24.12.08

Pour Noël : Apéritif à la sauge et tarte rapide aux cerises Bing

L’an dernier j’ai vu dans le métro de Paris des publicités gouvernementales qui sermonnaient la population « Il est préférable de ne pas boire plus d’un litre de vin par jour ». Cela en dit long sur les quantités consommées. J’ai quand même l’impression de jamais avoir vu un français saoul de ma vie, mis à part les sans-abris (qui souvent portent des cravates). Je les ai vus heureux et exubérants mais jamais saoul. Le vin fait partie du guide alimentaire en France. Le vin informe leur amour de la conversation. Les Français tendent à philosopher et spéculer en buvant du vin. Jean Michelet croyait que la révolution française a été provoquée par une diminution dans la consommation de vin et une augmentation dans la consommation de café et de cigarettes. Le café et les cigarettes stimulent le côté rationnel alors que le vin stimule l’émotion. Le vin est encore utilisé aujourd’hui en France comme médicament. Ils donnent couramment du vin avec du miel aux enfants pour guérir la toux.
J’avais l’intention de faire du vin cuit pour Noël mais je n’ai pas encore eu le temps. J’ai cependant deux solutions rapides pour des cadeaux faits maison un peu originaux. Premièrement un apéritif sicilien à la sauge facile à faire et qui nécessite peu d’ingrédients. Dans une bouteille de vin rosé insérez six feuilles de sauge et le zeste d’un citron, laissez à température ambiante pendant 24 heures avant de filtrer et de réfrigérer quelques heures. Ça donne un apéritif aux arômes plus acidulés que sucrés avec un nez d’herbes très particulier. J’en ai fait trois bouteilles et déjà j’en fais mauvais usage : chaque soir je m’en verse une lampée avant de dormir.
Deuxièmement une tarte coco cerise à injecter l’esprit des fêtes dans les veines de n’importe quel grincheux.

Tarte minute aux cerises de Noël

250 gr de cerises Bing
1 tasse de farine de blé entier
2 tasses de noix de coco séchée non sucrée (divisé)
1 tasses de gruau nature à cuisson rapide
1 tasse de sucre brun (divisé)
¼ de tasse de beurre fondu
Deux blancs d’oeuf

Préchauffez le four à 350 degrés et beurrez un moule à tarte. Dénoyautez 250 gr de cerises bing. Dans un bol mélangez 1 tasse de farine de blé entier, 1 tasse de noix de coco séchée non sucrée, ½ tasse de sucre brun, ¼ de tasse de beurre fondu. Versez le mélange dans le moule pour faire une croute et enfournez 15 minutes.

Pendant ce temps mélangez 1 tasse de gruau à cuisson rapide, 1 tasse de noix de coco séchée non sucrée, ½ tasse de sucre brun et deux blanc d’œuf.

Une fois la croute sortie du four rependez les cerises sur sa surface et ajoutez-y le mélange coco-gruau en laissant percer quelques cerises à la surface pour le décorum de noël. Enfournez 20 minutes.
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20.12.08

Juni

Ce matin au YMCA pendant que je courrais sur le tapis roulant les petites madames chinoises dansaient avec de longues épées en argent. Les gens sur les tapis roulants applaudissaient. Un peu plus tard elles ont sorti de grands éventails de soie et de dentelle et on fait une autre danse en faisant claquer les éventails ou en les lançant dans l’air pour les rattraper (certaines moins habituées les échappaient). J’ai trouvé cela très émouvant et ça m’a fait verser quelques larmes sur le tapis. J’ai eu l’impression que ces gens-là sont tellement plus évolués que nous les occidentaux mal dégrossis.

Jeudi je devais manger chez Buvette chez Simone avec une amie mais il y avait tellement de monde, même au bar (trois personnes de profond) que nous avons dû tourner les talons. Derrière nous il y avait même un acteur connu (Jack Carter pour ne pas le nommer) qui a dû rebrousser chemin avec ses huit amis. Je n’ai jamais vu autant de monde. Nous avons donc rapidement mis le cap vers Juni sur Laurier pour manger des sushis. Le chef du Juni est l’ancien du défunt Soto sur McGill où j’avais mangé un oursin de mer qui avait frappé mon imaginaire en 2001. On a eu de la chance de trouver une place chez Juni après avoir esquivé un chasse-neige sur Laurier et nous avons pu vite enfiler un martini au yuzu, un agrume japonais aux arômes de mandarine sur l’acide.

Pour débuter nous avons partagé un mimosa de fruits de mer, c'est-à-dire une mini salade de pétoncles, mactres d’Amérique, pieuvre et crevettes nageant dans un jus frais de yuzu et de champagne. Ensuite un tartare de thon rouge en verrine magnifié par des œufs de poisson volant rouges comme des rubis.

En sushi nous avons choisi un crabe à carapace molle aux épices cajun, habituellement j’ai peur des trucs hybrides de la sorte mais j’ai adoré. Pour moi c’était une première et le crabe que l’on avale entièrement avec la carapace est une idée de géni rivalisant avec celle du gars qui s’est dit un jour « Tiens. On devrait manger les bêtes à l’intérieur des coquilles d’escargot ». Et il y a eu l’oursin qui n’était pas nu ou servi simplement pelé et gorgé de yuzu, l’oursin était jaune et réduit en purée et il a même fait grimacer mon amie. Ce n’était pas le même oursin que j’avais mangé jadis et je me suis mise à croire que ce que j’avais mangé chez Soto n’était peut-être pas un oursin. Peu importe. Ensuite on a vu le serveur poser une très belle assiette sur une table voisine et on a demandé la même, c’était une des spécialités de la maison, le B-52, c'est-à-dire : thon rouge, rice crispies (oui, riz soufflé), avocat et mayo. Nous avons bu un saké laiteux (alcool de riz grossièrement filtré) servi dans une jolie bouteille rose. Le saké monte vite à la tête malgré ses 12% d'alcool. J'ai vu deux personnes distinctes tomber en bas de leur chaise pendant la soirée. Le chef, lui, était présent du début à la fin derrière le bar, un homme magnifique, discret avec une retenue toute japonnaise.

Juni
156 Laurier Ouest
Montréal
514-276-5864

13.12.08

Boire comme des ivrognes et manger comme des curés

J’ai un peu de grippe saisonnière. Mais c’est quand même le mois de décembre et il faut en profiter pour boire comme des ivrognes et manger comme des curés. Hier je suis allée au Local à deux coins de rue de chez moi avec G.
Je ne sais pas d’où viennait tout ce beau monde mais je n’ai pas l’habitude de les croiser dans mon quartier. Ce sont des gens habillés de fils de soie et de complets italiens. Des femmes sublimes arrivaient de magasiner et cachaient sous leur table deux énormes sacs de course Chanel. Je ne saurais même pas où me procurer du Chanel à Montréal à part chez La Baie. Il y avait aussi plein de monde avec des manteaux Arctic program de Canada Goose. Mon frère m’avait dit d’acheter celui là mais il en restait que des blancs. Il paraît que c'est la mode dans le Pôle Nord. North Face ça fait 450 supposément.
Mis à par la garde-robe enviable des clients du Local, les serveuses sont en jeans et elles sont super fines, décontractées et professionelles. Il faut le dire, la cuisine du Local est mirobolante. Il faut aussi dire que G est un être blasé, exigent et français. Il lève les yeux au ciel fréquemment indigné par les plats que je lui prépare mais Le local a passé le test haut la main. Il a mangé du foi de veau parfaitement rosé et il n’a pas rechigné. C’est presque un miracle. C’était aussi bon que dans sa France chérie. Ça me fait bien rire, personnellement je chigne rarement car j’ai été élevée dans un milieu modeste et je me sens privilégiée d’être en vie. En entrée j’ai choisi la salade de betteraves. Habituellement les betteraves font penser à Srebenica, aux femmes avec des fichus sur la tête et aux tickets de rationnement yougoslaves. Mais au Local la salade de betteraves était fraîche, les betteraves roses se mélangeaient aux lardons, aux haricots fins et au chèvre, le tout lié d’huile de truffe et certi d’un œuf au panko qui allait laisser s’échapper une lave jaune et onctueuse. G a choisi en entrée une terrine de bédaine de porc confite. Ensuite, j’ai choisi un tartare de cerf de boileau coupé au couteau. La viande de cerf crue est habituellement mangée par des amérindiens à même la carcasse dans les forêts de l’Abitibi (le cœur qui bat encore est réservé à celui a abattu la bête) et je l’ai choisi pour me donner des forces pour survivre à l’hiver. Au Local le tartare était assis sur une crème de câpres et de cornichons fins, accompagné d’une quantité de frites digne d’une roulotte à patates mais parfaitement cuites à la graisse d’oie puis submergé d’une salade vivante parfaitement assaisonnée. Le Local est à la mode mais la cuisine est authentique? Oui, et c’est un cas rare.

LE LOCAL
740 william
Montréal
H3C 1P1
T 514 397 7737

9.12.08

-20 degrés Celsius, -30 degrés avec le facteur éolien un jour d’élection ?

L’hiver commence sa mission pour nous abattre et il faut résister. Sortez les potions magiques et les cures de jouvence. Cotisez-vous pour m’acheter des ski de fond si vous ne voulez pas me perdre. Dans toutes les épiceries que je visite ces jours-ci il y a de grands bacs remplis de pommes-grenades pour nous aider à survivre. La grenade est un fruit mystérieux, sensuel, riche en antioxydants. C’est un fruit magnifique qui donne l’impression de manger le cœur de celui qu’on aime. Une grenade momifiée a même été trouvée dans la tombe de Djehuty le suiteur de la reine Hatshepsut (18e dynastie Égypte ancienne). Les juifs disent que le fruit interdit mangé par Eve dans le jardin de l’éden n’était pas une pomme mais une grenade. On en trouve également dans l’Himalaya. J’aimerais bien voir un verger de grenadiers. On dit qu’il y en pousse à l’état sauvage en Arménie sur la côte de la mer noire. Anyway, la grenade est utilisée au Mexique et j’ai fait des Chiles en nogada (piments farcis sauce aux noix) ce week-end. C’était super. Il faut dire que je déteste les piments farcis habituellement mais ici avec des piments poblano la potion était magique. Dépaysement assuré.
Chiles en nogada

4 piments verts rôtis pelés et vidés (préférablement poblano)
250 gr de porc haché
1 pomme en dés
1 pêche en quartiers (oui, une pêche, voulez-vous que ce soit authentique ou pas?)
une poignée de raisins secs et de noix de pin
1 oignon en dés
4 tomates en quartiers
2 gousses d’ail émincées
200 ml de crème
100gr de noix de Grenoble
1 grenade épépinée
coriandre fraîche
cannelle

Faites revenir la viande à feu vif avec l’oignon, les tomates, une pincé de canelle et l’ail. Faites revenir 5 minutes et ajoutez la pomme, la pêche, les raisins et les noix de pin pour ensuite cuire 30 minutes. Farcissez les poivrons. Passez la crème et les noix de Grenoble au blender et faites chauffer à feu doux. Servez les piments farcis recouverts de sauce à la noix, de graines de grenade et de pluches de coriandre.

6.12.08

Saint-Pétersbourg PQ

Je crois qu’ils étaient un peu étonnés de nous voir arriver. Une charmante épicerie-café russe sur Sherbrooke ouest. L’entrée est sertie d’une surabondance de bonbons de l’ex URSS, mini poupées matriochkas en chocolat, barres de nougat avec général de l’armée rouge sur l’emballage, biscuits en forme de kremlin. Ensuite il y a le comptoir charcuterie, les pains noirs, les baies de sureau congelées. Dans le café adjacent nous nous sommes assis à une table devant la télé fixée à une chaine moscovite populaire et nous avons commandé à la jeune serveuse timide et magnifique de beauté sous son fichu. Borscht russe, c'est-à-dire soupe de chou fumante avec une légère teinte rosée laissée par la betterave dans laquelle on laisse tomber une cuillère de crème sure maison fraîche et lourde. Cette crème calorique est leur condiment officiel et accompagne presque tous les plats. Crèpe dorée et moelleuse farcie au veau dont le menu offre également des variations sucrées pour le dessert. Perogies à la patate (raviolis russes) cuits dans un bouillon et agrémentés de salade de carottes piquante. La commande de mon frère, un sandwich au pain noir a créé un léger moment de panique burlesque. Le propriétaire lui-même avec sa clip de cellulaire à l’oreille, son manteau en agneau retourné et ses bagues en or est venu lui dire qu’il leur restait que du « Moscow ham » pour les sandwichs. Mon frère a acquiescé. Nous sommes repartis avec des produits d’épicerie divers : un salami gitan fraîchement tranché par la jeune vierge, un carton de yaourt kéfir au cassis (photo), des biscuits en forme de poupées russes, un petit pot de cette crème sure onctueuse et la salade de carottes râpées exquise qui a provoqué en moi le même engouement que les carottes marinées vietnamiennes.

Épicerie Saint-Petersburg
5584A rue Sherbrooke Ouest


3.12.08

The damage done


Je suis allée voir Neil Young au Centre Bell avec mes frères et leurs blondes lundi. C’était le spectacle d’une vie.
Juste avant on a mangé des fish and chips au Ye Old Orchard sur de la Montagne. J’aime beaucoup l’ambiance et la nourriture d’hommes des pubs irlandais (ragout à la bière noire, cari sri lankais, boss burger). On y boit des Kilkenny crémeuses, caramélisées et nourrissantes. J’essaye de rééquilibrer mon alimentation depuis. Bouillons clairs et purée de citrouille chinoise. Mais Neil Young me manque.

2.12.08

Lucha libre

Mon frère va passer le premier de l’an au Mexique. Chanceux. J’espère qu’il va me ramener un masque de luchadores. On devrait partir une fédération de lutte mexicaine dans les sous-sol d’église à Montréal, ça fonctionnerait à planche. Ça pourrait être un passe temps amusant qui impliquerait un nouveau costume tous les jours.

Mis à part cela, je suis fortement influencée par la découverte d’un nouvel ingrédient mexicain disponible dans la section tacos-nachos-buritos de mon épicerie Métro. La conserve de piments chipotle (jalapeno fumé, 10 000 unités de scoville) en sauce adobo. C’est parfait pour faire un bouillon piquant piquant et savoureux sans utiliser trop de sel ou du bouillon préparé.

Soupe aux fèves de lima piquante pour luchadores

Faire bouillir six tasses d’eau avec une bulbe complet d’ail étêté pendant 15 minutes. Y vider une conserve de fèves de lima préalablement rincée. Faire revenir dans un poêlon avec un peu d’huile d’olive un oignon en rondelles, trois piments chipotle en sauce adobo et deux cuillères de sauce de la conserve. Retirez la tête d’ail du bouillon. Verser les oignons et les piments dans le bouillon. Cuire 15 minutes, retirer du feu et ajouter le jus d’une lime.

26.11.08

C’est le temps des poireaux et je suis due pour une cure d’une semaine ou croustade aux fruits des champs

Hier en sortant du travail dans la pluie-neige j’ai acheté un sac de fruits des champs congelés, il contenait 4 tasses de mures noires, de framboises, de fraises et de bleuets. Les fruits venaient du Chili, j’étais un peu déçue de lire cela sur l’emballage en passant à la caisse, j’ai toujours des visions de paysans la peau tannée par le soleil qui cueillent les fruits avant de les envoyer dans des usines de transformations étranges pour la congélation pour ensuite imaginer le transport en train et camion vers mon IGA. J’ai réalité sur le tard que les légumes congelés Arctic Garden que j’ai consommé pendant tout l’hiver dernier provenaient de Chine et avaient donc voyagé en container en partance du port de Shenzhen. Tout cela est bien dommage et me donne envie d’aller visiter ces potagers industriels pour voir comment ça se passe pour eux là-bas.
Aussitôt arrivée chez moi, j’ai versé les 4 tasses de fruits des champs dans l’assiette à tarte « lait carnation » que j’ai volé à ma mère il y a deux ans et je les ai mélangés avec un peu de sucre et de la fécule de maïs. Dans un bol j’ai mélangé une tasse de gruau, ½ tasse de farine, ½ tasse de cassonade, ½ tasse d’amandes effilées, ½ de beurre fondu et un peu de cannelle. J’ai recouvert les fruits de cet appareil de gruau et enfourné 25 minutes à 400 degrés. Le résultat était plus que concluant : une croustade napée d’une sauce noire, riche et fruitée. Juste pour la fameuse couleur ça vaut la peine de l’essayer. Donc voilà après des mois d’ascétisme, je mange du dessert matin midi et soir. Je n’ai jamais vraiment aimé les desserts de ma vie. J’imagine que c’est une conséquence directe d’avoir arrêté de fumer (depuis un an en décembre), boire (depuis quelques mois mais je planifie recommencer à noël) et manger du sel (2 ans en janvier). Pendant que la croustade aux mûres cuisait j’ai fait des biscuits moelleux aux abricots, pistaches et graines de lin. ici

22.11.08

Tokyo-Helsinki-Budapest

Ce matin j’ai visité le bazar finlandais à l’église évangélique luthérienne sur Dr Penfield et le bazar japonais dans l’Église Mountainside à Westmount. Les deux évènements étaient fades, reflétant peu les éléments de leur culture respective. Alors que je m’attendais à voir des barriques de hareng fermenté qu’on me tartinerait sur du pain noir, des livres publiés à Helsinki et des lainages traditionnels, j’ai vu des faux Vuitton et des poinsettia. J’ai tout de même déniché du gâteau aux cerises maison avec crémage décoratif fabriqué par les femmes de l’association finlandaise. Du côté japonais : faux sushis végétariens avec légumes bouillis, quelques ornements en origami mais rien de plus.
Dimanche dernier cependant j’ai été apprivoisée par la communauté hongroise. Les hongrois sont des vendeurs nés. Dans le sous-sol de l’église Hungarian United (la photo), j’ai mangé un bol de goulash (soupe de bœuf avec pâtes courtes) et partagé une assiette de saucisse-debreceni-choucroute-patate-et-deux-pickles avec G, après il y avait des crêpes à la confiture de cerises ou des beignes maison mais nous avons capitulé. Le tout servi dans un cabaret en plastique vert. Quand votre commande est prête , ils appellent votre numéro au micro. C’est tellement magnifique de gouter à des spécialités maison. C’est comme avoir un nouveau chum exotique et être invité à souper chez sa mère un dimanche. Disons que je ne mange pas hongrois tous les jours. Une dame vendait des cigares aux choux mais quand nous sommes passés elle avait déjà tout écoulé. Je me suis donc procuré un gâteau aux fruits tellement lourd d’alcool que la vendeuse a blagué avec un accent du Danube : " Don't drive after eat cake." Vu que nous étions près de l’heure de fermeture, tout le monde essayait de se débarrasser de leurs produits, j’ai acheté une vieille théière art déco pour 2$ et trois pots de confiture dont une gelée au chardonay tout à fait étonnante.

21.11.08

Toad in the hole

Ma mère appelait cela des nids d’oiseau. Un œuf frit ou brouillé simplement cuit dans le trou d’une tranche de pain. Le trou est taillé avec un verre. Ça impressionne les enfants j’imagine et c’est très populaire en Grande Bretagne où on appelle ce genre de toasts « toad in the hole » ou « eggs in the basket » et a été remis à la mode par Natalie Portman dans le film V for Vendetta.

16.11.08

Au royaume de Norvège

Je me suis réveillée hier et des feuilles de papier calcinées tombaient du ciel pour former une mince couche de débris sur les voitures. La réalité dépasse toujours la fiction. Au début, j’ai cru, ça y est, l’apocalypse. Mais LCN m’a vite rassurée en indiquant qu’un entrepôt de recyclage avait pris feu à quelques km de chez moi. Par delà le bien et le mal, j’ai eu la chance de visiter un Bazar norvégien dans le sous-sol de l’église norvégienne de Lachine. J’ai adoré, j’ai même acheté des mitaines viking tricotées à la main que je porterai tout l’hiver bien sûr. Il y avait aussi des sommes importantes de victuailles. Les gens s’arrachaient les fromages jalsberg, j’en ai déniché un ultimement bizarroïde, un fromage de chèvre de couleur café-au lait qui porte le nom de Ekte Geitost!
J’ai beaucoup appréciée la vibration norvégienne, très différente de notre enflure latine, une attitude modeste et nerveuse, presque timide. On imagine des soirée passées près du feu en mangeant des tartes à l’airelle avec des chandails de laine à motifs flocon. Cette retenue toute norvégienne est émouvante et nouvelle. Au centre du bazar il y avait de grandes tables communales où l’on pouvait déguster des plats simples préparés sur place et échanger avec les gens de la communauté. J’ai choisi la tartine de saumon fumé rehaussée d’un œuf brouillé. Sinon il y avait des tartines de hareng et des gâteaux à la pâte d’amandes. C’était adorable.

En Europe la tradition des marchés de noël fait date. Ici les diverses communautés continuent leurs bazars jusqu’au début décembre. Aujourd’hui (dimanche le 16 novembre de 11h à 17h ) il y a le Bazar arménien à Saint-Laurent (Amenian General Benevolent Union au 805 Manoogian).

11.11.08

Salade de tofu soyeux

J’habite tout près du quartier chinois et je vais y faire des courses une fois par semaine. Je suis tombée dans le tofu que tout récemment et je connais beaucoup de gens qui ne m’adresseront plus la parole après cette confession. J’aime le tofu. C’est un peu proscrit dans les cercles dans lesquels j’évolue. Mais voilà, j’aime le tofu ferme de la marque avec les deux petits pandas sur l’emballage, je le fais sauter dans un peu d’huile de sésame avec du gingembre frais, de l’ail et des échalotes vertes. C’est simple et c’est bon. Ce week-end j’ai découvert le tofu soyeux à manger en salade. J’ai placé un cube de tofu silken dans une mare de sauce ponzu (sauce soya japonaise au citron) et j’y ai ajouté une salade de concombre aux algues. C’était épatant.

10.11.08

Les bazars de Noël ou Kielbasy polski

Les deux gardiens de nuit à mon bureau sont nés dans la ville d’Auschwitz en Pologne bien après la guerre. Je les connais peu, il y en a un qui est toujours entrain de lire l’Ancien Testament à la lueur d’une lampe un peu ancienne. J’ai fait un tour au bazar polonais de l’église Saint-Antonin à NDG dimanche et c’était très amusant. J’adore les sous-sol d’église, celui-ci était plein à craquer de marchands qui me parlaient polonais comme si j’étais née à Auschwitz moi aussi.
Il y avait des livres partout, des saucisses suspendues au plafond, des brioches aux fruits confits, des pains en forme de feuilles, des babka deux couleurs, des dames pomponnées qui vendaient des perogis, des gâteaux maison, des nappes brodées au petit point et d’énormes bagues de zircon teinté en forme de poire, scarabée, coccinelle. Les diverses communautés d’Europe de l’est orchestrent des bazars de noël un peu partout à Montréal d’ici la fin novembre qui procurent des immersions privilégiées dans des cultures culinaires souvent rustiques mais toujours nouvelles. Je suis rentrée chez moi avec un gâteau en forme de couronne lourd de figues avec lequel je pourrais survivre 40 jours dans un abris nucléaire avec 40 personnes sans crever de faim et 250g de longe de porc fumée pour faire des sandwichs. Le jambon polonais est un de mes favoris. G vient de se peser avec le gâteau dans les mains et il faisait 177.3 livres avec le gâteau et 173.3 sans.

8.11.08

Tri Du gourou ou hallucination gustative Part 1

Poissons globes empaillés suspendus du plafond, tabernacle baroque bleu orné de feuilles d’or et néon rose cohabitent étonnamment au Tri Express un sushi bar sur Laurier Est dans le plateau profond près de Papineau. La plupart des sushis servis en ville de nos jours dans les comptoirs pour emporter sont indignes, faits à la chaine et goûtent le frigidaire. La sur-réfrigération tue les ingrédients. Chez Tri Express tout est fait à la minute avec amour et j’ai envie de manger uniquement la cuisine du chef Tri Du depuis que j’y ai gouté. Quand j’ai appelé pour réserver la gentille dame m’a dit : « Vous avez une heure et demi pour manger. Payez cash seulement. » J’adore les contraintes.
Pour commencer il ne faut pas manquer la salade maison tressée de lamelles de papaye verte, d’enoki et d’algues dans une vinaigrette sésame-gingembre. Ensuite, il faut se concentrer sur les spécialités du chef comme le Craquant une salade de homard, mêlé de flocons de panko croustillant et d’œuf de poisson rouges fins et iridescents. L’utilisation créative du tempura pour donner un peu de craquant à ses petites bouchées et sa sauce magique sont ici ses signatures. Ça donne des ailes. Le Favori de Tri est un maki enveloppé dans une feuille de riz et bourré de cette concoction spéciale où la mayonnaise joue un rôle. Le gingembre mariné maison est blanc au lieu de rose fluo, une chose plutôt rare. Le thé au riz grillé fait fonctionner les neurones et procure peut-être même des qualités de super-héro. J’ai regretté ne pas avoir goûté le carpaccio de pétoncles aux agrumes ou la sushi pizza au homard commandé par notre voisine de table à l’émoi de tous autour.
C’est seulement après que j’ai réalisé que Tri Du, l’homme tatoué est l’ancien chef du Petit Treehouse qui siégeait sur la partie obscène et m’as-tu-vu du boulevard Saint-Laurent qui avait causé beaucoup de cris et de pleurs à sa fermeture inattendue. Tri devenu propriétaire sur Laurier offre une expérience personnelle. C’est un moment d’allégresse garantit.

Tri Express
1650 Laurier Est
514-528-5641

6.11.08

Marchons au devant de nous même

Ce matin, je ne sais pas ce qui est arrivé, je me suis levée un peu avant 6h et au lieu d’aller courir, j’ai fait un gâteau aux poires. Maintenant que l’Amérique est libérée, tout est possible et j’en profite. J’ai mangé un morceau de gâteau aux poires à 7h du matin pendant qu’une brume opaque empesait le Vieux-Port. L’air froid de la nuit était écrasé par l’été des indiens et une fois dehors j’avais l’impression de marcher devant moi-même. Mes cils étaient ornés de mini gouttelettes d’eau tant l’air était humide. On a rarement eu un été des indiens aussi réussit je crois. La béatitude ambiante est tangible, tout le monde marche droit et sourit. Le gâteau aux poires était miraculeux, il a l’air de rien comme ça mais il était rien de moins qu’ étonnant car fait à base de poudre d’amandes au lieu de farine.

Gâteau-tarte aux poires et aux amandes

½ tasse de beurre ramolli
2 œufs
½ de tasse de sucre
le zeste de deux citrons
1 tasse de poudre d’amandes
¼ de tasse de farine de blé entier
¼ de c. à thé de poudre à pâte
2 poires d’Anjou pelées et coupées en tranches
¼ de tasse de cassonade
crème pour servir

Préchauffez le four à 350 degrés et combinez le beurre et le sucre dans un bol à mélanger. Ajoutez les œufs, poudre d’amandes, farine poudre à pâte et zeste de citron. Beurrez un fond de tarte et versez y le mélange. Dans un petit bol mélangez les poires et la cassonade. Pressez les poires dans le mélange et enfournez 35 à 40 minutes.

4.11.08

L'heure normale de l'Est


Wouf! Pas facile le changement d’heure! J’ai plus l’impression qu’on a changé de siècle et qu’on est à l’époque des ténèbres, une chance qu’il y a les oméga 3 et l’huile de poisson pour passer à travers. On dirait que vu qu’il fait noir à 16h maintenant on a le droit de manger du gâteau, des pâtes, des plats mijotés, des patates pillées, du pain avec du beurre. Pour survivre à la semaine historique qui se déplie devant nos yeux dès ce soir, je me suis fait un petit mélange de noix que je me sers en collation en portions d’ ¼ de tasse pré-mesuré dans un mini Tupperware pour m’assurer que je n’en mange pas 4 tasses d’un coup sans m’en rendre compte. J’ai mélangé des ingrédients qui contribuent au bonheur : (en commençant par le bas) graines de lin, pollen d’abeille, abricots secs, pistaches grillées, gingembre cristallisé (bof, la prochaine fois je vais laisser faire le gingembre le goût est trop prononcé et camoufle un peu le reste je remplacerais par noix de coco grillée), graines de citrouille grillées, mangue séchée, amandes effilées. Hier soir j’ai triché et j’ai versé un peu de ce mélange dans un yaourt blanc avec un peu de miel.

J’ai acheté un beau petit torchon mauve pour la vaiselle chez Arthur Quentin ce week-end alors que je visitais pour la deuxième fois ma poêle en cuivre à 200$ accrochée juste au dessus de la caisse. Le caissier m’a dit que c’était un investissement à long terme. Ma mère me tricote un chandail de laine pour Noël cette année donc je ne consommerai pas mon amour avec la poêle avant un petit bout.

29.10.08

Conquise par les portugais

J’ai une amie anthropologue qui travaille dans le milieu communautaire, fait du bénévolat tant qu’elle peut pour un bon nombre d’organismes et en plus elle souhaiterais passer ses vacances de noël dans une ONG au Ghana. C’est assez vivifiant. Quand on lui demande comment elle fait elle répond qu’elle prend de l’huile de morue chaque matin. "Moi aussi j’en veux !" lui ai-je répondu. Elle m’a même rapporté des œufs de canne du lac Brome et une belle tourte au canard.
J'ai pris mon lunch avec l'anthropologue aujourd'hui chez Portus Calle un excellent portugais de la rue Saint-Laurent où la table d’hôte du midi est à 16$! J’ai sapé un bol de caldo verde pour la première fois et ça été une révélation, une soupe claire avec trois points d’huile d’olive et trois rondelles de chorizo explosives, tendres et piquantes. Nous avons toutes deux choisi le filet de mérou sur brandade de morue pour la suite. Le tout était coiffé d’une micro pousse de coriandre parfumée et une mini-tomate raisin jaune sucrée comme si c'était toujours l'été. Le poisson était craquant , moelleux et blanc. Vivement le chef sait travailler le poisson et mon anthropologue me disait que la morue grillée est à tomber par terre. Les produits du Portus Calle étaient d’une fraîcheur qui contrastait avec la première neige de l’automne qui floconnait devant nos yeux sur le boulevard Saint-Laurent. Un petit flan avec des graines de grenades en dessert est arrivé rapidement sur nos tables. Tout était parfait.

J’aime beaucoup les petits restaurants portugais sans façon qui servent du poulet grillé mais là Portus Calle est dans une classe à part. J’avais même visité le Café Ferreira avec mon anthropologue préférée, le soit disant meilleur portugais en ville et nous avions été déçues, mais déçues. Il faut adopter Portus Calle comme une valeur sûre pour explorer en profondeur la cuisine portugaise. Il faut y aller sans hésiter.

Portus Calle
4281, boul. St-Laurent
Montréal, Québec
H2W 1Z4

28.10.08

Encore de la citrouille ?

J’ai usé mes souliers préférés tout au long de l’été et je crois que je peux dire honnêtement que je mérite des nouveaux Puma ou un manteau North Face pour les remplacer. Il y a même un trou de percé dans la semelle droite et je n’arrive pas à les jeter car ils portent en eux tous mes souvenirs de l’été. Pour l’instant je les ai rangés dans une vielle boîte. J’avale toujours difficilement la venue de l’automne. Quand je fais mon jogging le matin il fait noir comme le poêle pendant tout mon trajet et j’imagine mal retourner au gym courir sur une vilaine machine. Un castor a abattu deux arbres ce week-end sur les berges du canal de Lachine à l’insu des fonctionnaires de Parcs Canada. Je contemple peut-être me procurer de ces étranges raquettes en titane qu’on nous propose chez Canadian Tire pour ne pas avoir à prendre ma douche tous les jours avec un lot de madame chinoises joueuses de ping-pong au YMCA.
Sans plus je vous offre ma recette de rizotto à la citrouille, chose assez inhabituelle, G en raffole et en redemande, lui qui mange jamais de riz.
Rizotto à la citrouille

1 courge ou une citrouille
¼ de tasse de fromage parmesan
1 oignon
1 2/3 de tasse de riz italien arborio
3 tasses de bouillon de légume chaud
beurre, cannelle, sirop d’érable ou miel

Faites cuire au four pendant une heure une courge poivrée ou butternut ou une petite citrouille vidée coupée en deux et enduite de cannelle et d’un peu de sirop d’érable ou de miel. Retirez la chair. Râpez un quart de tasse de fromage parmesan. Coupez un oignon en petits dés. Faites revenir l’oignon dans un peu de beurre dans une casserole et ajoutez 1 2/3 de tasse de riz arborio. Ajoutez la purée de courge et versez le bouillon de légume CHAUD ½ tasse à la fois en brassant pendant 18 minutes, le riz est prêt quand il est al dente. Retirez du feu et ajoutez le fromage et une noix de beurre.
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26.10.08

Pop citrouille

À l’automne j’ai souvent eu des phases « blé d’inde » vraiment folles où je ne mangeais que des épis 7 jours sur 7 ou des phases « pommes » où j’avalais un sac de pomme par semaine de toutes les variétés que la saison nous offrait. Cette année j’essaye de me calmer et d’explorer les courges, un univers qui m’est inconnu et qui m’a été révélé avec splendeur quand j’ai gouté mes premiers raviolis à la courge butternut. La courge offre un univers plus cérébral que les autres légumes et j’ai encore du mal à toutes les identifier correctement. Il y a même une variété qui se nomme turban d’Aladin. J’ai essayé plusieurs plats qui m’on séduit dont un wok de courge orangeghetti et tofu piquant que j’ai relevé dans le circulaire Métro, des muffins à la courge, un rizotto à la citrouille et ces petits pots de crème à la citrouille tout à fait délicats que j’ai pris dans le New-York Times.

Pots de crème à la citrouille

1 tasse de purée de citrouille (dans le Times ils utilisent la purée en boîte donc il ne faut aps avoir honte)
3 tasses de crème
1 gousse de vanille
8 jaunes d’œuf
¼ de tasse de sucre
pincés de cannelle et muscade

Faire frémir doucement à feu moyen la purée, la crème et la gousse de vanille et laisser reposer 15 minutes. Battre les jaunes d’œuf au bain-marie avec le sucre pour obtenir de longs rubans soyeux. Si vous les surchauffez vous allez obtenir une omelette au lieu d’une crème.
Combinez les œuf au mélange de citrouille et cuire à feu doux de 40 à 50 minutes en battant régulièrement jusqu’à l’obtention d’une crème. Ajoutez la cannelle et la muscade. Passez au chinois et versez dans 12 petites tasses anglaises pour le thé. Ici j’ai utilisé un verre à thé marocain qu'une amie m'a offert il y a des lustres. Réfrigérez pendant 4 heures.
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25.10.08

Consider the lobster

Je n’aime pas les gens qui portent des bandeaux ou des lunettes rondes, ou les écrivains qui abusent de notes en bas de page, mais j’aime David Foster Wallace même s'il est coupable de ces trois fautes. Cela m’a pris plus d’un mois pour lire son opus Infinite Jest qui fait plus de mille pages. C’est une lecture exigeante qui vous laisse transformé. On se pose d'autant plus de questions depuis que l’auteur s’est enlevé la vie le mois dernier. Il était dans la quarantaine et vivait en Californie où tout le monde est heureux. Il avait aussi écrit une série d’articles pour la revue Gourmet, dont un compte rendu du Festival du homard du Maine (voir ici j'ai repiqué la photo chez eux). En s’adressant à ses étudiants pour la collation des grades il avait dit des choses très belles et très vraies (la traduction est de moi mais elle ne rend pas justice au texte original) :

La vie ne nous découragera jamais d’opérer sur le pilote automatique, car le soit disant vrai-monde composé essentiellement d’hommes, d’argent et de pouvoir siffle gaiement sur le chemin vers la peur, la colère, la frustration, le désir et le culte de soi. Notre culture a utilisé ces éléments pour nous procurer une richesse exponentielle, un confort démesuré et nous donner de la liberté à la pelle. La liberté d’être rois dans nos petits royaumes à étages qui ont rien de plus que la dimension de nos cranes. Mais il y a plusieurs variétés de liberté et celle qui est la plus précieuse vous n’en entendrez pas parler très souvent dans le vaste monde du désir, de l’accomplissement et de l’étalage. La variété la plus importante de liberté implique d’être attentif, constant et discipliné dans notre amour pour autrui en se sacrifiant chaque jour pour les autres d’une multitude de façons qui sont parfois petites et souvent loin d’être sexy. La liberté véritable se tient là. Être éduqué, c'est ça et comprendre le monde aussi. L’alternative est l’inconscience, le pilote automatique, la course à la victoire, le sentiment d’avoir eu et perdu une chose infinie.

23.10.08

Joseph Arthur and the Lonely Astronauts

J’ai assisté hier à une l'exposition d’encres intitulée Wig de l'artiste et musicien Joseph Arthur. C'était suivi d'un concert privé. Son univers sur papier est presque carnivore, il rampe vers le spectateur pour l'envoûter mais l'exposition était remplie d'humour avec une piscine turtle débordant de perruques et des installations qui feraient sourire même Marcel Duchamp. La journée avait passé si vite que la seule chose que j'ai mangé c'est une canette de faux-Slimfast à la vanille de la varitété Life brand qui trainait sur le coin de mon bureau au travail depuis plus d'un mois. C'était la première fois que je m'aventurais vers de tels produits et je dois dire que c'était beaucoup moins mauvais que ce à quoi je m'attendais et je n'ai pas crevé de faim. C'est rempli de sucre cedependant. Je ne sais pas quoi en penser.

20.10.08

Osso Bucco d'automne et courge poivrée

J’ai passé le week-end à lire au soleil, je peux même dire que j'ai bronzé. C'était magnifique et paresseux. Dans le port, il y avait un énorme bateau de croisière, le Cristal Symphony accosté pour la fin de semaine, il porte le pavillon de Nassau. Les touristes viennent voir les feuilles rouges et dimanche matin à 7h la pelouse devant les silos était légèrement givrée. Un homme chinois semblait fasciné par la chose, j’imagine que c’était sa première fois, il a allongé un pied hésitant vers la patch de frima sur l'herbe comme si elle allait lui manger la jambe. Il avait les yeux écarquillés. Maudit touristes. Finalement j’ai trouvé le courage pour faire un plat mijoté, un osso bucco que j’ai servi avec une courge poivrée coupée en deux, égrennée et cuite au four avec un peu de cannelle et les restants de sirop d’érable pendant 45 minutes.

Osso bucco maison

Faites revenir un mirepoix (carottes, céleri, oignons coupés en mini mini dés) dans un peu d’huile d’olive, ajoutez le zeste d’un citron et son jus. Enfarinez six jarrets de veau et faites les dorer dans le fond d’une cocotte avec de l'huile d'olive, déglacez avec une tasse de vin blanc, ajoutez trois tasses de bouillon, le mirepoix, des tomates cerises et laissez réduire à feu doux pendant une heure. Vous pouvez ajouter une fois la cuisson terminée une gremolata de persil et zeste de citron (persil, ail hachés et zeste de citron).
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14.10.08

La querelle des bouchers ou rôti de porc dans l’échine au lait de romarin

J’ai fait un beau rôti de porc pour l’Action de Grâce. J’achète ma viande à la Boucherie de Tours au marché Atwater (le boucher au béret rouge) depuis quelques années et la différence est énorme, toutes les autres viandes semblent fades surtout celles achetées dans les supermarchés.
Le propriétaire de la boucherie de Tours avait un partenaire avec lequel il s’est querellé et qui a fondé le Marché de la Vilette sur le coin de Saint-Pierre et Saint-Paul. Une échoppe principalement orientée vers la clientèle touristique avec accordéon à fond les manettes et rillettes maison. Le propriétaire du marché de la Vilette était le seul boucher de mon quartier et il est décédé la semaine dernière. C’est une bien triste histoire, sa femme a mis une photo de lui dans la fenêtre de leur boutique. Il était le prototype même du boucher gargantuesque que tu imagines manger des jambes de porc dignes d’Obélix une fois la nuit tombée. Sa quiche lorraine était une des plus somptueuses que j’ai gouté dans ma vie avec lardons et crème fraîche en proportions démesurées.

Pour revenir à la boucherie de Tours, le propriétaire Yves Beaudry (voir ici) est un vrai passionné, il aime sa viande et il peut donner dix recettes pour chaque pièce dans son étalage.

En plus, j’ai vu Jack Layton qui serrait la main des maraichers quand je suis passée au marché Atwater samedi. Tout le monde est allé voté j’espère!


Rôti de porc dans l’échine au lait de romarin

1kg d’échine de porc
1 litre de lait entier
1 branche de romarin frais
8 gousses d’ail
4 feuilles de laurier

Préchauffez le four à 350 degrés F. Transpercez l’échine de bout en bout pour y enfiler la branche de romarin et les feuilles de laurier en son centre. Portez le lait à ébullition. Faites dorer l’échine dans une cocotte avec un peu de beurre pour sceller les jus. Ajoutez les gousses d’ail dans leur peau et ajoutez le lait chaud. Couvrez et enfournez. Faites cuire pendant 1h15.

Une fois le rôti cuit, égouttez-le récupérez les gousses d’ail, ôtez la peau et écrasez les dans un peu du lait restant pour en faire une sauce. Vous pouvez faire réduire le lait et l’ail dans une petite casserole si vous le souhaitez.

Ce rôti est très bon servi avec des tomates confites au four dans un peu d’huile d’olive et piquées d’un brin de romarin.

13.10.08

Tiens, je te donne une boite de sirop d'érable

J’ai une amie qui possède une érablière et elle m’a donné une boite de sirop produit sur sa terre! Je l’ai sagement cachée dans mon armoire loin dans le fond derrière les lentilles car je savais que le jour où j’ouvirais la boîte il allait y avoir des conséquences. Peut-être allais-je prendre cinq livres ? Ce jour est venu la semaine dernière, mardi soir je crois. Vers 20h j’ai ouvert la boite, j’ai versé du sirop d’érable sur un peu de yaourt et j’ai ajouté des pistaches. Je savais que j’étais dans le pétrin. Samedi j’ai fait des crêpes et pire encore j’ai fait du mélange à crêpe sec que j’ai entreposé dans un bocal en vitre et qui à l’instant même semble m’appeler pour me demander de faire d’autres crêpes. J’aime mes crêpes à l’américaine : très épaisses, gonflées, dodues et ce mélange est parfait. Les granules sur la photo sont du pollen d’abeille.

Mélange à crêpes maison

4 tasses de farine
2 c à thé de bicarbonate de soude
3 c à table de poudre à pâte
4 c à table de sucre

Mélanger et entreposer dans un bocal pour consommer seulement les dimanches matins ou jours fériés. Ajouter une tasse de lait à une tasse de mélange à crêpe, un œuf et une cuillère à table de beurre fondu quand vous êtes prêts à faire des crêpes.

7.10.08

Dolsot Bibimbap dans un bol en pierre chaude

Kagopa est un BBQ coréen sur Saint-Jacques Ouest. C’est un quartier peuplé de clubs de danseuses et de motels drabes où les hommes mariés de Westmount et NDG convergent les soirs de semaine pour rencontrer leurs maitresses. Kapoga est juste en face du concessionnaire Hyundai et voisin d’un garage spécialisé dans la teinture de pare-brise et l’installation de systèmes de son pour l’auto.

J’adore les condiments coréens : le kimchi et tous les légumes marinés et piquants qui sont servis d’office comme le daikon piquant et les concombres finement tranchés. Le menu est un véritable cabinet des curiosités offrant des soupes pleines de surprises. Par exemple un plat de bœuf finement tranché, de légumes et de poires asiatiques reposant sur des nouilles de sarrasin ou la soupe de poulet de Cornouailles farci au ginseng et au riz sucré, jujubes, ail et marrons. Mais voilà j’ai visité ce restaurant il n’était pas encore midi donc j’ai choisi un traditionnel dolsot bibimbat mangé par les ouvrier pour le lunch à Pyongyang. Servi dans un bol en pierre chaud qui cuit les riz et lui laisse une mince couche dorée, ce combo de bœuf, de légumes et d’œuf est tout à fait excellent. En entrée j’ai pu y déguster des raviolis coréens poêlés et mon frère a pris la délicate crêpe aux crevettes et aux calamars qui est un repas en-soi. Mais je dois dire que je regrette de ne pas avoir pris la soupe aux jujubes. La prochaine fois.
Kapoga
BBQ Coréen
6400B Saint-Jacques Ouest
Montreal, Québec

6.10.08

Turbinée

J’ai vu le nouveau Woody Allen enfin ce week-end et je dois dire qu’après une série de navets volontairement mièvres, enfin, il nous sert un vrai film bouleversant qui porte un regard acéré sur Barcelone et c’est magnifique. Allen est assez intelligent pour comprendre qu’il ne pouvait pas faire un film espagnol et choisi de nous montrer la ville à travers les yeux de jeunes touristes américaines et d’ironiser subtilement le sort des touristes pseudo-intello qui font des thèses sur l’identité catalane, tombent amoureux de Gaudi et se prennent un latin lover. Il présente Scarlett Johansson en jeune ingénue qui admire tant les artistes qu’elle cherche à en devenir une elle-même et se fait magnifiquement manipuler par une Pénélope Cruz maléfique, vibrante, viscérale, vraie. Je n’ai qu’une chose à ajouter à propos du film : Javier Bardem est l’homme idéal et ça donne férocement envie d’aller en vacances.

Sinon, j’ai enfin visité Le point G sur la rue Mont-Royal, un petit glacier tout mignon qui peut remplacer les vacances pour quelques heures tant il est un royaume de couleurs et de douceurs. Les propriétaires, deux français en exil on choisi de travailler les produits locaux pour les sublimer et en faire des desserts aux arômes étonnants. Glace ananas-basilic, yaourt glacé au lait de brebis et sureau, gaufres liégeoises, macarons au thé vert, au coquelicot, au caramel demi-sel. Même mon frère qui généralement n’aime pas les sucreries a mangé son pana cotta avec une fièvre hors de commun. Le lait de brebis est cultivé par des religieuses, le sureau noir vient de l’entreprise Suro de Saint-Bernard-de-Lacolle et on sent que la cuisine du Point G est un véritable laboratoire, ils travaillent en ce moment sur une gamme de glaces salées dont la glace au foie gras.

Sur la photo on voit à l'avant-plan une boule de yaourt glacé de lait de brebis parfumé au sureau chevauchant une gaufre liégeoise et en arrière-plan le panacotta qu'à mangé mon frère.

Vicky Cristina Barcelona

Le point G
1266 Mont-Royal Est
Montréal


3.10.08

Pimento

Des circonstances que je tairai m’ont amenée à faire une gelée aux pétales de rose pour les toasts le matin et une gelée de piment oiseaux un condiment piquant et sucré tout à fait sublime pour accompagner des viandes rouges.
Tout l’été j’ai recyclé mes vieux pots de moutarde, câpres, confiture Bonne Maman dans le but de mettre quelque chose en pot pour la première fois de ma vie cet automne mais voilà, je n’avais pas eu le temps d’acheter des tomates et mon plant de piment avait donné en surabondance alors je n’avais plus le choix, il fallait agir rapidement au risque de tout perdre. Le résultat est miraculeux.
On dirait que les petits pots sont illuminés de l’intérieur. J’ai trouvé la recette chez Gato Azul ici. Il m’en reste quelques pots pour les intéressés.