Marc regarde les match des Canadiens, aurais-je le courage d’aller courir seule?

15.4.08

Une semaine de salades


Parfois je lis le LA Times car ils ont des recettes de cuisine californienne qui sont réduites en gras, sel et sucre. Je sais, ça fait pas mal chichi, mais vous changerez d’idée après avoir mangé cette vinaigrette aux fraises sur une salade d’épinards (il ne me restait que de la roquette hier) et d’oignons rouges. La couleur de cette vinaigrette est un remède contre la neige qui refuse de fondre.

Vinaigrette aux fraises
Adaptée du LA Times

Pulser dans un robot ou mélangeur les ingrédients suivants :
1pinte de fraises équeutées
2gousses d’ail
2 brins d’estragon frais
1cuillère à thé d’huile d’olive
3 cuillères à thé de vinaigre de vin
1 cuillère à thé de ciboulette fraîche
Le jus d’un demi citron
Sel et poivre au goût

14.4.08

L'euphorie du coureur

C’est Hilary Swank sur la photo, je l’ai déchirée dans une copie de Vanity Fair. Vendredi matin dernier j'ai couru dehors pour la première fois depuis novembre et ce soir j’arrive tout juste de mon premier jogging nocturne. Du vieux port au marché Atwater ensuite jusqu’à l’échangeur Turcot et le retour. Je crois que cela fait 12km!

Je tente de me conditionner pour une autre semaine de légumes à consommer. G a fait des artichauts ce soir et on a trempé chaque feuille dans une vinaigrette moutarde, huile, sel, poivre et vinaigre de vin rouge. Les artichauts sont en saison en ce moment et ils animent invariablement un repas. Ça prend du temps à manger, environ 30 minutes par artichaut avant d’arriver au cœur et d’en retirer les épines. On atteint donc la satiété en s’amusant! En Californie, Castroville est la capitale nationale de l’artichaut. Chaque année ils font un festival et couronnent la reine de l’artichaut. La première reine portait le nom de Norma Jean Baker, une starlette qui allait devenir Marilyn Monroe .

Pizza

Fin de semaine mémorable. Samedi soir j’ai fait des pizza. C’est toujours excitant de faire la pâte, un événement en-soi. Le secret est dans la quantité de levure : pas moins de 30 grammes à mon avis pour deux pizzas. C’est facile et c’est amusant.
RECETTE
Mélanger deux tasses de farine, une cuiller à café de sel ainsi qu’une de sucre dans un bol. Ajouter 30g de levure dissoute dans ¾ de tasse d’eau tiède. Former une boule uniforme en ajoutant de la farine au besoin. Faites lever la pâte dans un bol recouvert d’un linge propre pendant une heure. Abaissez votre croute et garnissez-la avant de la faire cuire à 425 degrés pendant 20 minutes sur une plaque.

Les garnitures de samedi : 1.Tomates cerises tombées avec de l’ail du thym et recouvert de fromage fontina et de sel de mer. 2. Garniture inspirée du livre de Stefano Faita : pizza selvaggia, c'est-à-dire à la roquette : ajouter une fois la pizza cuite un mélange de roquette naine, huile d’olive et vinaigre balsamique sur la garniture.

13.4.08

Jour de brocante

Je n’avais pas eu le temps de me procurer les assiettes vieillottes que je convoitais cette semaine alors avec la neige et tout, je suis passée par le Village des valeurs aujourd’hui et j’ai trouvé une magnifique soupière en porcelaine pour 7$.

En route, je me suis arrêtée au Pho Asie sur Jean-Talon coin Saint-Michel avec G pour croquer quelques rouleaux du printemps délicatement tressés. Le treillis offre une texture particulière. Je crois que c’est le seul vietnamien en ville qui sert de ces rouleaux en maille et ils contiennent des gros morceaux de crevettes fraiches.

Au retour je me suis arrêtée dans une épicerie pakistanaise également sur Jean-Talon pour me procurer quelques bouteilles d’eau de rose à 2$-3$ c'est une aubaine. J’en mets une goûte dans mes bouteilles d’eau pour leur donner un point de sucre car je ne bois plus que cela. Depuis plus d’un an je ne bois plus de jus même pas de Tropicana. Mais j’asperge de l’eau de rose partout : sur la lessive, dans le bain, sur le lit, dans les tiroirs à bas. Je l'utilise même comme démaquillant après avoir remarqqué que mon démaquillant Nuxe à 20$ était composé d'eau de rose et d'eau de bleuet. La légende dit que lorsqu’on boit de l’eau de rose on transpire son odeur. Aujourd’hui j’ai pris trois bouteilles différentes : deux viennent du Liban et la plus grosse est étiquetée : «Produit de la Terre Sainte ».

Pho Asie : 3273 Jean-Talon Est

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Du caramel sur mes toasts

Il est vrai que le week-end je me permets des extravagances. Marc avait proposé qu'on aille à la cabane à sucre ce matin, mais j'ai estimé le nombre de calories consommées à un tel événement dévastateur. Au moins deux mille j'imagine, peut-être trois mille. L'idée de boire de la sève à même la chaudière est idéalisée et romantique par rapport au lunch de cafétéria qu'on sert ces jours-ci aux alentours de Saint-Hilaire. Nous ne sommes pas allés aux sucres mais ce matin, j’ai réalisé un rêve de longue date : faire du dulce de leche, une confiture de lait argentine que les péruviens appellent manjarblanco. La traduction littérale est « bonbon de lait ». C’est un peu comme le map-o-spread de notre enfance sans les saveurs artificielles. Mon père en confectionnait parfois avec une conserve de lait condensé Eagle Brand qu’il faisait bouillir pendant trois heures après avoir retiré l’étiquette. Cette entreprise provoquait toujours l’effroi car il était toujours possible que la boîte explose. Mais le véritable dulce de leche est fait avec des ingrédients naturels et consommé de façon manique, semi-religieuse, fanatique à travers toute l’Amérique du sud. Et c’est si facile à faire.

Remarquez que ce matin je n’avais que du pain brun sous la main pour les toasts, donc tout cela est un peu contradictoire mais succulent.
Il est aussi possible d’en verser sur le la glace à la vanille pour un dessert simple qui fera parler de lui longtemps. Dans ce cas, il est préférable de réchauffer le duce de leche un peu au préalable.

À consommer avec modération. J’en ai fait deux pots ce matin donc, le premier qui lève sa main gagne le deuxième.

Recette
Porter à ébullition un litre de lait, deux tasses de sucre, ¼ de tasse de miel et les grains d’une gousse de vanille, laisser mijoter à feu doux pendant une heure ou jusqu’à ce que le lait devienne doré en écumant la mousse de temps à autre. Mettre en pot et conserver au frigo.

12.4.08

Alexandra I l’Italienne + Alexandra II la Parisienne

J’ai mangé chez Madre sur Masson avec mon amie Alexandra vendredi soir. Elle a un petit bébé d’un an et elle mange un sac de whippets par semaine depuis sa naissance. Malgré ce nouveau fétichisme pour les guimauves fourées à la confiture, elle a une taille fine et enviable. Alexandra est italienne et lorsqu’elle prépare les repas à la maison elle fait sentir des feuilles de basilic et des graines de cumin à son petit bébé pour éveiller ses sens. Un fin gourmet en devenir. Il a même mangé avec nous un scone au gingembre confit chez Olive et Gourmando cette semaine.

Le quartier où se situe Madre, le Bas-Rosemont et sa rue Masson ont toujours été synonymes de boutiques de fringues pour danseuses, de ventes de trottoir sur l’asphalte brulant et l’église du Saint-Esprit. Maintenant la rue Masson est devenue adulte, les sœurs y ont installé une belle librairie avec café et la rue est devenue en soi un incubateur pour les jeunes chefs propriétaires. C’est un endroit où tout est possible car les loyers sont encore abordables et les chefs y ont emménagé de mini restaurants de moins de 30 places, une nouvelle tendance qui assure de tourner à pleine capacité chaque soir.

Nous avons donc commencé la soirée avec un apéritif au Pisco Sour, une sorte de margarita amer limé et verdoyant avec une mousse de blanc d’œuf au sucre. Rien de mieux pour se délasser et commencer un week-end.
En entrée, un ceviche de poisson cuit au jus de lime était certainement le plat le plus réussit de la soirée. Rehaussé de grains de maïs craquants et d’une sauce huancaina faite de fameux piment amarillo, un piment jaune péruvien lié de fromage frais fermier. Les grains de maïs frits provoquaient l’étonnement par leur texture comme les grains non éclatés dans le fond du bol de pop corn, savoureux. Le ceviche est une invention typiquement péruvienne et provient d’une des dix cuisines les plus riches et variées au monde selon The Economist. Mon entrée était composée de deux croquettes de poissons à la semoule de maïs, d’une salade de concombres et tomates en mini-dés et d’une purée de panais, un légume racine souvent négligé qui ressemble à une carotte blanche mais qui a un goût de noisette. Le panier de pain de chez Madre est mortel : de légers muffins de maïs et leur sauce à l’ail (mojo) sont délicieux aériens et chauds.

Ensuite, notre première bouteille de vin, un Leyda pinot noir du Chile étant déjà terminée nous sommes passées aux choses sérieuses. Les pétoncles noircies dans une nappe de pesto au basilic et leur carotte délicatement marinée étaient opalescents à l’intérieur et parfaitement charnus. Alexandra, excitée par l’alcool et sa liberté d’un soir enfin retrouvée a porté son asperge en moustache. Elle doit déjà ne plus s’en souvenir. Le poisson du jour était le saumon, c’était la première fois que je mangeais la peau d’un poisson tellement elle était dorée et croustillante, il barbotait dans un bouillon piquant aux notes d’oranges.

En dessert, le pouding au pain, très maman actuelle avec sa quenelle de crème glacée dulce de leche coiffée de noix pralinées était tout le contraire de celui qu’on retrouvait dans les cafétérias de nos écoles secondaires sous la lampe chaude. Nous avons poussé l’extravagance en complétant d’un gâteau à la cannelle couronné d’une quenelle de sorbet à l’avocat et nageant dans trois laits : condensé, évaporé et de coco.

Madre donne envie de vivre sur la rue Masson. La seule raison pour laquelle je ne déménage pas demain dans ce Bas-Rosemont est que j’ai trop peur du buffet Casa Corfu, de ses brunchs du dimanche avec bacon-brioches-œufs brouillés-sushis à volonté qui me feraient prendre 10 livres en un seul mois.
En rentrant à pieds chez moi, j’ai été un peu confuse de voir que l’ancien Air du temps-Java U- sur Saint-François Xavier est devenu une disco pulsante où les adolescents débordent dans la rue et crient yehhhhhhhhh à plein poumon. Une chance que je n’ai pas pris le loft du dessus qui appartenait à ce charmant photographe comme j’avais pensé le faire l’an passé.

À la maison, j’ai trouvé une boîte de Saint-Hubert BBQ dans la poubelle…Quand le chat est parti, les souris dansent.

Restaurant Madre : 2931 rue Masson.

10.4.08

Curry des caraïbes

Je suis secrètement amoureuse du chef Stéphane Reynaud. Dans mes rêves nous nous promenons dans les rues de Saint-Agrève en Ardèche saluant ses amis le boucher et le maraicher, nous embrassant sous le tilleul à l’ombre de sa maison de pierre. Mais pour que mon rêve se réalise, il faudrait tuer sa femme et manger ses enfants. En attendant je fais des recettes de son livre Cochon et fils qui a remporté le Grand Prix de la Gastronomie française et j’ai bien hâte de me procurer son nouveau livre Ripailles. Je ne suis généralement pas une fan de porc mais je me suis convertie par amour.

Ma recette favorite de l’hiver a été son porc aux fruits que j’ai adapté pour ma nouvelle cocotte Creuset couleur dune choisi par mon frère Mathieu à la quincaillerie Dante. Ma mère avait un creuset orange style 1970 quand nous étions petits et je crois qu’elle s’en ait débarrassé tout récemment après 30 ans de service car elle était tannée de la couleur et l’émail était à vif. Un plat Le Creuset est un ustensile que l’on conserve pour la vie.

J’ai simplifié la recette de Stéphane et si vous n’avez pas de Creuset, ce n’est pas plus grave, vous pouvez utiliser n’importe quelle casserole avec couvercle! La recette comporte un ingrédient étonnant : des bananes. Vous en serez agréablement surpris. Les français sont beaucoup plus relax que nous quand vient le temps d’utiliser les bananes dans les plats salés, dans certains bistrots de Toulouse j’en ai même vu dans les salades. Il faut donc risquer car le résultat est étonnant.

Il est préférable de demander la viande au boucher pour obtenir les meilleures pièces. La boucherie de Tours au marché Atwater est ma préférée.

Curry des Caraïbes
adapté d'une recette de Stéphane Reynaud

Ingrédients
2.5 livres d’échine de porc en cubes
2 oignons émincés
1 tasse de vin blanc
1 tasse de crème
1 boîte de lait de coco
½ ananas frais coupé en cubes
2 bananes
1 botte de coriandre fraîche
Coriandre en poudre
Curry en poudre

Faire dorer l’échine et les oignons dans une cocotte. Ajouter les épices. Ajouter le vin blanc, couvrir et laisser mijoter 1h à feu très doux Ajouter la crème et le lait de coco et laisser réduire 30 minutes. Ajouter les fruits et cuire 5 minutes. Servir garni de pluches de coriandre fraîche. Un pur ravissement.




9.4.08

Le jambon

Une mise à jour sur l’état du jambon est nécessaire. Dimanche dernier, le jambon était prêt pour son deuxième lavage au cognac. Il reposait doucement dans sa jolie boîte construite par Marc, sans clous pour éviter la rouille, enfoui dans son sel. Le problème, c’est que lorsque Marc a ouvert le couvercle de la boîte, elle a fendu un peu. Pour la réparer, il a été obligé de la renforcer avec deux clous.

Perturbé par les évènements, Mathieu (né sur la rue Bellechasse à Montréal) a décidé de déroger à la recette de Bernard (né à Salon-de-Provence en face de la petite église où Nostradamus est enterré) et a ajouté du romarin sec après le massage au Courvoisier.

Voici la vidéo de l’évènement. Ça aurait pu être pire nous craignions une inondation du sous-sol à cause des trois mètres de neige qui fondent dans la cour arrière. Mais nous sommes épargnés.

video

7.4.08

Salade de feuilles de chêne

J’adore les feuilles de chêne et elles sont très rares à ce temps-ci de l’année mais hier il y en avait une variété hydroponique chez IGA. Pour cette salade j’ai tranché des lisières de courgettes à l’économe, blanchi quelques haricots et fait rôtir cinq pistaches écalées.

J’ai ramené de Californie un vinaigre balsamique aromatisé à la vanille et des cerises séchées extraordinairement sucrées que j’ai acheté au Oackville Grocery dans la vallée de Nappa un jour d'orage. Je peux donc me faire des vinaigrettes extraordinaires en attendant l’été. Il me reste presque plus de cerises et je n’ai pas pu en trouver à Montréal. Chez Adonis ils ont des cerises confites sucrées horribles, rien à voir avec mes merveilleuses cerises. Sur Ebay un cultivateur de l’Oregon en vend une caisse de 5 livres. J’imagine que ce serait exagéré de lui passer une commande.

La salade est accompagnée d'un verre d'eau minérale géorgienne de chez Bucarest.


6.4.08

Hello Kitty


À l'épicerie japonnaise et coréenne sur Sainte-Catherine ils vendent de mignonnes boites bento, mille varités de tofu, du lait de soya Hello Kitty et des sachets de sauce pour le cari dont l'étonnante variété "Vermont" aux pommes et au miel. Curieux.

5.4.08

Boulevard Décarie


Je suis allée à l’Orange Julep avec Molly et Mathieu ce matin. Je n’avais jamais goûté à cet étrange breuvage qui goûte le Tang au lait. 3.50$ pour un verre de format moyen. Le décor et l’ambiance sont magnifiques : tout le monde mange dans leur voiture face à la grosse orange en métal. Ça donne envie d’aller parier à l’hippodrome.

Ensuite nous avons poursuivi vers l’épicerie Bucarest, haut lieu de la gastronomie de l’Europe de l’Est. Éblouissant. Nous avons vu des choses étranges comme de la pastèque marinée, des viandes séchées disposées pêle-mêle dans le comptoir à fromages sur des cabarets La Baie et des poissons déshydratés. Je suis certaine que ces gens-là achèteraient notre seminterrato sans chigner contre les normes de fabrication. Le caissier était un jeune homme très poli et très blond avec un lourd accent roumain. Nous étions encore un peu éthylisés de nos aventures d’hier soir donc nous nous sommes même procuré des savons bulgares et de l’eau minérale géorgienne.

Nous sommes rentrés par Westmount, Mathieu portait mon vieux manteau de cuir qui sent bizarre acheté à 5$ au Village des valeurs en 1997. Nous avons fait un arrêt à la SAQ où il est tombé amoureux d’une bouteille de Cream of Africa toute habillée de léopard, il l’a achetée pour l'amener au cinéma ce soir après la game.

3.4.08



Les linguinis numéro 11 de Barilla (je dis bien numéro 11 pas 12 ou pire 13) sont les pâtes les plus parfaites qui existent. Oubliez les pâtes exotiques en forme de sombrero colorés à l'encre de seiche ou n'importe quelle pâte multiforme aux noms doux comme les radiatore (petits radiateurs) ou orichiette (petites oreilles) rien n'est meilleur que les linguinis numéro 11 de Barilla. On en trouve partout dans le monde et le prix ne dépasse jamais 2$ pour une boîte.

Ici, les linguinis cuits dans l'eau bouillante dix minutes sont mélangés avec du ricotta cru, du zeste de citron, des petites feuilles de basilic déchirées et du sel de Maldon.